ESPACES interculturels CINEMA

Plus seulement des spectateurs privilégiés mais des regards critiques sur tout ce que l'on nous donne à voir au Cinéma sur ses problématiques et son rôle. Ecouter -voir ce qu'est la vie.

18 décembre 2008

LE FILM PARFAIT: POUR COMPRENDRE LE CINEMA

ATTENTION , l'article qui suit est trés long ,aussi il est conseillé avant d'aller faire un petit tour sur les derniers commentaires de films à déguster pendant les fêtes en famille ....

Me voilà au bout de mon année de bloguer cinéphile. J'avais deux objectifs en commençant:

1- Donner à voir aux amis visiteurs que l'on peut aller au cinéma pour se distraire et en même temps comprendre que l'on n'est pas des éponges ni des essuies tout et encore moins des keelnex mais que si on va voir un film pour dormir devant c'est comme disait un grand humoriste "porter un melon à son oreille en disant je ne sents rien...". Après que l'on soit déçu ou content de son choix c'est moins important que de comprendre pourquoi: "Ecoutez-Voir". Il y aura toujours des films à gros budgets qui sont des navets même s'ils font des millions d'entrées et des films à petit budget, vu par un nombre restreint de spectateurs qui resteront des chefs-d'oeuvre.

Tout au long de 2008 je me suis arrêté sur un certain nombre de films de tous pays qui me paraissaient interressants de commenter (à ma façon qui n'était pas d'en faire la pub ou pour les démolir); bien sur que je suis passé à côté d'un trés grand nombre d'autres mais il fallait aller au plus vite pour rester "régulier" dans la mise à jour du blog.

Partant de là, mon deuxième objectif était d'aider celles et ceux, des jeunes, qui souhaitent se lancer, peut être, dans une carrière du cinéma (réalisateurs par ex) à réussir leur premier film. Je pense que pour celà le plus simple et de voir à travers quelques films pourquoi ils sont interressant, "comprendre pour savoir", j'ai pris des films de 2008 mais cela aurait trés bien pu être une autre année, des films des 50 années qui ont précédées ou des 50 à venir....

Je pense avoir expliquer l'essentiel qui fait qu'un simple amateur de cinéma aime toujours autant le cinéma après plus de 55 ans à courir dens les salles ( du patronnage ,puis de cinéma cinéo de quartier, cinéma de ville, complexes...). Voilà pourquoi je doute de continuer la mise à jour de ce blog en 2009 même si j'ai pas tout dit.

Aussi pour finir ce blog comme je l'ai commencé, je me suis décidé à devoiler ce qui, pour moi, égoistement, reste un Film "parfait" qui justifie le cinéma de toujours.

Il s'agit d'un des premiers "Charlot" court métrage muet d'avant guerre de 14 sur, précisément, le cinéma (les conditions de travail sur un plateau de cinéma en studio pour un tournage de film);la copie a été restaurée en 1984 par David SHEPARD ( copright pour la musique de 1989 par Michael D Mortilla)et diffusée à la télé avec beaucoup d'autres.

Appelons-le " Charlot fait du Cinéma" De charlie CHAPLIN

Les quelques paroles prononcées sont écrites sur des cartons et la musique est celle des piano-bar.

Charlot tient le rôle de David un ouvrier monteur

Eric CAMBELL est Goliath le machiniste et

Edna PURVIANCE joue une actrice débutante

prélude/

La jeune actrice:

"puis-je être actrice s'il vous plait" ( carton)

Le metteur en scène, en bras de chemise et cravate défaite, lui fait signe que non. Elle le regarde en pensant qu'il a dit non à cause de sa tenue vestimentaire trop stricte;le metteur en scène lui tourne le dos avec son scénario à la main et se dirige vers les acteurs qui attendent assis au fond du studio.

1°- partie/ MISE EN PLACE DU DéCOR

"Goliath, le machiniste, David son assistant" (carton)

L'assistant (Charlot pipe à la bouche) est aux ordre de GOLIATH. Il soulève une statue en platre (un appolon en buste sur un socle haut); sur le côté devant la cheminée il y a une autre statue (une femme nue comme une danaïde)

David pose l'appolon et le regarde car il semble regarder la nudité, aussi il le retourne et le recule avant d'aller s'asseoir sur un fauteil en façe de la cheminée. Pas satisfait, il bascule l'appolon et le tire encore en arrière pour l'éloigner de la nudité.Il y a 2 tapis par terre: un au fond enroulé et l'autre qui forme un angle droit en partie enroulé. Goliath s'asseoit dans le fauteuil, David revient, ramasse un coussin et le pose dans le dos de Goliath. Content, il s'éloigne en faisant de l'équilibrisme sur les tapis. Il tourne et va la où se trouve une caméra sur un trépied devant un autre décor (un trone pour un couronnement à la renaissance). David heurte un pied et fait tomber la caméra alors que sur la scène du trone une Reine et 2 pages sont en train de se préparer (pour montrer qu'il s'est fait mal il se tient le pied et saute sur l'autre). Il se saisit d'un diable pour porter des sacs, pose un coussin dessus et pousse mais au passage il bouscule encore la caméra qui tombe avec le cameraman. Goliath pendant ce temps ronfle. David met le second coussin sous les pieds de goliath alors que goliath crache sa chique par terre. David revient effacer le crachat avec son pied, puis il prend une grosse jarre qu'il pose à côté de Goliath pour qu'il crache dedans.

Alors que les 4 acteurs attendent toujours bras croisés, le producteur demande à David de mettre le décor en place. David fait rouler une grosse colonne et 2 autres encadrent un vitrail. La colonne manque de tomber sur le trone, David fait des pieds et des mains pour la stabiliser, la colonne alors que Goliath continue à ronfler, la pipe à l'envers.David essaie de prendre la colonne sur son dos mais plie sous le poids en assommant le producteur; il veut aider le producteur mais la colonne lui tombe dessus, il s'asseoit puis monte sur le ventre du producteur pour redresser la colonne, la colonne part en arriere et tombe sur le caméraman, il la relève mais elle bascule de l'autre côté sur le producteur (tous les acteurs regardent mais personne vient aider); quand le 1° metteur en scène vient la colonne tombe sur david et le producteur. Ce dernier engueule Charlot qui rit assis, il jette son scénario puis relève charlot par le col de la chemise et le renvoie encore ensuqué (il fait des petits pas essaie de trottiner et manque de renverser la caméra).IL va à l'arrière scene où se trouve une lampe de chevet, un fauteuil des chaises de bistrot avec sur la première un casque à pointe (il se pique les fesses en voulant s'asseoir). Quand le metteur en scène le surprend assis sur le fauteuil il se leve d'un bond et le metteur en scène en reculant s'assoit sur le casque à pointe.

Charlot joue avec les chaises à la fin on dirait un superbe oursin de chaises, avec la main libre il s'empare du piano le fait tourner et l'emporte là où dit Goliath mais fait tout tomber; Goliath se lève de son fauteuil et s'étire, le metteur en scène trouve goliath en train de chiquer debout et David assoupi "ENCORE EN TRAIN DE PARESSER" (carton). Goliath fait signe qu'il va le bouger: il saisiT au cou DAVID, le remue avant de l'envoyer au fond;

2°-"Plus tard le décor est en place finitions" ( carton)

Parterre il y a une peau d'ours que David brosse, il sort un peigne et peigne tout, même la tête de l'ours, il prend un liquide dans sa main et lui fait un massage schampoinné et la raie au milieu avant de lui poser un torchon blanc sur le visage comme un barbier et de l'épousseter pour finir.

La jeune actrice attend dassise devant un casque , un buste et un ange le visage tourne vers le sol; Goliath qui baille encore, est félicité par le producteur pour le travail fait mais s'insurge contre David qui s'est remis sur le fauteuil

"regardez! le voilà qui recommence!" ( carton) Goliath le prend par le cou et le soulève

3°- "PAUSE DEJEUNNER" ( carton)

4 machinistes sont assis sur des bancs en face Goliath derriere il y a un bouclier avec un aigle les ailes déployées; David sort une grosse cantine de dessous le banc, c'est celle de goliath qui sort tout son manger. David s'assoit et regarde avec sa petite gamelle en fer blanc; Il en sort trois bout de pain, la retourne et tape sur le fond comme pour voir si plus rien ne tombe; Goliath se frotte les mains devant ses deux piles de manger, david sort son mètre et mesure la largeur du ventre de goliath pour voir si tout va rentrer, avant de manger sa petite tartine de pain sec alors que le machiniste à côté mange des oignons crus frais (cebettes)

Les renvois d'ail dégouttent David qui se tourne mais le coeur lui remonte en voyant goliath se gaver. Il prend un soufflet sur le banc et vaporise pour chasser l'odeur, il se ventile puis ventile le mangeur de cebette.

Charlot, obligé d'arrêter, prend un casque en fer d'une armure et se le pose sur la tête., entre chaque bouffé de tartine il rabaisse sa visière. il manque de s'etouffer, le mangeur d'ail passe à la viande ( un long os avec de la viande)

David pose 2 tartines de pain sur l'os du voisinqui dépasse de son côté et mange comme si c'était un sandwich. Quand l'autre le regarde, il fait semblant de manger son pain sec.

Charlot la bouche pleine s'2trangle en voulant tout avaler? puis il aboie comme un chien à qui on veut enlever son os. Quand l'autre retire sa viande,david rit et fait le beau en levant les pattes. Sur ordre de Goliath pour debarasser le couvert david se met à 4 pattes et entame un concert de casseroles avec les 2 os pour baguettes, dans son élan il tape sur le pied de Goliath qui l'engueule alors que les autres machinistes roupillent à table. Quand il a finit de tout debarasser, Goliath l'attrape par le col et l'enmène travailler pendant que lui va faire sa sieste.David prend une planche pour la scier mais  elle bascule quand il pose le piede dessus et heurte Goliath; Le metteur en scene essaie de reveiller les autres machinistes; l'un d'eux finit par se relever et furieux crie:

"Comment osez vous nous reveiller? On fait grève!" ( carton)

David plante des clous les ouvrier demandent à Goliath s'il fait grève, il repond non et croise les bras. David obeit à son patron il danse sur place et fait semblant de leur donner des coups de marteau mais finit par s'endonner un sur la tête.

La jeune actrice sort de derrière avec son chapeau à fleur sur la tête. Le producteur remercie Goliath pour son refus de grève, goliath s'impose pour l'empêcher de serrer la main de David

2 grèvistes quittent leur tenue de travail. La femme se déguise en ouvrier et David qui fait tomber son chapeau melon lui demande de le ramasser sans voir qui elle est

"avez vous besoin d'un machiniste , Monsieur?"; ELLE est embauchée par le producteur.

David rejoint le comedien qui tient un manaquin, une femme avec un chapeau puis un pantin cow- boy

Le machiniste appelle David et lui explique qu'au coup de feu du révolver il doit ouvrir une trappe. A la répétition ,la barre fonctionnemais au moment ou on tourne rien ne marche, on appelle Goliath qui vient pour regarder. la trappe s'ouvre goliath disparait dans le trou , le producteur se penche pour aider Goliath à ressortir, David essaie de l'empêcher en refermant la trappe qui étrangle goliath. A la fin c'est l'artiste qui disparait dans le trou.

Goliath veut frapper David qui a pris une bouteille pour se défendre et la casse sur la tête de Goliath . A la fin  le metteur en scène jette un flacon sur la tête de David qui maneuve la trappe en tombant et fait disparaitre le producteur dans le trou.

David finit par se faire expulser du plateau alors que la machiniste déguisée en homme joue de la guitare devant l'appolon elle chante, charlot qui entend a un doute sur qui elle est.

lE PRODUCTEUR qui a cassé son pantalon demande au machiniste déguisé de lui recoudre, il se tourne , se baisse mais la machiniste timide tombe dans les pommes. Charlot, lui, enlevève la casquette pour lui faire du vent et comprend que c'est une femme. il lui donne un baiser et un autre sur le nez, goliath qui les surprend à se bécoter croit qu'il sont homosexuels

4°- " lA SECTION dRAMATIQUE"

Dans la salle du trone le pape fait son entrée suivit des pages , du Roi et de sa suite;

a) section Comique:

"répétition d'une nouvelle idée" ( carton)

Un policier britanique qui louche entre dans une patisserie où il y a des tartes à la crème sur la  table. Un bataille de tarte s'engage

"j'aime pas ces trucs intellos! ( carton)

6°- " les grèvistes préparent leur vengeance"

les 7 grévistes devant l'entrée sont armé de batons de dynamite, la machiniste entend qu'ils veulent faire sauter le studio elle court pour avertir

David doit coller. à la demande du producteur, des tartes sur la figure de Goliath mais goliath doit se baisser pour les éviter, chacun veut entartrer l'autre. Au final c'est le ROi qui prendra les tartes dans la figure, seule la reine sera épargnée avec les pages. La table de patissier sert de barricade à David alors que dehors les dynamiteurs s'affairent

Un dynamiteur jette des baton de dynamite dans le trou et referme la trappe. DAVID et Goliath se courent après, une colonne tombe sur les spectateurs, goliath disparait dans le trou; David défend la machiniste en jetant son assaillant dans le trou; ils s'embrasse mais tout explose le studio tombe.

SEQUENCE fINALE:

Charlot qui s'en est sorti (le studio est entièrement détruit) embrasse la machiniste fait un clin d'oeil à la caméra et se quittent sur un baiser. FIN

Commentaire /

A)Ce film est basé sur le visuel au même tître que le mime ou la danse. C'est donc ici une question de formes

-forme statique

-forme gravitationnelles

toutes ces formes sont significatives ( porteuses de sens) et visuelles c'est à dire organisées dans l'espace et le temps et Ordonnées.. Le "bouger" ici ne doit rien au hasard, à la vie spontannée; tout est controlé, minuté ,dirigé dans le but de susciter sur le spectateur (statique) une émotion interne qui lui fasse oublier où il est, qui il es,t afin qu'il donne libre cours à sa sensibilité émotionnelle. On doit pouvoir passer du rire au larmes.

Cette organisation du temps saccadé produit un rythme qui sort le spectateur de sa fixité corporelle et le transforme à son tour en acteur. Il ne regarde plus Charlot, il est...

Charlot n'est pas un acteur qui se donne en spectacle car son activité exprime seulement un besoin vital de communiquer avec les spectateurs, de les forcer à bouger. C'est tout sauf un acteur "solitaire".Il parait "primitif" dans ses actes qui expriment un quotidien pourvu d'une signification sociale, mais ce primitif renvoit aux recherches artistiques (picturales)Picasso par exemple. Mais à l'inverse des dadaistes Chaplin refuse la provocation tapageuse de ceux qui bougent pour obtenir en retour un effet sur eux mêmes ( faire scandales). CHaplin cherche à reponsabiliser comme Picasso et d'autres et pas à culpabiliser.

B)- le référent:

La référence à Chaplin c'est CHIRICO ( pour le décor). Comme le peintre italien du monde moderne naissant , chaplin le créateur, a la hantise métaphysique de l'espace (Chirico est né 1 an avant chaplin). Pour tous les deux tout est un problème d'"espace". le paysage se doit d'ëtre de composition, pas de substitution. Tout est faux et imaginaire Mais quand Chirico cache la société et fait du monde un théâtre, Chaplin lui montre la société et fait de son cinéma le monde.

Chaplin, compose de grandes constructions  qui ont valeur de légende Il trouve sans doute que chez Chirico trop peu de chose porte le décor ; ça c'est lyrique. Le monde de chaplin n'a rien de lyrique , il doit disparaite ( il fait sauter le sutudio). les éléments fixes du décor sont là pour caractériser les différents lieux scéniques: l'entrepot, l'atelier, la cantine, la machinerie, le salon de western, la patisserie, la cathedrale....ils sont des repères afin de pouvoir visualiser l'évolution ( les déplacements) dans le studio.

La societé du XX° siecle est un monde moderne mais cloisonné, fermé mais pas inaccessible (tout communique); Il n'est pas non plus trés solide,.Même si on tombe au fond du trou noir on peut s'en sortir( enfin presque pas tous). Ceux qui comme David n'ont pas peur que le ciel leur tombe sur la tête finiront par s'en sortir mais ca ne va pas de soi.; Autre référent pour Chaplin Julian GRIS, LE PEINTRE ( la femme machiniste entrain de jouer de la guitare) regardez "la muse inquiétante" de Chirico aussi et vous comprendrez.

Aragon avait raison de dire que " pour gouter pleinement par exemple " charlot musicien", je crois indispensabbele de connaître et d'aimer les tableaux de l'époque bleu de Picasso ou des arlequins aux hanches maigres regardent se peigner les femmes trop droites..."

c) HOMMES, FEMMES, Mode d'emplois

DANS LE COURT METRAGE de Chaplin on ne compte pas moins d'une trentaine de comédiens et figurants, sans compter un pantin. Une vingtaines d'hommes, trois femmes dont une qui se transforme en homme et une qui est une potiche de saloon.

CHARLOT est toujours vétru pareil, jamais débraillé, jamais il quitte sa veste, c'est le seul qui ne se déguise pas, même pour remplacer le policeman pendant un essai.Il se veut un ouvrier modèle qui respecte son chef et lui pardonne tout.Il est parfois maladroit mais fait tout pour rendre service; il a quelques faiblesses humaines ( il vole plus pauvre que lui), c'est un rusé (il esquive les tartes à la crème) et se sort de toutes les situations. Il prend des claquues et des coups de pieds mais il les rends. De ce point de vue c'est un violent et un blagueur rancunier.Il n'aime pas les intellos ni les ouvriers qu'il caricature comme "puant de la bouche", jetant des bombes, et toujours en grève( c'est ce que le patronat et le gouvernement de l'époque reprochait à la Cgt pour justifier la répression policière). Il aime les femmes mais ne les traite pas à égalité (il profite de la situation) tout au plus il les aide quand il aime, les autres n'ont qu'à se débrouiller seules!

iL Incarne l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'Ours allemand de la guerre qui se profile. Il incarne l'homme du XX° siecle qui reste un peu lâche et trés individualiste

Coliath, le géant, incarne lui l'encadrement, le chefaillon qui se permet tout, qui abuse de ses pouvoirs. C'est une brute malélevée (il crache ,ronfle) qui n'aime pas les gens faibles ni les femmes ou les homosexuels. Fatalement, un jour ou l'autre il disparaitra dans le trou avec cette société qu'il sert en faisant le sale boulot.

La débutante:  qui a du mal à obtenir un emploi montre qu'elle sait ruser tout en restant une femme coquette et timide. C'est pas encore la femme libérée. SON ANGE GARDIEN C'EST DAVID

les metteurs en scène et producteurs sont décontractés côté vestimentaire leurs différence est de 3 sortes : le gros (le riche), le maigre et le branché ( le frimeur,lunette noire) Ils sont sans pitié avec les femme et les ouvriers, injustes vis à vis de ceux qui travaillent. Ils paniquent facilement, mais pensent être des Rois intouchables ; Ils en font trop et charlot sera sans pitié ( il leurs monte sur le ventre ou les pietine. Ils sont irrécupérables et finiront au fond du trou .

Les ouvriers machinistes. Chaplin n'aime pas les ouvriers, il ne les comprend pas. C'est pas des gagneurs comme lui;il pense qu'ils ont tord de revendiquer pour vivre mieux. Il est persuader en masochiste qu'il est qu'un jour les femmes leurs prendront leur culotte et leur travail.

Les seconds rôles et figurants

le reste de la troupe constitue les " souffres-douleurs" ceux qui reçoivent tous les mauvais coups, ils sont les victimes perpetuelles car ils sont trop braves, trop patients, trop inexistants. Ils représentent le peuple, ce sont les ictimes expiatoires toutes désignées de la guerre qui se prépare. A tout prendre Chaplin préfère les vrais manequins pantins.

A partir de tout ça Chaplin semble nous demander où on se situe dans tout ca ?; GAGNEUR, PANTIN ou héros morts ? ( version ancienne du "Bon de la brute et du truand")

LES OBJETS:

Les objets du film se regroupent en objet de décor par thème:

les Statues : le buste d'Appolon, la Danaide et l'ange couché qui symbolise l'angoisse silencieuse colmparé à l'ange David qui vivant rassure.

Avec Chaplin même les statues sont vivantes quoique rigides, et parfois Charlot se statufie (il inverse la règle des valeurs , la nudité d'une statue dérange ,le derrière à l'air d'un producteur amuse)

Imitations animales: l'AIgle, le Chien et L'ours:

l'aigle rappelle l'allemagne, l'Ours c'est le soldat allemand. Charlot soigne son énnemi même tué. S'il devient chien , puis toutou à sa mémère c'est qu'ils espère finir de ronger son os

Les Objets: le pianos bar, les assiéttes , la guitare

Le piano bar fait parti des objets lourds -légers c'est l'instrument des bars de westerns.

Des assiettes et 2 os suffisent à chaplin pour faire de la musique. La guitare ,elle est l'instrument des machos.

Les reposoirs: chaises , fauteuils, bancs sont les outil pour se reposer là aussi chacun a son rang ( le trone pour les rois)

Les armes : le marteau, le révolver, les bouteille , la dynamite

le marteau de charpentier  peut devenir une arme efficace pour assommer quelqu'un, le révolver est une arme qui fait du bruit et des dégats même indirect, les bouteilles quand elles ne sont pas utilisées comme des jumelles peuvent être des objets décoratifs ou des armes d'occasion

LES munitions / Tartes à la crème, barils de poudre, colonne

Les tartes à la créme sont des munitions inoffensives qui ne tue pas mais font rire, le baril de poudre est plus explosif mais délicat à utiliser

La colone, même en papier carton, est lourde et difficile à manipuler, même avec une simple planche de bois on peut se faire mal.

Les Casques- a pointe , à visiere ou de policeman

selon la théorie de Chaplin, il ne faut rien faire pour contrarier l'ennemi ou précipiter les choses; quand au casque du policeman britanique ,il est purement décoratif il ne protège rien, il vaut mieux bien voir et viser juste

Divers: Chapeau à fleur, chapeau melon casquettes ils servent à identifier les personnages

les tapis font office de corde raide, la jarre devient un crachoir, le soufflet de cheminée un ventilateur; la caméra est un outil de travail beaucoup malmenée au cinéma, les cornets de différentes tailles sont des haut- parleurs et un clin d'oeil à Chirico,la manette de la trappe est manuelle, le tréteau, la scie, la burette à huile, servent à faire de bons gags, sans plus. mais ils sont utile car on bricole beaucoup au cinéma pour les décors. Les outils du barbier ( peigne , flacon, brosse, serviette) (clin d'oeil au maquilleur)

Pour compléter cet inventaire ajoutons les pipes de David et goliath. Le portail d'entrée est en fer et il coulisse pour faire comprendre que le monde de l'autre côté est inaccéssible à beaucoup, la cloison avec la porte est une séparation limitées on tourne autour.

DERNIERES REMARQUES: tous les éléments comme les personnages vont souvent par trois. Ils sont complémentaires même si au départ ils revètent des fonctions différentes.

dans le cinéma de Chaplin ont fait de la manipulation d'objet , tout est manipulé et manipulable, personnages, objets décors. Ces élements peuvent même devenir des instruments de torture. Dans ce film ce qui ressort aussi c'est que " la souffrance au travail" existe au cinéma comme dans la vie. ;le STUDIO ne doit pas être un monde en dehors de la réalité .

Chaplin n'est pas un modèle ouvrier- syndicaliste du XX° siecle, même quand il brandit le drapeau rouge en courant devant les manifestants c'est parce qu' il veut le rendre à qui la perdu.;CHAPLIN, même dans ses films long métrage n'a jamais cherché à passer pour un défenseur de la classe ouvrière, n'empêche que son personnage muet de charlot crie parfois bien plus fort que certains tribun, politiques de l'époque. Ses idées et ses prises de positions ont divisées voir choqué:

" tant pis si cela déçoit, mais je dois dire que je n'ai jamais aimé que l'argent et les femmes. Faire rire les gens ne m'a jamais intéressé en soi.Fiare rire mon patron était autrement plus important pour moi: ils souriaient j'étrais content"... Je n'ai jamais intellectualisé Charlot, je suis évidement content qu'il ait plu aux gens mais  seulement parceque j'en ai vécu". c CHAPLIN .

Il n'en reste pas moins que les films de Chaplin restent des modèles pour bien comprendre comment on fait un film.

Cela dit, dois-je préciser, qu'à tître personnel, on n'est pas obligé de partager l'idéologie qu'il véhicule à travers ses films?:" il faut être en mesure de distinguer la jouissance esthétique et le jugement positif de la beauté artistique, c'est à dire l'état d'enthousiasme pour l'oeuvre d'art en tant que telle, de l'enthousiame moral, c'est à dire l'adhésion au monde idéologique de l'artiste (Antonio GRAMSCI)

*

BONNE ANNEE A TOUS ET TOUTES POUR 2009 !

Posté par uscgtaphm à 10:21 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 décembre 2008

LE BON , LA BRUTE ET LE CINGLE : LE WESTERN DE MANCHOURIE

Il ne pouvait pas mieux tomber que pendant les fêtes de fin d'année. Les amateurs des jadis westerns spagehetti de qualité "Al Dente" apprécieront ce film de divertissement qui a déjà 7 millions de spectateurs au compteur et le talent de son réalisateur Coréen KIM JEE WOON .

kIM JEE WON, 44 ans,  est le digne héritier de Sergio LEONE ( décédé en 89). Cet homme de théatre qui avait commencé sa carrière prometteuse comme comédien s'est vite distingué pour la qualité de ses scénario "wonderful seasons",et "THE QUIET FAMILY" son premier grand film qui a sonné le renouveau du cinéma COREEN.

Avec " le Bon, la Brute et le CINGLE" Kim ne se contente pas d'un hommage à SERGIO mais il revisite entierement l'ancien Film jusque dans ses moindres détails. Tout y passe et à chaque fois, il ne se contente pas de faire de la copie mais quelque chose d'original tout en gardant ce ton insolent et moqueur qui nous avait envouté .

C'est toute la différence avec un rémacke comme "les enmerdeurs".

" la curiosité me guide, j'envisage chaque long métrage comme un voyage. C'est stimulant de se retrouver en terrain inconnu" (Kim)

2 heures de séquences visuelles et sonores qui font le grand art du cinéma. Toute l'audace et la virtuosité d'un grand réalisateur pour captiver en divertissant et qui au demeurant ne manque pas d'humour.

Le tournage en Chine n'a pas été une partie de plaisir malgré un trés gros budget( 17 millions de dollars); le tournage a pris 7 mois en Manchourie.

" toutes les règles que je m'étais fixé ont volé en éclats. J'ai perdu beaucoup de temps et d'argent. Ma seule préocupation était de maintenir le ton du film entre hommage et parodie. On a affronté un climat extrème dans le désert (10° le matin , 40° l'après midi) sans oublier les tempêtes de sable. On a du construire des routes car certains terraions étaient impraticables en voiture" ( le journal du Dimanche)

Un acteur s'est cassé le bras pendant une cascade

Même si les références sont nombreuses avec les maitres du cinéma , clin d'oeil à SERGIO LEONE Bien sur, mais aussi  SAM PEKINPAH,  QUENTIN TARANTINO , il ne s'agit pas d'un film hommage mais une exportation du genre pour le redéfinir entièrement  dans un modèle asiatique original.

"Je m'approprie un genre pour mieux casser les codes et je me départis des clichés trop répétitifs pour ne garder que ceux qui m'épatent toujours"..."Il s'agissait d'un nouveau style de Blockbuster"

Côté musique, il ne cache pas son adoration pour GAINSBOURG et la musique américaine utilisé par Tarrantino (let me be missunderstood)

"Je voulais une musique qui corresponde à la course de cheval au galop dans une vaste plaine  qui m'épate toujours et à des battements de coeur qui donnent envie de danser; voilà pourquoi je me suis tourné vers les percussions d'Amérique du Sud"

Ce film est à l'image de la Corée, tout va trés vite et rien ne se passe comme ailleurs

Kim Jee WOON est un impertinent coréen plein de fougue, lucide et prudent qui sait faire preuve d'humour pour s'attaquer à l'armée japonaise, aux voyous Chinois, au gansters Coréens tout en nous faisant admirer, au passage, les paysages chinois de Manchourie et en coloriant au maximun les images d'intérieur (pour rappeler la COREE ?).

Bref, de quoi être cinglé en famille pour 2 heures de divertissement

JOYEUSES FETES !

*

Posté par uscgtaphm à 14:03 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE CHANT DES MARIEES/ LA COEXISTENCE DES COMMUNAUTES

"le chant des Mariés" de kARIN ALBOU n'est pas un film innocent qui laisse indifférent. L'Amitié entre la communauté Juive et MUSULMANE n'a jamais était un souci partagé. Faire un film qui relate l'amitié de deux ados en 1942 à Tunis pendant l'occupation Allemande n'était pas évidente ,même pour une femme.

Juifs et Musulmans cohabitent dans le même immeuble et se partagent tout, même l'eau du puit dans la cour. Une sorte de coexistence pacifique imposée par la vie dans un pays occupé avec des nazies qui font tout pour les diviser avec une propagande antisémite. Les juifs sont désignés comme les responsables de tous les maux et Tunis ne sera pas différente de la france; elle aura ses collabos et ses résistants. La communauté juive est disparate dans sa mentalité et ses comportements. Certains pensant se sauver n'hésiteront pas à s'engager dans le travail de forces. Mais au final les deux ados s'épauleront façe au vrai ennemi, avant d'être séparées par le mariage.

Si au début chacune pense que la vie de l'autre est meilleure, moins contraignante, la guerre a vite faite de renverser les rôles avant de les plonger dans un malheur commun. "Chaque personne rejeté dans la guerre est confronté dans sa propre monstruosité" Karin.... "le dernier point qui me tenait à coeur c'était de montrer que ces deux jeunes filles soumises à la même condition féminine: plus la guerre les sépare et les renvoie à une identité différente, plus elles se rejoignent dans la douleur de leur condition de femme. Cela n'exclue pas la violence des rapports des femmes entre elles: les mères reproduisent les schémas archaïques sur leurs propres filles et ont aussi leur part de responsabilité dans la persistance de cette organisation sociale traditionnelle"

" J'ai écrit ce film car j'ai souvent perdu mes amies intimes, soit après qu'elles se soient mariées, soit lorsque moi même je me suis mariée. Non que je le vive comme une fatalité, mais celà m'a amenée à réflèchir sur la force des amitiés de jeunesse, travaillées par un désir inconscient, un amour fusionnel et exclusif, un besoin pressant d'identification " Karin ALBOU ( www.unifrance.org/film)

La grand mère de KARIN était juive et avait été déchue de sa nationalité française comme tous les juifs d'Algérie, son grand père avait été épargné de la déportation grâce à ses décorations de guerre qui en avait fait un prisonnier de guerre qui finira dans une camp en Espagne.

Le chant des mariées se veut un film intimiste et pas une fresque historique mais avec un traitement visuel minimaliste de la guerre "les répercursions de la guerre sur les personnages m'interressait d'avantage que de montrer des escadrilles d'avions allemands qui bombardent Tunis".

"on a tournée dans les conditions d'un film tunisien...c'est difficile de tourner la bas une scène d'amour...Heureusement j'étais entouré de gens libres dans leur tête. Mais ça n'a pas été sans mal"

kARIN ALBOU a fait ses classes de cinéaste à l'école de PARIS. "CHUT" (1992) son premier court métrage a été récompensé. Elle étudie l'ARABE et décide de parler de l'Algérie qui était le pays de ses grands parents "AID EL KEBIR"(1999). Son premier long metrage en 2005 est "la petite Jérusalem" présenté au festival de Cannes) qui qui recevra plusieurs récompenses dont celui des jeunes talents et meilleurs espoir féminin.

*

Posté par uscgtaphm à 13:49 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 décembre 2008

MASCARADES MEDITERRANEENNES

Le premier long métrage Franco-Algérien de celui qui était connu comme un comédien de talent (canal+) et l'auteur de court métrage ( cousines) est issu d'une pièce qu'il avait montée au conservatoire.

LYES SALEM fait parti de la jeune génération des Algériens. Ayant déjà été vue en Algérie avec succès, son film "MASCARADES" arrive en France dans sa version originale sous tîtré, avant de se lancer dans la course aux récompenses.

C'est une comédie qui devrait plaire à tous les spectateurs qui bordent la méditérranée pour son côté comique, généreux, à ce public capable de ne pas se prendre la tête avec l'origine des hôtes du moment qu'ils s'adaptent gentiment à la vie du pays et à ses difficultées. Il faut juste avoir la curiosité de découvrir ce qui fait les différences culturelles afin de surmonter les barrières et la peur de l'autre avant d'aller à sa rencontre;

En sortant le grand public de son lieu environnemental direct pour l'aider à découvrir l'autre côté de la méditérranée ( même si on n'a pas les mêmes intérêt partout, ni le même idéal), LYES travaille à sa façon pour réduire les différences, les inégalités culturelles afin que la jeune génération qui a passée le cap des guerres coloniales ne restent pas étrangère les uns aux autres et donc que l'on éloigne les sources de conflits inutiles. La comédie est une façon de ressourcer la conscience humaine qui permettra non seulement de comprendre la différence de l'autre mais de communiquer pour permettre à tout le monde d'acquérir cette liberté de conscience pour mieux échanger ensemble, se comprendre, se respecter.

Le film est basé sur le thème de l'Amour et sur le poids des traditions façe à la modernité.il ne s'agit pas d'une chronique sociale sur l'Algérie; comme le précise LYES: " j'ai des choses à dire et je prends plaisirs à les dire"

L'Algérie, avec sa population de jeunes, est une société en mutation qui connait aussi des moments pénibles avec la religion et la politique. C'est sans doute pour celà que le décor est planté dans un petit village du bled où les traditions restent encore une référence de vie admise malgré ses contraintes vieillotes qui rappellent la vie des clans. LYES nous explique que c'est jamais simple quand dans sa famille le "chef" veut faire respecter la tradition du Beau mariage alors que lui même est confronté à sa femme qui veut vivre une vie normale (refus du voile) et qui tient tête à son homme, ce qui lui occasionne la moquerie des autres habitants males du bled.

La deuxième difficulté qu'il rencontre c'est qu'il a aussi la responsabilité de tout faire pour que sa soeur fasse un beau mariage ( même contre son gré). Mais là aussi c'est pas facile vu que la future "princesse" à tendance à s'endormir n'importe quand, n'importe où (à cause d'une maladie) ce qui fait fuir tous les princes charmants et même ceux qui ne sont ni jeune, ni beau, ni riche....

Il faudra une mascarade du chef pour faire croire qu'il a dégoté, sinon un Emir arabe,  du moins une grosse forturne Australienne. Et là, il constate que plus personne ne se moque de lui et de sa famille, mais qu'au contraire on cherche à se rapprocher de lui, et pourquoi pas entrer dans cette famille de futur riche . Les pésanteurs des traditions du monde musulman sont releguée derrière les nécessités de la modernité.

"L'Algérie est une société où l'autodérison est trés présente et donc on rit beaucoup de nos malheurs. J'avais envie aussi de rompre avec les sempiternels clichés: l'Algérie a droit de faire un cinéma de genre" (Lyes Salem).

Il n'est pas facile d'être un vrai artiste indépendant et créatif ne serait- ce que pour obtenir une petite critique dans un journal local ou une subvention; on peut le vérifier sur les blogs qui proviennent d'artistes peintres de là-bas, et c'est bien dommage. Espérons que des films comme "MASCARADES" ouvriront les portes et les fenêtres, à l'intérieur aussi, et que l'ALgérie toute entière aura conscience de la richesse que renferme sa jeunesse si on lui donne les moyens de s'exprimer sans contrainte.

"Embrasser le fatalisme est une façon de rencontrer le problème des rêves irréalisés aussi tragique et aussi dangereuse que l'amertume et le repli sur soi" (Martin Luther King)

*

Posté par uscgtaphm à 11:56 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2008

BURN AFTER READING: JEUX DE ROLES D'ACTEURS (RICES) SURDOUES

Bien sur que quand on voit comment les politiques de tous les pays  nous gouvernent, on se  dit que c'est une sottise sans nom et que si, par exemple, on renonçait à nos armements militaires sophistiqués et à l'espionnite aïgue, en cette période de crise économique, ça résoudrait bien des problèmes pour tous nos sans abrits.

Les  Frères JOAL et ETHAN COHEN ont suffisament montrés qu'ils n'étaient pas des demeurés du cinéma pour qu'on leurs façe crédit quand ils déclarent:

" nous avons écrit le script de "BURN AFTER READING" à peu prés au même moment où nous étions en train de travailler sur l'adaptation de "NO COUNTRY FOR OLD MEN"...L'idée de ce film est partie de notre envie d'écrires des rôles différents pour des acteurs et actrices que nous connaissons bien.

Nous pensions que ce serait amusant de confronter Georges CLOONEY, RICHARD JENKINS, FRANCES MC DORMAND et BRAD PITT".

Choisir des Stars et starlettes qui chavirent les coeurs des midinettes et font sortir les boutons aux jeunes accros de la coiffure au gel ( jadis c'était la "brillantine") est le meilleurs choix pour un tel film qui ne pose pas de question mais qui impose sa vision des choses.

Il n'est pas évident d'obtenir d'acteurs doués et intelligents, qui plus est pourvus d' un physique qui a servi leur carrière cinématographique, qu'ils acceptent de se transformer en idiot abruti, paumé, cons de la tête aux pieds:

" je ne m'attendais pas à ce que mon personnage soit un abruti au crâne vide...c'est un idiot total, mais il a bon coeur. Je considère donc ce role comme un tremplin pour ma carrière" (Brad PITT)

"Je ne sais pas pourquoi il me font faires des trucs pareils mais ce que je sais c'est que ça en vaut toujours la peine" (Frances MC DORMAND):

"Les personnages du film sont des andouilles, mais des andouilles sympas. Nous avons demandé à nos acteurs de reveiller l'andouille qui sommaillait en eux" (Cohen)

De toute la bande G.CLOONEY est celui qui a le plus l'habitude de faire la différence entre l'Homme qu'il est et l'acteur qu'il joue des rôles:

" ce film, malgré le contexte de WAshington ( les acteurs ne voulaient pas s'éloigner car certains étaient déjà occupés par d'autres films), est dabord l'histoire de gens remarquablement bêtes qui font des stupides impliquant, entre autres, le sexe" ...Leurs styles (des frères Cohen) est tout simplement le meilleur et le plus agréable...J'ai appris d'eux à utiliser les storyboards, les prévisualisations des plans et à distribuer les pages qui concernent la journée de tournage à tout le monde sur le plateau"(G Clooney)

Pour faciliter les acteurs (rices) à se mettre dans la peau physique de leur personnage, un trés gros travail d'habillage à été fait. la tenue vestimentaires bon marché pour en faire des types ordinaires, un peu loufoque, ringard genre cadre commercial (avec cravatte en laine). A certains comme Brad PITT on a été obligé d'en rajouter avec une coiffure d'actualité et tenue de sport de nouveau riche. Pour Françes ca sera une perruque qui rappellera des bons souvenirs à CLINTON et MONICA.

Quand à l'intrigue de cette COMEDIE basée sur les espions de la CIA ("secret intelligence") et les intrigues d'agents ex-secrets, les frères COHEN ne cherchent pas à exploiter les arcanes de l'espionnage et de la politique américaine actuelle ( même si Brad machonne beaucoup de Chewing-gum).

Choisir ce monde qui reste inconnue du grand public, comme d'ailleurs celui du grand besness économique de la mondialité, c'est à la fois pour rassuer le spectateur qu'il ne se sente pas attaqué d'entrée, mais pour qu'il convienne aussi, au fur et à mesure que se déroule cette histoire de déjantés, que dans le monde actuel, certains auraient tendance à se laisser  séduire par ce virtuel ou la vie se limite à sa console d'abruti, afin que l'on finisse par accepter une existence insignifiante.

Quelque part , à travers ce jeux de rôles, les frères COHEN nous expliquent, sans ironie ?,que lorsque la vie se résume à un jeux, avec sa logique et sa rationalité, on devient des"fous".

Disons pour finir que ça reste volontairement du domaine de la Comédie, mais je doute que les Cohen trouvent leur oeuvre " mineure" et ils ont raison.

*

Posté par uscgtaphm à 12:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2008

LEONORA : PRISON COCON OU CHAMBRE NOIRE ?

Le 4ème film de Pablo TRAPERO dure presque 2 heures avec pour décor une prison pour femmes qui a cette particularité d'être réservée aux femmes enceintes qui attendent d'être jugées .

C'est un lieu d'enfermement différent de celui des hommes, avec cependant des attitudes de détenus (es) similaires ( violence, mutinerie, sexe). Comme le dit MARTINA GUSMAN (Julia) " ça reste un lieu terrifiant. On entend toujours des bruits de portes, des cadenas. La vue bute sans cesse sur des murs. L'horizon manque, les couleurs sont grises, les odeurs affadies. Tout ce que l'on touche est froid." une sorte de chambre noire. Mais, à part une minorité, la majorité des détenus (es), coupables ou innocents, aspirent " plutôt à vivre en paix et le mieux possible". La prison pour femmes se distingue de celui des hommes par les visiteurs ( trés peu d'hommes viennent rendre visite aux femmes alors que beaucoup de femmes vont visiter les leurs en prison). C'est sans doute cette solitude qui conduit les femmes - mères à instaurer une sorte d'assistance maternelle qui transforme ce lieu de détention en cocon garderie, dans laquelle on se passe les vêtemenst pour bébé, les jouets ,etc. Le temps pour profiter de leurs enfants leur est compté ( 2 à 4 ans maxi après la naissance).

TRAPEIRO oriente son film, non sur l'innocence ou la culpabilité de cette  jeune mère incarnée par Martina GUSMAN mais sur sa façon de se comporter en tant que femme libre (elle se lie d'amitié avec une autre détenue) et en tant que mère qui se satisfait de cet emprisonnement du moment qu'elle peut profiter pleinement de la présence de son enfant même si elle redoute de le voir grandir.

Le seul personnage dont on est certain de l'innocence c'est l'enfant ("Thomas" comme le saint qui croit que ce qu'il voit) qui est victime de cette mère qui devient (malgré elle?) possessive; sa jeune vie et celle d'un détenu qui depuis sa naissance ignore ce que peut être une vie libre dans un décor naturel avec un vrai entourage famillial. Son seul terrain de jeu est jalonné de barreaux.

C'est après l'intérrogation de son fils en passant, en voiture, devant une prison pour femmes (U I 31) que TRAPEIRO dit: "je me suis senti coupable de ne pas m'être intéressé avant à cette réalité...Il m'a paru évident de faire ce film (LEONORA) dans ce cadre parce que mon personnage pouvait y apprendre à être mère et à survivre";

Pour complèter les réflexions des spectateurs il rajoute une seconde femme, incarnée par ELI MEDEIROS qui incarne la mère de la détenue (julia). Cette femme qui apprend quelle a un petit fils quitte la France où elle s'était expatriée ( sans chercher à aider sa fille), pour venir chercher le garçon, contre la volonté de sa fille.

Qui de la mère ou de sa fille est la plus détestable?; la quelle des deux rend le plus service au petit Thomas? C'est à ces réflexions que nous pousse le réalisateur dans nos retranchements. Et pour corser le tout, il complique la chose avec la sortie libre de l'amie de Julia ( pourquoi n'aide t-elle pas sa petite amie, encore détenue, à garder son fils?) Ce qui avec l'enlèvement de son enfant, provoque un rejet subit de la prison et en fait une lionne qui ne se soucie plus du tout de sa rédemption qu'elle semblait accepter lorsqu'elle était encore enceinte.

TAPERO essaie de ménager les émotions du spectateur  afin que le combat de cette mère ( courage ?) ne lui fasse pas oublier tout le reste pour porter un jugement de valeur. Comme dirait ARAGON:

"Il n'est pas indifférent où un tableau terminé tombe, et quel décor le prolonge et l'achève. Il n'est  pas indifférent pour un artiste de voir son oeuvre sur une place publique ou dans un boudoir, dans une cave ou dans la lumière, dans un musée ( une salle de cinéma) où à la foire aux puces".

Si votre réflexion se limite à savoir si Julia est innocente ou coupable des crimes dont on l'accuse, vous ressortirez forcement trés déçus.

*

Posté par uscgtaphm à 11:28 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 décembre 2008

POUR ELLE: L'AMOUR AIDE -T-IL A REFLECHIR SUR LA VIE ?

"L'homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert" (A.musset)

Un premier film est toujours compliqué à faire. A 40 ans FRED CAVAYE se lance dans l'aventure, en prenant soin quand même de s'entourer de gens compétents, ce qui quelque part rassure. C'est son ami GUILLAUME LEMANS,scénariste lui même, qui lui a  donné l'envie:

"En travaillant avec Guillaume, en puisant en chacun de nous, nous avons nourri le film. Nous sommes trés complémentaires et il a eu la grande intelligence de me laisser m'approprier le sujet pour que ce soit vraiment mon film". ( ils ont travaillé chacun de leur côté avant de confronter leurs idées).

Il y a dans tout premier film une part d'autobiographie. Pour CAVAYE c'est son père qui semble avoir servi de modèle d'homme sans doute "dense et rapeux, sincère et entier" comme il dit.

" J'ai eu deux grands père qui étaient courageux; l'un a été résistant, l'autre pas. Dans une situation donnée qu'est ce qui fait qu'on franchit le pas....Malgré tout ce que l'on peut dire ou croire, la réponse , la vraie ne se trouve qu'au pied du mur. Sous l'occupation certains résistaient d'autres- des gens bien aussi- non; j' aimerai être de ceux qui bougent mais je n'en suis pas sur"

Sa façon à lui de se démarquer de l'autobiographie traditionnelle c'était que tous les élèments s'imbriquent sans en être l'axe central de l'histoire. Un prof qui devient ganster par amour ( pour faire évader sa femme dont il ignore si elle est vraiment innocente du crime dont on l'accuse) est -il vraiment courageux et intelligent lorqu'on sait qu'il a un fils en bas age à qui il risque aussi de gâcher sa jeunesse?.

Comme tout débutant on est forcement amené à commetre des erreurs. CAVAYE a su là encore s'entourer de gens d'expériences et de talents comme Vincent LINDON qui n'a pas hésité discuté chaque fois qu'il n'était pas convaincu des choix pour une scène par exemple le choix de mettre dans les main de ce prof, quelqu'un de tout à fait normal, un fusil à canon scié plutôt qu'un simple pistolet.

"Nous avons eu des discussions véhémentes mais il n'est pas buté. Je dois reconnaître qu'il avait souvent raison" (F.G)

Pareil avec son autre ami OLIVIER MARCHAL (auteur de polars): " il m'a dit OK ( pour jouer un taular) mais il me faut du texte. J'ai retravaillé le scénario et hop, sept pages de dialogue !"

Il n'en est pas allé autrement pour DIANE KRUGER (lisa): "avant d'accepter elle a attendu de me rencontrer pour discuter de ce que je voulais faire du personnage....avec son intelligence du texte, dans toutes les scènes d'émotion elle a  été formidable; c'est elle qui a eu l'idée de montrer lisa au téléphone en train d'apprendre qu'elle va rester en prison. Cela ne figurait pas dans le scénario, je me demande maintenant pourquoi?".

Au départ Cavayez n'était peut être pas convaincu qu'il fallait de la musique. Mais lorsqu'il a fait appel à KLAUS BADETTE (compositeur en vogue d'Hollywood) qui a regardé son film, les choix qu'il a fait se sont vite révélès un plus:

"sa musique ne surligne pas, elle s'inscrit dans l'intensité et l'émotion de la scène et la porte à un niveau supérieur. ...Je retrouve maintenant les émotions que j'avais pendant l'écriture. Sa musique matérialise et transmet toutes les indications qui étaient en marge du scénario.Tout d'un coup, c'était comme si la didascalie* se retrouvait à l'image" (http://www.allociné.fr)

"POUR ELLE" est un film qui montre que parfois on peut être amené à faire des choses dont on ne se sentait pas capable, même par amour. Pour autant ça ne répond pas à la question de savoir si on peut appeler cela du courage ?

" réfléchir sur la vie -la vie en face de la mort- sans doute n'est-ce guère qu'approfondir son intérrogation. Je ne parle pas du fait d'être tué, qui ne pose guère de question à quiconque a la chance banale d'être courageux, mais de la mort qui affleure dans tout ce qui est plus fort que l'homme, dans le veillissement et même la métamorphose de la terre, et surtout l'irrémédiable, le :

Tu ne sauras jamais ce que tout cela voulait dire" (MALRAUX)

* Didascalie = limite l'arbitraire de l'acteur et du metteur en scène en décrivant chaque personnage qui doit intervenir dans un heurt dramatique.

*

Posté par uscgtaphm à 14:17 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1