ESPACES interculturels CINEMA

Plus seulement des spectateurs privilégiés mais des regards critiques sur tout ce que l'on nous donne à voir au Cinéma sur ses problématiques et son rôle. Ecouter -voir ce qu'est la vie.

28 novembre 2008

HUNGER: ILS NOUS ONT DEFENDU !

MANDELA avait en refusant sa libération conditionnelle (en 1964, à son procés, on lui avait proposé de retrouver sa liberté à condition qu'il oublit son peuple et sa lutte) montré que " pour lui, son devoir envers ses semblables, sa foi en la justesse de la cause qu'il défendait passaient avant cette autre vertu qu'est le respect de la loi. Il ne pouvait pas faire autrement, (parlant de Bertrand RUSSELL condamné 2 ans avant), que s'opposer à la loi et en supporter les conséquences. J'en suis au même point....". (Nelson MANDELA). Condamné à la prison à vie, il en sortit plus de 25 ans après, et on sait les répercussions heureuses que celà a eu pour son pays.

Le cas de BOBBY SANDS et de ses compagnons IRLANDAIS REPUBLICAINS relève d'une autre stratégie de Résistance; celle du refus total au point de non seulement refuser de porter le moindre vêtement de détenu quand il est emprisonné, puis à uriner à même le sol de la cellule et des couloirs et enfin à maculer les murs de la cellule de ses propres excrèments, jusqu'à l'extrème  grève de la faim de 61 jours avec des asticots partout et la mort.; Là encore on connait la fin de cet épisode tragique de L'IRLANDE.

Bobby SANDS est décédé le  5 mai 1981, et même si la télévision de l'époque nous avait tenue informé de la grève de la faim de ce résistant, on était à mille lieu de pouvoir imaginer ce que nous montre le film "HUNGER" de Steve MC QUEEN. En fait, on était tous plus ou moins sous l'euphorie du changement de Président et des espoirs que cela suscitait en France.....( d'où , aujourd'hui une certaine honte à aller s'asseoir, tranquille, dans un fauteuil de cinéma)

Mc QUEEN a obtenu pour la qualité de son film "la caméra d'or" de Cannes ( Un certain regard). On peut aller le voir comme un film réaliste et non une fiction. Il insiste sur le dialogue (20mn) entre le prêtre ami et Bobby afin de le convaincre de refuser de se lancer dans la grève de la faim. Ce moment fort nous oblige à une vraie réflexion personnelle qui pour ma part me range du côté du prêtre plutôt que du côté de celui qui se laisse mettre en croix...

Certains critiques ont fait un rapprochement des séquences les plus cruelles de ce film avec les oeuvres de l'artiste peintre Francis BACON. J'ai pour les oeuvres du peintre un jugement positif, mais je ne suis pas convaincu d'avoir pour HUNGER la même appréciation sur son efficacité politique même si Mc QUEEN réalise, lui aussi, intégralement ses intentions esthétiques.

Cependant, qu'ils s'appellent MANDELA OU SANDS , qu'ils soient Africain , Irlandais ou autre, on doit, comme BERNARD CLAVEL "saluer le courage de tous les êtres qui souffrent de l'injustice, de la Brutalité,de la ségrégation"

" Même si nous nous sentons en sécurité dans la tiedeur de notre confort, nous devons penser à Mandéla ( comme à Sand) en nous disant que c'est nous tous qu'ils ont défendu.

Nous n'avons pas le droit de rester insensibles à la douleur de nos frères injustement meurti dans leur âme et dans leur corps".

Ce film est tout sauf un divertissement cinématographique. N'allez pas voir ce film pour vous appitoyer; c'était un révolté qui refusait d'être malheureux.

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26 novembre 2008

AGATHE CLERY:UNE COMEDIE DIVINE DE CHATILLEZ

Etienne CHATILLEZ nous apporte avec AGATHE CLERY la version moderne de la "Comédia" de DANTE ALIGHIERI. Il aurait pu se contenter de faire une comédie sur le raçisme mais il n'a pas oublié que dans le parcours du héros le poëte Italien retrace avant tout une histoire d'Amour. Agathe plongera donc dans son enfer personnel en devenant noire de peau,  suite à la maladie d'Addison.

Sans même peut être s'en rendre compte, Chatillez se calque sur le scénario de Dante (Agathe comme Dante sont plongé dans l'incertitude) . Après avoir touché le fond avec la trahison d'êtres chers, l'humiliation, Agathe entamera la remontée dans son "purgatoire" et pour finir c'est son amour pour Quentin (Anthony KAVANAGH) qui la propulsera  au "PARADIS".

"ce film m'a changé, c'est certain. Le plus nouveau pour moi c'est que c'était la première fois de ma vie que je jouais un rôle aussi complet, que j'ai une histoire d'amour dans un film..." (V.L)

Chatillez est un scénariste de talent qui manie l'humour avec un doigté intelligent:

"l'intelligence sans humour est difficilement de la vraie intelligence" E C

Il lui ajoute une touche de comédie musicale:

"je voulais faire une comédie musicale ancrée dans la réalité, avec des décors naturels, faire sugir la fantaisie, la poësie, le rêve, dans le réel.... dire des choses graves de manière légère"

CHATILLEZ Confirme ainsi qu'il est "un artiste qui ne crée pas dans le vide", comme disait le philosophe Antonio GRAMSCI qui à écrit sur la COMEDIA (pendant son séjour en enfer dans les prisons Mussolinienne) :"sans la structure il n'y aurait pas de poésie et donc même la structure a une valeur de Poésie". Il réalise avec ce film, dans la continuation des précédents ( un long fleuve tranquille, le bonheur est dans le pré...), une oeuvre qui trouve son efficacité politique dans la réalisation de ses intentions esthétiques autant que dans l'humour de la comédie.

Son dialogue est volontairement précis et pointu pour limiter l'arbitraire de l'acteur et peut être aussi celui du metteur en scène. Le fait d'y inclure des morceaux de comédie musicale n'en fait pas une oeuvre lyrique qui viendrait masquer la représentation de ce heurt dramatique entre des personnes vivantes.

" Il a passé tellement de temps à écrire le scénario....C'étaient ses dialogues, ils sont écrits au millimétre près. De temps en temps il me disait que je pouvais lui apporter des choses, mais moi, quand je réalise, je ne supporte pas qu'on n'apprenne pas son texte ou qu'on veuille le changer. J'ai voulu me mettre totalement à son service. Il venait tous les jours dans la loge pour m'expliquer la situation, ce qu'il fallait faire, comment il allait filmer. Me rappeler ce qui s'était passé avant puisqu'on ne tourne jamais rien dans l'ordre. Il est trés précis et c'est très agréable. Il a aussi un univers visuel. C'est rare chez les réalisateurs de comédie. Il est trés précis, même sur les vêtements. C'est bien de s'en remettre à lui. On est en confiance...Il a tout dans la tête" (Valérie lemercier lire sur http://www.commeaucinema.com)

Saluons aussi le talent et la patience de Valérie LEMERCIER pour tout ce qu'elle a accéptée d'endurer (3heures1/2 de maquillage le matin, presque 2 le soir pour se démaquiller) . Elle nous rappelle, par sa beauté et son intelligence, ANGELA DAVIS qui dans sa "Biographie" écrit:

"Dehors, à découvert, mon chagrin et ma colère s'alourdissant de peur. Une peur pure et simple, si puissante et si élémentaire que la seule chose à laquelle, je puis la comparer était le sentiment d'engloutissement que je ressentais lorsque, enfant, on me laissait dans le noir. Cette chose indescriptible, monstrueuse était dans mon dos, elle me touchait jamais mais elle était toujours prête à l'attaque". (Angela DAVIS)

Nul doute qu'après avoir vu cette "comédie" on aura envie de se replonger dans la lecture de la "comédia" de Dante , l'amoureux fou de BEATRICE "Amour qui meut le ciel et les étoiles"( Dante)

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Au départ il avait songé à un héros masculin comme Dante, une sorte de Michael Jackson mais comme c'est quelqu'un  qui prend son temps ( comme le poëte Toscan) il a revue sa copie en choisissant Valérie LEMERCIER une femme digne des poëtes :

"Au début, j'ai imaginé le film à New -York, le héros était un jeune homme qui travaillait dans une tour et qui cachait qu'il était raciste; et puis, finalement, j'ai choisi la France et une héroine".

Le tournage du film a pris 6 mois mais Il y a eu 18 mois de préparation:

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24 novembre 2008

LES BUREAUX DE DIEU: LA LIBERTE DES FEMMES UN IMMORTEL COMBAT

A l'heure ou SIMONE VEIL vient d'être élue à l'Académie Française, malgré la manifestation d' une association anti-avortement, pour son courage politique dans les combats pour la liberté des femmes et son implication dans le combat pour la mémoire de la SHOAH, il n'est pas inutile de revenir  sur un film passé sous silence et trop souvent ignoré du circuit grand spectacle : LES BUREAUX DE DIEU (malgré des critiques élogieuses en mai dans "Libération", "LE MONDE" et plus récemment dans "La N.V.O Cgt").

En fait, c'est le genre de film dont on souhaiterait qui soit rendu obligatoire dans les écoles y compris pour les parents ( toute comme je trouve normal que des conseils généraux aident des classes scolaires à se rendre dans les camps de concentration pour compléter ce nécessaire travail de mémoire et le perpétuer).

On voit qu'aujourd'hui encore le combat pour la liberté des femmes est loin d'être terminé, et qu'il y a une absolue nécessité à ne laisser personne s'enfermer dans l'ignorance de ce qu'est la réalité du quotidien qui touche tout le monde:

" Un coup de fil raté et un enfant va naître pour le meilleur et pour le pire.... pour cette jeune fille et pour cet enfant?...( Claire SIMON)

Il n'y a rien de plus édifiant qu'un film sur le quotidien d'un centre de planning famial pour voir ce qu'est la vie de femmes d'aujourd'hui. Mais Claire SIMON, connue pour tourner des documentaires, a chercher ici a faire un film qui lie la réalité des faits à la fiction par l'emploi de comédiens de renom comme Nathalie BAYE, Nicole CARCIA, Marie LAFORET.... et d'acteurs tel Michel BOUJENAH:

Ce face à face entre inconnue et artiste est une façon efficace de transposer au cinéma ce qui se passe dans les centres de planning :

" ce qui m'interesse c'est la transmission de l'accueil. Cet accueil existe dans le planning, il n'est pas forcement angélique. Le cinéma documentaire a un peu fait bouger le cinéma vieilissant français. De la même manière, les actrices sont remises en question par ces amateurs, ces documentaires. J'avai envie de cette rencontre...Je voulais transposer la réalité dans la fiction " -Claire SIMON-

Ici c'est la multitude de visages qu'offre la liberté pour la femme qui est en cause et le film est une façon de faire une oeuvre de fiction pour en rechercher les "idées justes". Ce film reste nécessaire aujourd'hui encore pour faire des hommes et des femmes  des citoyens  qui s'assument (assument leurs choix) et assument la vie avec ses peurs, ses difficultés , ses joies comme ses peines.

Le spectateur confronté a des acteurs et actrices se trouve contraint de ne pas limiter la situation que décrit le film à une inconnue, à un cas isolé. Ce n'est plus seulement l'affaire de quelques femmes mais, comme pour l'avortement, le combat de toutes les femmes ( y compris quand ça touche une prostituée). Confier des rôles à des actrices engagées pour des rôles de "conseillères" c'est une façon de renvoyer au Manifeste/petition de femmes célèbres en faveur de l'avortement libre et gratuit ( Manifeste des 343 salopes) .

Pour que le documentaire devienne une fiction, il fallait que ça ne soit pas une simple succession de situations à régler mais que chacun se ballade à travers ces Bureaux de Dieu. La cinéaste nous entraine ainsi dans les couloirs, dans les partie privées (balcon) à la rencontre de tout le personnel qui travaille et réagit avec son vécu qui n'est pas tous les jours "glamour".

Comme l'a écrit ,un jour, un journaliste :

"Il n'y aura pas de vrai bonheur- le bonheur fou, le seul bonheur- tant que nous n'aurons pas détroné d'un même élan, tous ceux qui profitent de notre misère, la misère du coeur, la misère du corps, et cette autre misère aussi, celle qu'ils ont fait pénétrer dans nos têtes" (jacques FREMONTIER )

Ce film nous hisse à la hauteur d'une civilisation dans la quelle l'enthousiame moral reste un combat justifié.

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19 novembre 2008

L'ELEGANCE DU HERISSON : COUP DE BALAI SUR LES IDEES RECUES

" Ce qui fait qu'une femme moins belle est plus interressante, c'est qu'elle a sur son visage  et dans son corps l'empreinte de la société à laquelle elle appartient" -Saül STEINBERGD-

Depuis son succés littéraire (2 millions d'exemplaires) La jeune romancière Muriel BARBERY est partie se resourcer au Japon avec son Mari et ses 2 enfants. Ce qui confirme les dires de son Editeur: " c'est quelqu'un d'extrèmement sage et phylosophe"....depuis, elle a beaucoup voyagé. Maintenant elle a les moyens de vivre comme elle le voulait", et ses dires à elle :" un livre qui n'est pas exceptionnel mais qui a un succès exceptionnel."

De son côté la jeune cineaste, qui confirme la montée en puissance d'une nouvelle génération de réalisatrices et réalisateurs de cinéma, Mona  ACHACHE (27 ans), qui n'avait produit jusque là qu'un documentaitre et un court métrage a montrée qu'avec de la patience et de la conviction on pouvait venir à bout des obstacles ( refus de l'Editeur) et convaincre un écrivain à succés que son livre pouvait être porté à l'écran  (pour moins de 135 000 €) et avec 9 MILLIONS €  de buget pour la réalisation.

" c'est ma voisine qui m'a prété le roman de Muriel. J'ai tout de suite appelé ma productice...Enfin j'ai rencontré Muriel. On a beaucoup parlé de ce que transmettait le roman au delà de son histoire simple et de ses personnages hors norme: le goût de la lecture, du savoir,du cinéma , de la langue. Elle était contente de m'entendre, j'ai senti que l'on avait quelque chôse en commun"... Le scénario a duré 1 an. Muriel voulait lire à mesure que j'écrivais par curiosité uniquement. Je pense qu'un réalisateur confirmé aurait été moins disposé. Moi, ça m'a beaucoup plu."

De leurs côté, plusieurs actrices s'étaient montrées intéressées par le rôle de la Concierge , même moche et grosse. Parmi elles Ariane Ascaride et Josiane BALASKO; c'est cette dernière qui à remportée la palme de la transformation : " Vous avez vu la tête qu'ils m'ont faite? J'ai du me raser les sourcils pour mettres des sourcils brouisaleux qui me donne l'air sévère. On a rajouté quelques poils qui poussent sur la moustache comme si elle avait oublié de les épiler. J'aime avoir un physique différent dans le travail. Avec le maquilleur et le coiffeur on a élaboré un personnage aux cheveux grisonnants (Une perruque)."

Pour le deuxième personnage ( une surdouée  de 11 ans qui veut se suicider dans cent jours) MONA a choisi Garance le GUILLERMIC , la 75° du  casting pour sa force d'impertinence naturelle.

Le personnage de la Concierge est assez fidèle à ce que l'on peut trouver dans les immeubles cossus, mais là où il devient attypique c'est que c'est quelqu'un  qui ne se contente pas de son emploi de Concierge mais qui, pour son plaisir personnel et son amour de la lecture, son envie de savoir, visite les Bibliothèques, lit dans sa chambre PROUST, TOLSTOI, ainsi que des livres de philosophie. Dans son immeuble se trouve une enfant surdouée et scuicidaire de 12 ans , Paloma, ( père Ministre, mère dépressive, soeur insupportable) qui refuse le monde des adultes  si ça doit ressembler à la vie dans cet  immeuble  qui ressemble à un bocal à poissons .

Le troisème intru est un jeune japonais féru de culture qui emménage avec sa famille.

La concierge (Josiane BALASKO) incarne parfaitement cet "Elégant HERISSON" ( piquant dehors et doux à l'intérieur)

Dans ce film la culture est une forme de douleur cachée qui fait dire à ARTAUD:

"Etre dans la douleur n'est pas souffrir, mais sur-vivre, et je veux dire aussi perpétuellement se survivre, mais surtout vivre à un taux par- dessus, à l'étiage (début le plus faible d'un cours d'eau) de l'extrème dessus".

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17 novembre 2008

LES GRANDES PERSONNES et MOSCOW BELGIUM: L'HUMANITE PARTAGEE

Le premier est un film Suédois, le second est BELGE. Ne voyez là aucun classement, ni aucun ordre, tant les deux sont identiques toute en étant différents. jEAN CLAUDE DARROUSSIN appelle celà " la Famille TCHEKHOV":

" je suis toujours tenté de dire aux jeunes metteurs en scènes que ce qui est déterminant pour moi, c'est la qualité de l'écriture, la mise en situation, celle qui consiste à aller fouiller l'âme des personnages, délicatement" ( journal " la Provence")

De fait ils sont tous deux l'oeuvre de jeunes réalisateurs au talent prometteur, fort justement récompensés dans divers festivals. Anna NOVION, réalisatrice Française des "grandes Personnes" voulait être psychologue ce qui a sans doute développé son sens de l'observation : " je projette plein de choses en observant les gens, j'imagine leur passé, leur gestuelle, etc"..." c'est parce qu'ils vont se rencontrer que ces personnages vont vivre un vrai tournant".

Le second réalisateur est le Flamand Christophe Van ROMPAEY. Pour lui :

" tout se passe dans la tête et le coeur des personnages"

Les deux, pour leur premier grand film, ont misé sur le vécu. Ils distillent le même mélange d'émotion et d'humour, de sentiments simples et de situations complexes:

" Je n'aurais pas pu faire ce film il y a 5 ans; Ma maison a brulé, des gens qui m'étaient chers sont morts dans l'incendie. J'ai tout perdu. Je n'ai même plus de photos d'eux. Ma vie a été effacée. Redémarrer à zéro, c'est une épreuve terrible à surmonter, mais je m'en suis sorti" Van ROMPAEY ( journal du dimanche)

Le choix du lieu de tournage ne doit rien non plus au hasard . Anna Novion ( 28 ans) est Suédoise par sa mère; le choix d'une île suédoise présentait pour elle d'être en pays de connaissance et de ne pas risquer de se laisser distraire dans le sujet quelle entendait traiter à savoir: les contradictions entre un père, inquiet, désabusé, imbu de sa personne et dirigiste à la fois qui entend profiter des vacances avec sa fille pour découvrir le trésor d'un Viking de légende car en plus il s'estime être cultivé et sa fille  qui a encore l'âge de rêver au prince charmant en attendant de devenir pleinement une grande personne. Les deux vont devoir apprendre à grandir ensemble.

VAN ROMPAEY a situé son film dans un quartier de belgique où on parle Flamand et qui s'appelle Moscou:

"Je me suis dit que c'était une histoire universelle qui pouvait se passer aussi bien à New-york aux Etats Unis ou à Moscou en Russie, mais l'équipe de base vient de Gand où il y a une banlieu qui s'appelle Moscou que connait bien le scénariste d'ailleurs...On voulait faire des choses plutôt pas construites, pas naturelles, et je voulais pour commencer un endroit où montrer des choses sans dialogue. Il s'agissait de montrer ainsi l'héroine, son état à ce moment-là....pour commencer c'est donc des choses de la vie...En fait le tournage n'a duré que 20 jours, c'est pas beaucoup et il y avait beaucoup à faire."( comme au cinéma.com);

Les deux films " LES GRANDES PERSONNES" et "MOSCOW BELGIUM" s'inscrivent dans la même réalité contemporaine, à un tournant de la vie des gens quand rien n'est jamais simple pour personne, Adulte ou ado', homme ou femme ( dans Moscou Belgium la mère quittée par son mari pour une plus jeune va voir sa voiture endommagée par un poids lourd dont le chauffeur est lui divorcé à  cause de son caractère violent. Il se veut charmeur pour séduire cette femme (qui a 3 enfants) beaucoup plus agée que lui.

Je ne suis pas certains que ces films suffisent à vous donner envie d'aller passer vos vacances sur une ïle en Suède ou dans la Moscou Belge, mais  ce n'était pas non plus l'objectif de ces deux jeunes réalisateurs qui vont, à coup sur, encore faire parler d'eux au cinéma.

A quoi bond vous dévoiler les intrigues, nous sommes dans le langage, dans la langue qui est la notre pour comprendre le réel.

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13 novembre 2008

STELLA: EMOTION ET SOUVENIRS GARANTIS

"MERDE, merde je ne veux pas être grande, je veux être aimée, je veux rencontrer ce séducteur, ce créateur qui me laisse créer" SAPHO ; Cette chanson date probablement des années 70, ou pas loin, et je pense qu'elle aurait pu illustrer ce film de SYLVIE VERHEYDE qui raconte dans STELLA une période de sa vie qui n'a pas été choisie au hasard (La première année de lycée), le passage d'une vie quotidienne libre, sans beaucoup de contrainte, à celui du lycée pleins de règles et de contraintes; où il faut apprendre, retenir, trier pour contracter des habitudes, afin de dégager un comportement différent de celui entrenu en famille.

"cette histoire c'est la mienne. Mes parents tenaient un café ouvrier à Paris, quai de la Gare, près des docks . On faisait aussi hôtel. Il y avait des habitués, une atmosphère trés particulière. Et je suis allée dans un lycée assez chic du XIIe arrondissement où j'ai eu d'abord du mal à m'intégrer. Comme Stella dans le film , je suis arrivée avec mon ballon de foot et l'écharpe du RC Lens. Ce changement m'a fait un  choc. Le film c'est aussi une façon dévoquer la mixitée sociale et les difficultées d'intégration...La variété pour Stella c'est le seul accès à la culture, via le juke-box: Sheila, Daniel Guichard, Eddy Mitchell, Gérard Lenormand. 15° roud de bernard Lavilliers, c'est un morceau que j'adorais" ( journal "AUjourd'hui")

Tout dans son envirronement famillial destinait Stella à un avenir de serveuse de bistrot

" J'ai vécu mon entrée en 6éme comme un traumatisme car je n'avais pas les bons codes pour fonctionner avec les autres petites filles (du mileu aisé). Or, à cet age, on est entièrement normatif. Je rêvais sur ""MICHELE" de Gérard Lenormand, les poster de ma chambre étaient Alain Delon et Roger MOORE. Quand je rentrais à la maison, les clients étaient le nez dans leur demi alors qu' à l'école on m'avait parlé de BALZAC, COCTEAU. Il m'a fallu attendre la 3eme pour que tout se mette en place" (combien sommes nous fils d'ouvriers et d'immigrés à se dire qu'on a été exactement comme elle?,nombreux sans doute).. Mes parents travaillaient 14 heures par jour. Ma mère était Auvergnate et mon père ch'ti.ils n'avaient pas le temps de s'occuper de moi. Ma mère ne m'embrassait pas au moment de se coucher. C'était comme ça."

Sans son amie GLADYS, une réfugiée d'argentine dont le père est psychiatre et elle une élève surdouée, toutes deux donc exclues du groupe des autres élèves du lycée chic de la capitale, Stella aurait sombré, mais la première de la classe va aider sa seule amie à lire les grands auteurs et à aimer leurs textes ce qui va peu à peu évéiller Stella, qui va trouver dans le bistrot un autre ami, un grand frère, qui va lui apporter un complément de chaleur et de tendresse ( l'avant dernier film de Guillaume DEPARDIEU) pour surmonter, un à un, tous les handicaps ( elle galère en Anglais) de sa vie d'enfant et s'ouvrir un accès au savoir ( avec l'aide de son prof d'histoire aussi, alors que d'autres ne se soucient que des élèves qui suivent). Comme beaucoup de parents de milieu défavorisé, les parents ne s'impliquent pas dans le suivi scolaire des enfants , eux même ayant été en echec; ils viennent pour " réparer leurs conneries et rattraper le coup", façe à des maîtres et des Directeurs devant qui ils culpabilisent en se sous estimant.

Mais comment se motiver quand enfant, on se sent isolé est confronté à deux monde distincts dont on ne trouve pas la passerelle ou l'ascenseur ?. Ce n'est que lorsqu'on à réussi à faire un aller retour complet dans ces deux mondes repliés sur eux mêmes et que l'on comprend que chacun apporte sa pierre au savoir, qu'on a toute les chances de sortir grandi de cette aventure. Et même si on ne devient pas savant, on peut devenir une superbe réalisatrice de cinéma. SYLVIE VERHEYDE est cette Créatrice, celle qui nous séduit, qui nous laisse créer. Celà faisait 8 ans qu'elle n'avait plus tournée depuis "COMBAT DE FEMME". Son télé film " baise moi" avait été censuré, privé de passage sur M6 ( il traitait des Lesbiennes), mais a reçu un trés bon acceuil à l'étranger et fait beaucoup de festivals. Un autre projet  le scénario de "Scorpion" lui avait pris 4 ans pour être au final vendu faute de pouvoir le tourner avec l'acteur qu'elle avait choisie. C'est l'entrée en 6 éme de son fils qui l'a motivé pour tourner "STELLA". Comme le recommandait le peintre Edouard PIGNON: " il faut saisir la réalité dans l'intérieur du volume plutôt que de l'extérieur"

Il y a peu de risque que vous sortiez déçu du cinéma ;

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LA BANDE A BAADER: QUI TIRE LES FICELLES ?

J'ai hésité à parler du film "la bande à BAADER".C'est ce que l'on peut appeler un film politique qui véhicule forcement une idéologie. Comprenons nous, le Cinéma est et reste un art mais tout art qui n'est pas une science véhicule de l'idéologie en même temps qu'il apporte une partie de la connaissance sur laquelle on peut porter une, des appréciations esthétiques et analyser l'idéologie dont elle est porteuse; tout en essayant de ne rien gommer du plaisir esthétique, de ne rien mélanger. Le cinéma en tant qu'art est donc une culture et une information; il participe à l'Art et contribue comme lui à la connaissance.

Dans le film " la Bande à BAADER" ce n'est pas le côté politique qui me gène mais le fait qu'il soit traité comme un Triller qui annihile la réflèxion; On nous enferme dans un moule "grand public" dans lequel l'émotion provoquée par la violence et le spectaculaire, provoque des chocs émotionnel qui paralysent la compréhension de ce qui se passe pour qu'au final se dégage un certain jugement moral. Le spectateur est invité à s'interroger d'une manière purement moralisatrice.On enmène le spectateur, sous le choc de l'émotion, directement au jugement idéologique de chacun des membres de la bande( Ce qui ne veut pas dire que l'on ne devrait pas condamner leurs actes graves).

Ayant dit cela, on a aucune raison de douter de la sincérité du réalisateur, de sa bonne foi quand il déclare:

"Je ne pouvais pas faire un film où l'on s'identifie aux personnages car ce sont des types qui tuent des gens froidement et imposent la terreur...Ils ne sont pas héroïques. Mais il n'était pas question d'écrire une histoire à charge non plus. Juste la chronique de dix ans de térrorisme  vus de l'intérieur et du côté des policiers... Les jeunes Allemands d'aujourd'hui ignoraient tout de cette fraction Armée Rouge. La sortie du film a eu un gros impact,Ils ont du mal à croire que tout cela est arrivé dans leur pays , il y a Trente ans"-Bernd EICHINGER (Quotidien "Aujourd'hui en France").

On peut aussi comprendre que pour des raisons financières  on ait ciblé un large public et adopter pour ce film le mode Thriller-policier, calqué sur les reussites américaines, qui à fait ses preuves dans le domaine. Cependant dans tout film engagé rien n'est anodin. Comment était les choses avant, pourquoi elles ont changées à un moment et pourquoi on dirait que ça recommence ( On vient d'arrêter une bande utra- gauche? qui, pour le moment, s'inscrit dans une logique de la violence gartuite en s'en prennant aux grands symboles du capitalisme: Sncf, nucléaire, Armée,... de manière anarcho- autonome en évitant les cibles humaines directes)?.

On aurait aimé que le réalisateur (ULI EDEL) et le producteur-scénariste  (BERND EICHINGER) laissent une place à cette réflèxion du spectateur même si dans la deuxième partie on ne cache pas les conditions de détention de la bande qui va les conduire à être tué ou à se scuicider( sans que ça change grand chose dans l'immédiat).

Quand on voit l'état actuel du cinéma Allemand et la difficulté pour les jeunes réalisateurs de produire quelque chose d'innovant, on a du mal à croire que subitement soient apparus des mécènes du 7eme Art( 20 millions d'euros ont été investi pour ce film le plus cher de l'histoire du cinéma Allemand)qui n'avaient d'autres intentions que de défendre l'identité culturelle de la réunification.

Le film est tiré du livre " le complot BAADER-MEINHOF" de l'ancien patron du Journal "DER SPIEGEL".

On parle d'un film événement pour l'ALLemagne qui devrait faire l'objet d'une tournée estivale.

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06 novembre 2008

ARTICLE 43 :UN FILM POUR ECLAIRER LES PROCUPATIONS DE LA SOCIETE D'AUJOURD'HUI

Il n'était pas évident de pénétrer dans les zones interdites que sont les Prisons; de filmer avec des détenus dits " trés dangereux", et de ressortir, en fin de compte, avec un FILM 16/9 en couleur de 90 minutes ( 44 soirées de tournage  dans l'atelier du pénitencier de Bochez) qui plus est agrémenté de films d'art et d'essai ou Docu réalisés par les détenus dangereux eux mêmes, sans que rien ne soit censuré......

La  courageuse réalisatrice est la Suisse DENISE GILLIAND. Cette femme de 44 ans qui a été manequin dans sa jeunesse pour des spots publicitaires, a obtenu de l'école de Florence ( 1985) son diplôme de REALISATRICE. De retour en Suisse, trois ans plus tard, elle se lance dans la carrière du cinéma pendant la campagne de prévention contre le SIDA:

" je voulais donner la parole à ceux qui ne l'on pas et qui souffre de l'exclusion"..." rendre l'humanité, la dignité à ceux que la société rejète".

Son premier grand film sera en 1994 " Mon père, cet ange maudit" puis "femmes du No futur" et "les bas fonds" nominé pour le prix du cinéma suisse. Elle fonde une première association pour soutenir des projets culturels (REBOND'ART) qui sont des réalisations cinématographiques avec les personnes démunies, avant d'ouvrir un atelier de cinéma en prison ( Oeil Ouvert) dans lequel prendra forme son "ARTICLE 43". C'est Anne Laure SAHY qui anime l'association Prélude qui la convaint de s'intéresser aux détenus de prisons:

"nous partagons avec Anne Laure la conviction que l'action créatrice permets aux personnes les plus cabossées par la vie de se reconstruire....La mémoire ne crée-t-elle pas l'identité?...On peut aider à la reconstruction identitaire des détenus à partir de la création cinématographique...en partageant avec ces détenus la passion du cinéma"

"Ici on pense que la liberté c'est dehors. On ignore souvent

qu'une fois sorti, la liberté ne reposera pas simplement sur

l'abscence de murs"

Olivier (détenu)

"ARTICLE 43" en apporte une preuve éclatante car en plus de ce film sort en DVD les 4 films d'art et d'essai (5 à 10mn) et deux documentaires réalisés par ce groupe de détenus (9 détenus) en atelier :("Gros CAUCHEMARD"- "BERNARD" - "LA LIBERTE C'EST" - et "LA ViE D'UNE PATATE" - "A L'EPOQUE") . Certains de ces détenus ignorent quand ils seront libérés, mais cette expérience aura au moins permis pour certains de retrouver la confiance en soi, de travailler en atelier à plusieurs même si parfois ils ont été obligés de se remettre en question après avoir reçus des critiques sur le travail qu'ils étaient en train de réaliser pour parler de leur quotidien ou de leur passé qui les a conduit là où ils sont.

Comme l'a dit Anne Laure SAHY :

" c'était une façon de permettre au détenus et au public de se fixer droit dans les yeux, sans détourner le regard".

GILLIAND et SAHY sont deux femmes qui ont montrer que l'orsque l'on se propose d'investir les lieux qui sont désertés par la culture et que l'on y apporte une action culturelle réflèchie et ambitieuse, on peut obtenir de bons résultats comme en témoigne ARTICLE 43 ( je différencie cette initiative de la publication odieuse dans la presse  d'un interwiew caché de l'ASSASSIN de YITZHAK RABIN ,mais je comprend aussi que les parents des victimes puissent s'offusquer de voir des détenus criminels être filmés) :

"Lorsque j'ai conçu et commencé à animer cet atelier cinéma en prison, je voulais partager avec des détenus ( elle ignorait qu'il y avait des détenus dangereux parmi eux) ma passion du cinéma. Je ne pensais pas , moi même, faire un film mais seulement les encourager à aller, eux, au bout de leur créativité en amployant l'outil cinéma" (DG)

"Au delà des préjugés, la diffusion des travaux réalisés en prison et les réflexions quelles suscitent doivent lancer un débat trés large sur les mécanisme de la marginalisation par exemple, ses causes, ses effets et la responsabilité de chacun dans un tel Processus " ....Artistiquement...qui peut prétendre commettre une oeuvre artistique? selon quels critères? dans quel but et pour quel impact?; Comment interpréter le fossé entre la catégorie trés sélect des créateurs et celle du  Public ?"  (ALS)

" Quoi de pire que le CANCER; la lèpre.

C'est pire parcequ'on vous enferme, vivant,

derrière des barbelés" (A SOLJENISTSYNE)

Faire un film documentaire sur les prisons ou les Usines est sans doute ce qui demande le plus de conviction et de patience car il faut non seulement trouver des producteurs qui acceptent de perdre de l'argent mais aussi attendre des mois en  travaillant dans un milieu hostile et méfiant, sans savoir si, au final, on obtiendra l'autorisation de le diffuser au cinéma , à la télé... C'est ce que l'on appelle une épreuve de Vérité. Comme le disait Marcel TRILLAT :" pour arriver à tourner dans ces conditions plus que particulières, il faut s'organiser. Cela tient parfois du mêtier de détective ou de celui d'agent secret. Ce n'est guère possible sans avoir cultivé à l'avance d'étroites complicités dans la place, tout en prenant d'infinies précautions pour ne pas mettre en danger les complices". Mais au final le film devient un outil de mémoire, à condition de le faire circuler.

PS: Merci à MACADAM'S BLOG de m'avoir fait découvrir ce nouveau film

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05 novembre 2008

QUATRE NUITS AVEC ANNA POUR LE PLAISIR DES SENS ET DE L'INTELLECT

Ce film est avant tout l'oeuvre d'un artiste qui se sert de toutes les connaissances d'art plastique qu'il a acquise pour sa passion de la peinture afin d'éveiller les sens de celui qui regarde. Et comme il s'agit en l'occurence d'un film, et non d'une oeuvre d'art plastique, il a soigné aussi la structure en s'inspirant d'un film comme "quatre nuit d'un rêveur" de Robert BRESSON (1972) tiré lui même des "nuits blanches"de DOSTOIEVSKI, de façon à soigner les images par des travellings, des plans séquences qui montrent aussi la maitrise qu'il a acquise avec la caméra.

Le sujet de ce film lui a été inspiré par un fait divers qui s'est passé en extrème - Orient; mais afin de ne pas embrouiller l'esprit des spectateurs, il a minimiser le scénario au niveau des dialogues, réduits à une portion congrue. Le tître se suffit à lui même pour tout comprendre de ce dont il est question ( à la limite il aurait pû ajouter après nuits " de rêve").

Jerzy SKOLIMOWSKI signe là son retour au cinéma après un exil américain de 17 ans où il a exercé le mêtier d'acteur de cinéma ("la promesse de l'ombre", "Mars Attacks") et celui d'artiste peintre. Je pense que Skolimowski lui même a su tirer tous les enseignements de la période et des expériences qu'il a fait loin de sa Pologne natale qui entre temps s'est enfoncée dans les méandres du capitalisme sauvage. Sans celà ce film n'aurait pas été qualifié de "plus beau revival cinématographique depuis longtemps" par Romain le Vern (" le Monde") et qui "ressemble de fait à un grand cri" que vous devez voir sans hésiter (A.A "la Provence").

Pour faire un bon film du début à la fin, il faut savoir surprendre en usant là encore de divers moyens comme par exemple démarrer sur un paysage sombre, miséreux, pluvieux, avec un personnage immature et inquietant qui achète une hache. Un début qui a toute les chance de faire croire à un films d'Horreur.

Léon, le personnage masculin, est d'un esprit simple, pas loin d'un animal sauvage et craintif  qui vit à la marge du village qui est son lieu de vie ( le seul monde qu'il connait) et de l'Hôpital dans lequel il travaille (il est celui qui incinère les morts); responsable mais pas coupable de ce qui lui arrive lorsque s'éveille en lui un sentiments amoureux pour une infirmière du village.

Anna est cette infirmière qui va subir un grand malheur dont elle aura bien du mal à s'en remettre pendant la période qui suit, car elle non plus ne comprend rien à ce qui se passe pendant qu'elle dort ( droguée par Léon).

Skolimowski change de registre pour nous présenter cette leçon d'amour particulière qui va durer quatre nuits. L'obsession doit se conformer avec le surréalisme de l'illusion où se mèle la douceur et la violence d'un amour qui n'est pas partagé et reste platonique; il remplit cette sequence de symboles actifs qui, comme le dirait Jean Genet : "sont capables de parler au public un langage ou rien n'est dit (abscence de dialogue entre Léon et Anna) mais tout préssenti"

Le final qui est un retour brutal à la réalité ne pouvait être qu'une tragédie et non se finir comme le conte des mille et une nuit. Il serait façile à un avocat de démonter que Léon est un non violent qui a été sans doute névrosé par une mère envahissante et omniprésente ( au début). Il n'est pas devenu l'enfant modèle qu'elle espérait sans doute, mais pas non plus un violent criminel, car il voulait assurer à la personne qu'il aime en secrêt la sécurité affective pendant son sommeil tout en assouvissant son fantasme et ses frustrations ( il brule tout ce qui touche et cherche à réparer ce qui ne va pas chez sa dulcinée.).

Ce film n'a rien d'un plaidoyer romantique. il ne cherche pas à ce qu'on s'appitoie sur ce qu'est en train de devenir son pays. Il décrit avec rigueur, à la manière de DOSTOIESSKI, une situation dans la quelle nous ne seront jamais impliqué mais dont on ne doit pas passer à côté de ce que cela représent comme émotions et souffrances humaines ; il nous fait vivre une situation qu'autrement nous n'aurions pas vécue. Ce réalisateur exerce son mêtier de cinéaste avec gravité, non pour élaborer une morale ou une esthétique mais pour une reconnaissance du monde dans lequel on vit sans désespoir, ni complaisance. Il est de ces cinéastes qui ne font pas de second dégré et qui assument tout ce qu'ils font en se fixant sur leur mêtier ( comme des reporters). Il essaie de bien voir avec sa caméra, de voir à plat ce qui se passe, au premier degré. Après est venu l'élaboration. Il n'aurait sans doute pas pu atteindre ce résultat s'il n'avait pas décroché pendant 17 ans. Sa responsabilité nouvelle est celle de témoin dans l'espoir que peut être les spectateurs réussiront à construire des alternatives plus complèxe pour le monde politique et idéologique d'aujour'hui.

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04 novembre 2008

LA TRES GRANDE ENTREPRISE ET MY MAGIC : DES FILMS VIVANTS

Au départ, les deux films ont tout de différent, mais après avoir compris la motivation de chacun, la différence de culture, d'intérêts et d'idéal , on se rend compte que ce que l'on appelle "différence", les inégalités culturelles, sont vite gommées et qu'il est difficile de rester étranger l'un à l'autre; la connaissance des deux films fait apparaitre des spécificités qui nous rapprochent . Ce cinéma est vivant et même si au final il ne touche qu'un public spécialisé, ce public émane du Grand public sorti de son lieu environnemental direct pour l'aider à comprendre, sans lui donner de leçon, ce qui se passe au niveau de la mondialisation actuelle.

Le premier "la trés grande entreprise" est du Français Pierre JOLIVET dont la mère était, elle même une comédienne (Arlette THOMAS) qui a été aussi une meneuse syndicale contre les injustices dans le monde du travail: "Je me souviens de l'avoir vue mener des grèves compliquées. Elle se démontait jamais. C'est stimulant de se frotter à plus puissant que soi. Avec mon frère Marc, je pense qu'on lui doit l'éveil de notre conscience." (Journal du Dimanche). Normal qu'avec pareil parent on reste sensible à ce qui se passe dans le monde et que l'on cherche pour corriger chaque injustice de ce bas monde le moyen de provoquer un sursaut citoyen. Pour Pierre Jolivet cela passe par la comédie afin de toucher le plus large public possible, même si pour lui, faire un film reste stressant. Il a écrit un film sur l'engagement quand on est victime soi même d'une injustice. La riposte qu'elle soit syndicale ou autre se doit d'être collective ( même si elle est brouillonne) pour avoir quelque chance de porter ses fruits. Obtenir réparation ce n'est pas seulement au niveau financier mais surtout au niveau du moral et de la dignité humaine: " Il ne s'agit pas de dénoncer aveuglèment toutes les sociétés (grandes entreprises) qui gagnent de l'argent et qui, grâce à cela font travailler du monde, mais de s'attaquer à celles qui sont prètes absolument à tout pour avoir une  croissance à 2 chiffres et faire plaisir aux actionnaires....le pari de mon film c'est de mettre l'allégresse dans une situation ou le combat semble inégal et déséspéré. Le rire  de la comédie lui sert de passeport alors que s'il avait fait un film militant il risquait de connaitre à nouveau les déboires Financiers de la "petite entreprise".

Un mot sur la musique de ce film qui a la prétention de faire rire et réfléchir en même temps; elle est de Manu KATCHE Batteur, pianiste qui a donné comme il dit les pistes d'enregistrement après avoir visionner les images qui lui ont suscité des images  par forcément aux endroits prévus par Jolivet, mais en fonction du film que le musicien lui même s'était fait dans sa tête. Jolivet a choisi et placé les morceaux de pianos, contrebasses, cuivres: "je lui faisais totalement confiance car nous avons depuis longtemps la même vision des choses".

Le 2ème Film est " MY MAGIC"du réalisateur de SINGAPOUR ERIC KHOO. Ce film a fait l'objet d'une sélection pour le festival de CANNES. Sa particularité est d'avoir été tournée en Une semaine avec des comediens amateurs ( le magicien est un vrai et il joue avec son fils; quand à la musique elle est réalisée par le fils de KHOO) sa durée est de 1h 15mn.

KHOO a déjà réalisé par le passé des films qui vont dans le sens de ceux de JOLIVET contre l'arbitraire patronal ("PAS UN JOUR DE CONGE").  Pour tourner son film le réalisateur a du se battre contre le producteur qui voulait qu'il ajoute des scènes qui auraient atténuées l'intensité et allongé inutilement la durée, sans apporter plus à l'histoire de cet ancien magigien qui devient FAKIR pour retrouver l'estime de son fils (après la mort de sa femme il s'était laissé allé à faire des petits boulots  et à boire, obligeant son fils à se débrouiller seul pour aider cette famille en désérance .

Ici, c'est pas la haine mais la Honte qui donne la force à cet homme de se sortir d'une situation où la dignité de soi même a totalement disparue. Le nouveau fakir va redevenir ce colosse qu'il était physiquement quand il était le MAGICIEN qui impréssionnait les foules. Ce colosse d'argile fait exploser sa carapace de pierre et va secouer, à main nue, ce monde pour se forger un destin dans lequel la dignité humaine sera le premier droit.

MY MAGIC est présenté par la critique comme un film naïf et minimalisme mais aussi comme PUR et LIMPIDE; personnellement, j'obterais sans hésiter pour cette dernière formulation  qui colle bien à ce qu'a voulu KHOO qui représente SINGAPOUR avec ses particularités ( un cinéma qui doit se battre contre le manque de moyen pour ses artistes ce qui les contraint à déborder d'imagination pour qu'apparaisse au creu de la main cette petite flamme trembotante "my magic") . Ce cinéma est un divertissement de qualité qui lie les spectateurs sans les isoler d'avantage du monde extérieur et du présent qu'il faudra bien parvenir, un jour, à effacer de nos mémoires comme quelque chôse de honteux.  KHOO nous fait sentir qu'il n'y a point d'abime où tous on doit avoir le courage de plonger pour représenter l'homme afin d'éclairer le monde sur ce vers quoi on se dirige si on ne fait rien . "Ne laissons pas cette flamme qui s'obstine à se nourir d'elle même, s'étioler jusqu'à n'être "qu'une virgule, une rognure de feu de bengale, juste bonne à ponctuer les mièvreries décoratives des jardins en miniatures...", comme dirait René CREVEL.

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Posté par uscgtaphm à 11:32 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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