ESPACES interculturels CINEMA

Plus seulement des spectateurs privilégiés mais des regards critiques sur tout ce que l'on nous donne à voir au Cinéma sur ses problématiques et son rôle. Ecouter -voir ce qu'est la vie.

30 avril 2009

THE PLEASURE OF BEING ROBBED: La mélancolie comme plaisir

En réouvrant ce blog je m'étais promis de me pencher sur le futur du cinéma. Le film " le Plaisir d'être volé" est l'occasion de voir ce qui se trame dans la nouvelle génération.....

Ce premier film avait été présenté en fin de festival de CANNES en 2008 et sort à présent sur grand écran. jOSH SAFDIE est un jeune New-yorkais qui, avec son frère, ont été toute leur enfance traumatisés par une caméra que tenait leur père obsédé d'archiver au quotidien le vécu de ses enfants 24 h/24, y compris quand ils dormaient. Comme le dit JOSH: " cela a compromis toute perspective de vraie vie et de principe de réalité" et c'est pas la mère qui les voyaient les week-end  que pour leurs rappeler qu'ils devaient être à l'heure en permanence qui pouvait rompre ce sentiment d'isolement et de solitude ambiante.

Passer, à leur tour, de l'autre côté de la caméra a été une façon pour eux d'epprouver une autre façon de voir la réalité afin que la caméra ne soit plus une entrave mais un moyen d'aller vers l'autre.

Dans la période d'apprentissage qui s'en est suivi qui est aussi la période où on choisit ses influences, Josh cite en référence le LIVRE devenu un film "ZAZIE dans le métro", " mouchette " de BRESSON et "WANDA" de BARBARA LODEN, mais surtout, dit-il des amies, trés rêveuses et une voleuse aussi qui se voulait artiste et qui volait tout ce qu'elle trouvait pour faire son propre cinéma . Ces influences se sont répercutées sur leur façon de vivre dans une sorte d'anarchie libertaire. tout ça pour déboucher sur des films courts, puis ce film de 1 h 11mn de "Vieux enfants" comme ils se définissent. Côté technique, cela va se traduire par l'emploi de caméra à l'épaule suffisament discrète pour ne pas attirer l'attention des personnes qu'on filme à leur insu dans les rues de New -yorck, sans demander aucune autorisation à personne. Pour la musique, Il choisit "Thémolonious MONK" avec un morceau "triste et fou, loufoque et souple comme son auteur" ainsi qu'un morceau de BOB DYLAN : "TELL ME THAT IT ISN'T" qu'il a écouté pendant qu'il écrivait son scénario. Eléonre Hendriks, en plus d'être l'héroine, a participé au scénario pour la partie improvisée des Dialogues "mon implicarion dans le projet a constamment influencé les idées et l'écritude de Josh".

On peut donc dire que ce premier film sans être autobiographique , même si le réalisateur apparait dans le film, n'est pas un roman DE FICTION, ni un manifeste  nouvelle vague.

Eléonore est une libertaire qui vole dans l'espoir de trouver chez les autres le moyens de confronter avec eux les gouts de chacun, ou tout du moins, un petit quelque chose -tout et n'importe quoi- susceptible d'établir un échange qui rapproche tout le monde et brise sa solitude et ce qu'elle resent comme un isolement. Voler pour elle c'est le seul moyen qu'elle a trouvé à sa portée pour aller vers l'autre. Cela est conditionné sans doute par son caractère désinvolte, son esprit curieux et sa personnalité quelque peut désaxée dans le réel de  la vie New-yorkaise quand on ne se sent pas vraiment une artiste/poéte qui s'assume complètement, à travers sa pratique artistique (ses oeuvres). Elle ne pretend pas être ni Robin des bois, ni Arsene LUPIN..../

"D'après moi,l'objectif de ce film est avant tout la Distraction, avec tout ce que ça implique d'avantages et d'inconvénients. On est tous naturellement déprimés, le tout étant de savoir combien de temps on peut se distraire, combien de fois on peut à la fois être heureux et rendre quelqu'un heureux" (Josh SAFDIE).

Ce film sur la solitude donc , dans ce quelle a de meilleur, ou de moins pire, est une façon de jouer avec le réel pour en extraire des morceaux de moments poêtiques et lyriques qui font rêver qu'une autre vie est possible et que c'est ça qu'il faut chercher à archiver .

ELEONORE HENDRICKS dit que son personnage vole "juste pour savoir ce que cachaient les autres" qu'elle croise sur sa route, sans trouver qu'elle franchie les limites de cette société de fantomes, dans l'espoir, qu'au final, elle parviendra à se construire différement d'eux.

"Elle est en quête de soi même même si elle peut passer pour une menteuse, je pense qu'elle  est plus une sorte d'artiste, une commédienne qui bouleverse nos existences. Peut être parce que d'une certaine manière elle remplit ce vide que nous avons en nous..."dit jOSH, ce à quoi Hendriks précise:

"enfin pas vraiment avec tout le monde. Elle n'est pas toujours consciente de ce qu'elle fait. Il y a un  catalyseur mais il ne fonctionne pas à tout les coups".

Eléonore est un petit poucet de la jeunesse d'aujourd'hui qui laisse derriere elle des petite pierres de mélancolie face au mur d'incertitude qui se profile à l'horizon.

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28 avril 2009

ROMAINE PAR MOINS 30: des femmes qui n'ont pas froid aux yeux

La décénnie des femmes 1965-1975 s'est battue pour la libre disposition de leurs corps, la maitrise de la fécondité, le choix de leur mode de vie. Cette bataille pour l'égalité entre les sexes est loin d'être terminée, il n'est qu'à voir les réactions papales de l'église ou la montée des violences subies par les femmes (168 décès par violence conjugales en 2007 en France).

En cette periode de vacances scolaires, et à quelques jours du Festival de CANNES, il ne faut pas s'attendre à des sorties de film autres que des "comédies de divertissement". Mais, comme je l'ai dit dans les précédents commentaires, les films de femmes sont suffisamment rares pour que l'on note leur présence et un intérêt cinématographique qui n'est pas moindre....

Agnes OBADIA a repris pour ce film son Héroine "ROMAINE" qui, moi, me fait penser au personnage BD d'"Agrippine" de Claire BRETECHER, car comme le dit Bretecher "Toute ressemblance avec de vraies personnes existant dans la vraie vie ne serait donc pas forcement une pure coïncidence". Mais si les aventures d'agrippine sont basées sur la vie parentale, l'aventure de Romaine est celle d'une femme qui a atteint la trentaine et qui reste frustrée par son mariage aprés seulement 3 ans, c'est comme une prière quelle fait dans l'avion pour que ça change. Elle pense bien faire à l'avouant à son fiancé dans l'avion qui risque de s'écrasser sur le sol Québéquois à Noël, mais son chéri en profite pour la larguer aprés l'attérissage par moins 30. Désormais pour Romaine, querelles et ambitions se trouvent comme assourdies par la neige et le froid du grand nord, un froid qui loin de l'engourdir va réveiller ses sens de femmes libérée. Les aventures qui se succèdent pourraient s'intituler " les malheurs de Romaine" ou " à la recherche du temps perdu". Au final on retiendra qu'il faut avoir eu trés froid pour bien apprécier la simple et chaude vie qui s'offre à nous, lorsqu'on est sous la pression des évènements et d'un milieu ambiant, pas toujours accueillant, dans lequel le décor respire le calme pendant que la tempête secoue votre vie.

Obaldia a choisie la formule esthétique de faire évoluer son héroine comique dans une atmosphère réaliste pour nous offrir une vision incongrue, inattendue, insolite afin de provoquer le fou rire et étonner les spectateurs, pour qu'au final, eux mêmes, ne soient plus tout à fait les mêmes, ni tout à fait différents de Romaine.

Le choix de Sandrine KIBERLAIN pour incarner cette jeune femme burlesque, drôle et tendre s'est révélé un choix judicieux: "J'avais trés envie de voir ce qu'elle allait en faire...J'adore Sandrine depuis longtemps, son humour n'est pas d'apparat. Elle est élégante sans chercher à l'être. Elle a la grâce tout en jouant la maladresse....C'est une fille miroir dans lequel on peut se regarder et se reconnaitre. Elle est émouvante et ridicule en même temps et en s'identifiant à elle, on en arrive à se moquer de soi même...C'est une fille d'aujourd'hui qui fonce, qui tombe, et qui se relève..." Sandrine subit une grande partie du film mais c'est voulue :" je voulais la rendre encore plus chiffonnée et la secouer comme si elle était passée dans une machine à laver".

Côté tournage on relèvera l'exploit de tourner par moins trente, avec la neige: "tourner par moins quinze ou trente demande plus de temps et exige une infranstructure plus lourde qu'en temps normal. Lorsqu'on passe de l'interieur à l'extérieur on met 45mn à réchauffer la caméra et à désembrumer toutes les lentilles. C'est plus fatiguant aussi pour toute l'équipe québécoise du film" (certaines scènes ont été tournées la nuit quand "même parler devient une épreuve car ne serait ce que bouger les lèvres se révèle de l'exploit".

iL fallait des femmes qui n'aient pas "froid aux yeux" pour imaginer une pareille histoire dans le grand NORD; Agnés OBADIA et Sandrine KIBERLAIN méritent qu'on leur porte un certain regard.

Si vous aimez les personnages louffoques comme Agrippine vous aimerez ROMAINE/SANDRINE , sa fantaisie et son exotisme et la façon d'aborder le thème de l'EMANCIPATION féminine.

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23 avril 2009

les 16 de BASSE -POINTE :Quand le passé éclaire le Présent

Il est comme ça des Documentaires qui sont utiles pour comprendre les évèments qui se déroulent loin de nous et prés de chez nous aussi. Le département des Antilles a été ces derniers temps avec la Guadeloupe à la une de l'actualité sociale avec malheureusement la mort d'un syndicaliste qui n'est pas sans rappeler comment ces Français de là-bas doivent sans cesse se battre pour faire valoir leur droit au respect de leur Dignité au travail, comme dans la vie du quotidien.

"LES 16 de BASSE-POINTE" ne vous dira rien de la Beauté des ANTILLES, mais vous en apprendrez beaucoup plus que dans les manuels d'histoire scolaire, censés traiter de "l'Histoire de France", sur quoi repose cette histoire. A travers lui, on comprend ce qui a forgé cette conscience ( de classe) des Antillais, car c'est bien à partir d'un processus de vie réelle que se développe un processus vital qui a des échos idéologiques de différentes classes. En 1947, c'est leur mode de vie des  travailleurs de Basse-Pointe qui va forger leur "conscience" en passant des contraintes du travail (beaucoup de fatigue et de mépris pour peu de rénumérationet de reconnaissance) à la reconquète, toujours actuelle, de cette dignité à vivre une vie meilleure comme une nécessité vitale, en passant- comme pour les 16- par la privation provisoire de la liberté sous le règne d'une puissante justice que les gouvernements en place veulent rendre aveugle  et qui entraine, comme aujourd'hui : des réactions violentes de la part de celles et ceux qui, victimes innocente d'un système ( capitaliste) en faillite, estiment qu'ils( elles) n'ont "plus rien à perdre".

Pour être apprécié d'un grand public, Même un "Documentaire" ne peut pas se permettre de simplement témoigner des évènements , soixante ans plus tard;  surtout quand on vise la sortie en salle comme pour un Film de 1 heure 48. C'est tout le mérite de CAMILLE MAUDUECH d'avoir su narrer une telle histoire à tiroirs avec talent pour son premier GRAND film. Comme elle le rappelle dans sa "note d'intention" sur le site officiel:

Au départ il s'agit de faire une enquête "sans obligation de résultat" (bien quelle soit créole ce n'est pas évident d'obtenir que l'on rompe avec 60 ans de silence)" Parfois glaneuse de souvenirs, pas à pas...Ma voix, mes questionnements, mes interrogations, mes suppositions, jamais mes certitudes, jalonnent la narration comme un liant, un ciment entre les pièces du puzzle".

De fait, on remarque que parmi les qualités cinématographiques,  ce film repose sur une solide documentation. Il se base sur ce qui ressort de la mémoire des Antillais et de ceux qui ont été partie prenante d'une partie de cette histoire ( les communistes qui ont aidé à la défense des accusés et à l'orientation de ce procés sur la mise en accusation publique du colonialisme français autant que sur l'abscence de preuve contre les 16.), sans occulter la version officielle du Ministère public pour porter ses accusations. Les contradictions des uns et des autres, les non dits et les "on dit" ajoutent au suspens du résultat recherché. Côté artistique, le choix de la mise en scène est parsemée, à bon escient, par les interwiews  de témoins mais aussi d'avocats et de Martiniquais. D'autres reprocheront la présence constante du fond sonnore musical et le fait que la réalisatrice apparaisse , à travers son rôle d'enquêtrice comme une partisane (moi je pense plutôt que c'est un reproche qui se conçoit chez une enseignante. je préfère  celà à la fausse attitude pour ne pas dire l'hyppocrisie de certains autres qui font semblant de croire que les mots et les images  sont neutres). MAUDUECH ne fait pas l'impasse sur l'analyse nécessaire des implications sociales, politiques, raciales et économique qu'un tel système colonialiste (ou patronal aujourd'hui) entrainent... Camille MAUDUECH est une enseignante mais aussi une cinéaste qui s'est déjà distinguée dans plusieurs documentaires et court métrages .

Au final, si on regarde les procés politiques qui se déroulent en Amérique, pendant la même période, on retient aussi que notre Justice n'était pas aussi aveugle qu'on voulait la voir ( même si les médias de l'époque (presse en particulier) ont occultés ce procés qui pourtant s'est déroulé dans la grande ville de Bordeaux et  le jugement qui a été rendu). En ce sens, on peut se demander si, indirectement, cette presse et les médias ( "journaux" au cinéma  avant le grand film) ne sont pas, directement coupables de la répression policière des forces de l'ordre exercée à chaque conflit social sur  les îles et ici aussi (1961 grève 3 morts,I968 1mort, Fin 74 I mort, année 80 " plus jamais ça"...).

Au début du Film Camille dit: " LA MARTINIQUE C' EST UNE COCOTTE MINUTE"

Sur une des photos de l'époque on voit une banderolle portée par des manifestants où sont incrit deux mots : "Pain "- "Liberté" ; ce documentaire des 16 est devenu, quelque part aussi, notre "Conscience" de Français tout court qui savent ce qu'être "solidaire" veut dire.

Aujourd'hui la plantation  est devenue une luxueuse résidence hôtelière ; pas sur que certains touristes résidents ou de passages ne se considèrent pas encore comme des "Maitres" qui veulent prolonger, avec le grand patronat, cette histoire coloniale? raison de plus, si vous voulez savoir de quoi il en retourne, d'aller déjà voir ce film dans les quelques salles qui le projetent en attendant de pouvoir se rendre en Martinique.

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21 avril 2009

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE: L'horreur et la haine

Sans le questionnement d'Olivier à propos du film "Philosophi of a knife" dont je vous invite à aller lire son commentaire sur son blog / http://cinemadolivier.canalblog.com/ j'aurai éprouvé beaucoup de difficultés à Faire un commentaire sur le  Film de WES CRAVEN qui sort ce mercredi en salle.

Pour son premier long métrage "la dernière maison sur la Gauche", ce n'est pas sa façon de le traiter comme un documentaire (influencé par le film d'ingmar BERGMAN "la source") qui pose problème (quoi que) et qui, semble -t-il, a posé beaucoup de problèmes aux spectateurs puisqu'il a été censuré, remonté et interdit en Angleterre et en Australie, après avoir provoqué à sa sortie des évanouissements de spectateurs, des crises cardiaques et des délires pour d'autres qui voulaient détruire carrément les copies du film, mais le message qui fait du réalisateur autre chose qu'un  simple cinéaste, choquant et immoral. Même si ça ne semble pas être le cas de CRAVEN et ILIADIS, on peut se demander si parfois ces Réalisateurs de films fictions ne cherchent pas à travers ce genre de film "la preuve de leur existence par les cris de leurs victimes " comme dirait une spychologue?

:"On m'a dit  que c'était l'oeuvre du Diable. Certains  de mes proches ne voulaient plus me laisser seul avec leurs enfants". (CRAVEN).

On se demande ce qui se serait passé si ces spectateurs étaient allé voir "Philosophy of a Knife"?

Dans le film de Craven il y a un désir de vengeance de l'héroine et un instinct basique de l'être humain qui la fait recourir à la violence qu'il n'y a pas chez les victimes de "l'unité 731". Et quand on regarde l'actualité de notre quotidien, on voit que va s'ouvrir le procés d'un délinquant et d'un SDF alcoolique pour le crime des 2 étudiants français à Londres(2008) qui ont été torturés (250 coups de couteaux) pour une carte bleue! ce qui laisse à une des mère: "un mélange de souffrance et d'incrédulité..sans doute parce que ce drame revêt un caractère irréel".("le journal du dimanche")

Si on écoute ce nouveau PRODUCTEUR de fiction, c'est sa façon à lui de dénoncer la violence:

"Le cinéma américain ne la montrait pas (en 1972) telle que je la voyais aux actualités avec les images sadiques de la guerre du viet-nam, qui provoquaient en moi colère et répulsion. Je voulais regarder l'horreur en face. On invente toute sortes de mythologie pour légitimer le fait de ne pas affronter la vérité, qui est laide et douloureuse. La violence est un problème grave. Plus on la rend séduisante, plus elle apparait comme une solution facile. Ceux qui ont le pouvoir exhortent nos jeunes à commettre certains actes, soit disant pour devenir des héros. Ils reviennent détruits" (extrait du "journal du Dimanche" article de stéphanie Belpèche). Il a tourné son film en continu pour être "plus éfficace et plus choquant".

Si on le compare à "philosophy of a Knife" qui ne traite pas du même sujet mais du même genre: la violence à outrance, c'est sur que certains spectateurs vont trouver "la Dernière maison" moins choquant, plus ethétiquement cinématographique, mais  je ne suis pas certain qu'il soit moins immoral?.

En fait, on se rend compte que la haine, si parfois elle tranfigure un être ordinaire, c'est pas évident qu'en la faisant ressortir à travers un film de fiction, cette violence aide à vaincre l'indifférence des spectateurs (ni même celle du réalisateur qui se croit au dessus de la critique).

Cela ne veut pas dire que je partage pas ce que disait B.SPRINGSTEEN : "Protester contre la violence, l'impérialisme, les bonnes moeurs et la cruauté du système èlaboré à WASHINGTON (et partout ailleurs) ne peut se faire que par la même violence. La violence des textes, c'est à dire leur évidence".

C'est façile et commode de penser en regardant ne serait-ce que la bande annonce de "Philosophy.." que les japonais seuls ont torturés de la sorte pendant la guerre mondiale et que donc ils sont tous tout mauvais.(Ca pose la question de ce qu'il faut faire pour qu'un dialogue soit politquement juste)

Ce genre de film, pour qui aura la patience d'endurer ses quatre heures d'horreurs sous la torture, court le risque aussi de faire croire qu'il n'est pas possible d'affronter la réalité (il est situé dans un lieu abstrait: l'unité 731, un monde clos.Ce qui est un peu pareil quand on tître l'autre film " la derniere maison...").Faut il rappeler ce qu'était la torture de "la roue" au moyen age devant un large public ou plus prêt de nous les "guillotinés" en place publique !

Faut-il aller voir "la dernière maison..." du réalisateur Denis ILIADIS? NON si c'est pour exorciser sa peur de la violence et sa mauvaise conscience à croire que la peine de mort reste une solution (autant vous rendre à Lourdes tout de suite).

Olivier me posait la question de ce que je pense du film "Philosophy of a knife" (que je n'irai voir); je ne sais pas si ma réponse, toute personnelle, va le satisfaire mais je préfère les vrais reportages où les réalisateurs ne se planquent pas derrière la caméra de fiction pour se déculpabiliser eux même en culpabilisant les autres.

Voici ce que disait le Reporter Michel PARBOTpour qui j'ai un vrai grand respect :

" sur le terrain, je ne fais pas de second dégré. J'ai trop de chose à assumer: ma survie, ma sécurité, le bon état de ma caméra et la lancinante question de l'expédition du film. De toutes les situations critiques que j'ai traversées, je m'en suis toujours tiré en me fixant sur ma fonction, mon métier. Ma technique consiste à prendre le contre pied idéologique, ne serait-ce que pour "bien voir" dans l'oeil de la caméra:avec les marxisteS je me réfugie dans lm'anti-marxisme, avec les fachos, je suis marxiste. En régle générale, je ne me pose jamais de question philosophique ou éthique sur le terrain, jamais!. Je me refuse à l'extrapolation sensible, je m'efforce de voir "à plat", au premier degré. Je suis le premier spectateur de mes rusches, au grand étonnement des monteurs. On pratique un mêtier à double détente, on tourne avec son ventre, on monte avec sa tête. On tourne d'une façon primaire, viscérale, on enregistre brut. Aprés vient l'élaboration.

C'est au  retour, dans ma baignoire, le matin, par exemple que je réflèchis, que je me laisse entrainer dans le grand flash back. Mais je ne suis pas en situation, c'est moins grave...Voilà pourquoi, je suis heureux d'avoir un chez moi, une maison dans les Landes, ma famille, mes enfants. Ce furieux bonheur d'avoir les miens est vital. Sans cela, comme de nombreux confrères, j'aurai peut être craqué, emporté par la folie.

Sur le terrain, il faut se protéger, sinon tu chiales ou tu trembles... et c'est embêtant de trembler quand tu tiens une caméra, il faut se barder, s'aggriper à soi même.Pendant 8 ans, j'ai décroché, et je crois que le  grand reportage de guerre, de castastrophe, de merde, ne peut pas se pratiquer au delà de dix ans. Après, on franchit la frontière de l'étrangeté, on sombre, on dégringole. Je n'ai jamais trouvé de réponse satisfaisante à donner aux amis qui m'interpellent sur cette apparente indifférence du calméramen reporter... tous ces morts, toute cette saloperie qui défilent dans tes yeux, dans ta machine; toute cette misère qui te traverse sans te bouleverser immédiatement...cette dualité, sur le terrain, dans la folie de la guerre, chacun la vit. J'ai vu des secouristes internationaux, des médecins, pratiquer le choix médical, sauver celui-ci et pas cet autre. Moi reporter, je suis là et je filme, je regarde, je témoigne de cette réalité. Ma responsabilité est celle du témoin?"( in " Corto"n° 1)

J'ai pour ces grands reporters de guerre (photographes et cinéastes) le plus grand respect mais pas de l'admiration pour leur mêtier alors que je ai trés peu de respect pour les auteurs de "Philosophy of a knife" ou "la dernière maison sur la gauche" mais beaucoup d'admiration pour le cinéma de fiction quand il remplit son rôle social en restant une pratique artistique.

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17 avril 2009

ERREUR DE BANQUE & OSS II7: DES PLACEBO POUR LA CRISE

En temps de crise les humains aiment bien qu'on les sortent de leurs réalité quotidienne. Cette "mise à distance" leurs est permise par" les films comédies".En allant au cinéma, on se situe provisoirement ailleurs; hors de portée des désirs et des craintes du quotidien. Un sorte de jouissance éphémère par procuration, qui ne nécessite aucun engagement personnel. On savoure dans l'obscurité de la salle le bonheur que l'on désire ou le malheur auquel on a échappé (On rit ou on pleure et même parfois les deux quand on est confronté à un " chef-d'oeuvre" de comédie comme par exemple les films de CHAPLIN).

C'est ce qui fait comprendre aussi que le Cinéma n'est pas un art de communication mais une des formes symboliques de la culture et une pratique artistique qui n'a pas forcement en toute occasion une fonction sociale. En l'occurence la commedie de divertissement s'avère souvent être un "placébo" lorsque on redoute les nécessités qui régnent sur notre vie présente.

Pour autant , toutes les comédies de divertissement ne présentent pas la même efficacité sur les "spectateurs". C'est un peu ce qui ressort avec les succés grand public ou les "bides" (en nombre d'entrées). Actuellement c'est la "comédie de copains" ("Buddy" avec des héros qui ont pour nom DUJARDIN, Dany BOOM, GAD ELMALEH...); c'est moins évident pour les humoristes féminines qui pourtant ont autant, sinon plus, de talent).

"ERREUR DE BANQUE " et "OSS 117" ( Rio ne répond plus) sont deux comédies différentes qui font parties de ces comédies de copains en vogue ( Jean pierre Darroussin et Gérard Lanvin  pour le premier et Jean Dujardin pour le second), mais à la différence de certains films où on exploite le filon pour réaliser des profits sans se casser la tête, là, on peut dire que les réalisateurs n'ont pas fait dans le n'importe quoi ; pour parler comme un Critique ça n'a rien de "pochades" comme "le CHIHUAHUA de Beverly hills"par exemple. Les deux films reposent sur une intrigue avec le souci du dialogue , des images, du son; bref tout ce qui peut faire qu'une comédie, même légère soit plaisante à voir et à revoir plus tard.

"L'erreur de BANQUE" a  demandé l'observation des grandes et petites banques pour étudier les comportements différents vis à vis de la clientelle: Comme dit Gérard LANVIN , même là "on ne réussit pas tout seul": "il faut être honnête envers soi et ce que l'on fait.;;;sI je n'ai pas Daroussin en face de moi, je fais quoi tout seul?...Un acteur ne fonctionne que sur la réplique." Dans son rôle de Julien il a aimé: " sa naiveté. On aimerait tous croire que bien se comporter entraine la réciprocité; c'est une erreur. Quand on donne il ne faut jamais espérer recevoir en retour.....J'admire son tempérament positif, il en profite pour réaliser un vieu rêve" "J''ai trés peu d'amis;Des petItes gens qui ont l'honneur, la grâce et l'authenticité d'être des héros parce que leur quotidien est difficile, mais qui le vivent pleinement. Dans le cinéma, j'ai beaucoup de copains...mais ce ne sont pas des amis" ( extrait de "Point de vue').Sans l'avoir cherché, ce film de divertissement est en plein dans l'actualité.

Le second "OSS 117" est un pastiche des films d'espionnages du début des années 60; Si on a pas vécu cette époque il est difficile d'apprécier tous ce qui constitue ce film au niveau choix des décors, des musiques, des scènes choisies qui sont tous des clichés d'anciens succés, ce monde idéal, paternaliste, colonial et raciste qui sort à peine de son passé pendant l'occupation. Pour Dujardin le succés avec son public durera tant que celui-ci "percevra l'honnêteté de mes choix. Et tant qu'il sentira que je ne fais pas tel film pour des raisons uniquement commerciales. Faire " des coups" ne m'intéresse pas"...."^même si l'histoire est bonne, faire " un coup avec Gad Elmaleh, Dany BOON et autres stars populaires et avec tout le monde ne m'interesse pas"" j'ai refusé le rôle qu'on me proposait dans les "CH'TIS" par, appelons ça l'instinct. J'ai un pif énorme pour prévoir la carrière que feront les films! Et celui-là, je me voyais pas dedans.et puis j'avais le choix et j'ai dit Oui à un rôle qui, sur le papier, m'attirait plus. J'ai été trés heureux pour Dany à qui je parle de temps à autre. Aucun regrét, sincérement"..."Mon personnage d' OSS 117 trouve tout ce qui prétend "bouger" suspect. Et tout ce qui propose un point de vue différent aussi. Alors il tape avec la même énergie et bonne humeur sur les les jeunes, les femmes, les gaucvhistes, les juifs... Mais le rire qu'il provoque n'est pas sain. C'est exclusivement de lui qu'on se moque". ( extrait du journal du dimanche")

Comme dit WALTER BENJAMIN , même dans les comédies: "En procédent à l'inventaire des réalités par le moyens des gros plans; en soulignant des détails cachés dans les accessoires familiers, en exposant des milieux banals sous la direction générale de l'objectif, si le cinéma d'une part, nous fait mieux voir les nécessitées qui régnent sur notre vie, il aboutit, d'autre part à ouvrir un champ d'action immenses et que nous ne souspçonnions pas"

Reste au spectateur à rester lucide dans ce qu'on lui montre et à réagir avec conscience une fois le film terminé.

Bon divertissement !

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14 avril 2009

DANS LA BRUME ELECTRIQUE:BEAUTE ET MISERE DE la LOUISIANE AUTHENTIQUE

Bertrand TAVERNIER n'a jamais caché son attirance pour l'Amérique et le respect des cultures des Etats qui la compose. Ajoutez-y le talent du réalisateur, le jeu des Comédiens et une adapatation d'un livre toute aussi brillante et vous obtenez une oeuvre cinematographique complète.....

A certains moments, quand on lit tout ce qu'il lui a fallu surmonter pour faire ce film((41 jours de tournage et 2 ans de montage), on se demande si le Français TAVERNIER n'avait pas eu les tripes d'un cinéaste qui n'a plus grand chose à prouver, comment il aurait pu s'en sortir avec ce projet?

Confronté à des adaptateurs Américains (Jerzy KROMOCIOWSKI et Mary OLSON puis James lee BURKE le co-producteur) et aux exigences de TOMMY lee JONES L'acteur vedette, TAVERNIER a eu beaucoup de difficultés à faire comprendre qu'HOOLIWOD n'est pas toute la planète américaine et qu'il y a des Etats qui se sont battues pour conserver leurs "us et coutumes".

A la sortie cela donne deux versions; la première Américaine réservée aux  Américains qui ont soif de DVD:  "in the electric mist" de Michael FITZGERAL avec son monteur maison. "le public américain a besoin d'un rythme plus rapide"( le film a été écourté de 15mn), et la seconde , la vraie, de B. TAVERNIER qui est la plus aboutie après avoir été bloqué par un monteur qui n'avait pas la même vision du film que lui: " j'ai cru mourir d'ennui, Sans parler de l'acteur vedette, qui, sur ce film, a aussi voulu poser sa griffe de réalisateur en imposant son idée par des coupures et des réecritures du scénario : Il n'aime pas tout ce qui est trop explicatif.( "Je ne suis pas payé pour avoir le prix de la camaraderie- TLJ)... je lui ai dit:" je ne veux pas de ça ; si vous insistez je quitte le film"

FITZGERAL est un auteur qui se soucie des profits qu'il peut tirer  de ses films d'où l'utilisation de gros plans pour appuyer le Dialogue par moment, plans répétés avec le même décor, son ou on remplace le bruit de font des crapauds- buffles et la musique par des cries de soldats et le bruit de scie... D'après lui :"Aucun distributeur (américain) n'a voulu financer la version américaine  car il n'avait pas toutes les recettes et " peut être parcequ'ils ne connaissaient pas le réalisateur et que rien dans sa carrière pouvait leur indiquer qu'il était en mesure de réussir un film de cette ampleur"(MICHAEL FILZGERALD). Ce à quoi le critique du "NEW yORK TIMES" regrettera cette version américaine imposée par rapport à la version française qui est "dépouillée de tout pour rendre ce film plus vivant" (dans "le Monde")

TAVERNIER est resté, heureusement, un cinéastre conscient de son talent de réalisateur. Il a affronté les avocats américains qui exigéaient que pour tourner une séquence dans un stade il obtienne l'accord de chaque annonceur qui avait un panneau publicitaire!, il a rajouté de sa poche 400 000 € pour pouvoir terminer le scénario en france (TF1 n'a daigné lui octroyer que 10% sur les ventes aux télévisions), sans rien céder sur ses choix artistiques ( peu de plans soulignants les situations au profit d'images son pour recréer l'atmosphère et le cadre ambiant, plan unique pour certaines scène, refus de l'usage des inserts pour les bagarres). Il a su aussi garder sa patience en acceptant d'accompagner son acteur principal, qui n'est guère convivial, pendant 30 jours, jusqu'au nouveau Mexique quand il tourne dans un autre film ou qu'il joue au polo!, et se faire insulter par FITZGERALD qui le trouve arrogant  et ses films mal montés.

Ce film montre  à travers ses deux versions tout ce qui différencie la FRANCE de l'AMERIQUE ( pour celles et ceux qui veulent approfondir cette différence de style quoi de mieux que de se procurer la version DVD américaine et de comparer).

Tavernier est parti de son intérêt pour les livres de JAME LEE BURKE et pour son héros de ROBICHEAUX "une des plus belles créations littéraire du roman noir depuis Philipp MARLOWE" ( "le Nouvel Obs"). " C'est un personnage hanté par son passé et cherchant à protéger le monde dans lequel il a grandi qui est attaqué aujourd'hui par des hommes cupides et malfaisant" B.T) 

Tavernier a seulement inclu les ravages encore visibles  de l'ouragan KATINA (2005) dans le décor pour rendre compte de la LOUISIANE actuelle. Mais il s'est fait un devoir de respecter l'atmosphère des lieux: "j'ai constaté à quel  point plusieurs personnes que j'ai rencontrées en Louisiane étaient offensées par le traitement Hollywoodien de leurs coutumes et notamment de leurs accents", le mode de vie et le parler des habitants, mais aussi l'ambiance électrique de l'intrigue sans rien effacer du passé (les soldats confédérés de la guerre de Sécession) . Le réel de chaque personnage fragile et risque tout, avec des principes et des réactions inattendues (éclat de colère) quand son passé le rattrape. Tavernier pousse le souci du détail pour la crédibilité de son intrigue policière jusqu'a prendre l'adjoint du Scherif et le Coronner de  New IBERIA comme conseiller technique.

"La Brume électrique" est un film politique au sens le plus noble du terme. Mais le propos n'est jamais didactique. Bertrand fait allusion à la gestion désastreuse de la catastrophe par l'Etat fédéral et à la manière dont la maffia locale en tire profit. J'aime beaucoup cette dimension- là du film" (Tommy LEE JONE).

" Je tenais à l'exactitude des lieux et je voulais tourner là où se déroule le livre pour montrer que les personnages sont enracinés dans une culture précise" (B T).

REMONTEZ VOUS AUSSI LES TEMPS ANCIENS OU LES GENS METTAIENT DES PIERRES SUR LA TETES DES MOURRANTS; Laissez vous emporter par la CAMERA de Bertrand TAVERNIER DANS CETTE LOUISIANE, franco americaine, POUR DECOUVRIR A TRAVERS LA BRUME LES CHOSES QUE L'ON CACHE DE L'HISTOIRE QUAND ELLE VIRE AU CAUCHEMARD.

Voilà encore du beau et du bon cinéma comme les artistes du septième art savent encore les faire !

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10 avril 2009

NOUS RESTERONS SUR TERRE: Pour garder la tête froide

Ce film a demandé beaucoup de travail (5ans) dans les 21 pays visités et avec un budget somme toute minime (5 millionsd'€.) "Nous resterons sur terre " est un documentaire de 1 heure et demi qui ressort graçe aux images en couleurs  qui nous font douter de la realité que nous connaissons au quotidien, accompagnées par une musique de LUDOVIC BOURCE ( qui a travaillé pour le regrétté BASCHUNG et la musique de OSS 117 " le caire...") .

Le Choix des Intervenants : JAMES LOVELOCK (scientifique anglais), EDGAR MORIN (sociologue Français), GORBATCHEF ( politique Russe) et WANGARI MACATHAI  du Kénia, ne souffre lui non plus aucun reproche si ce n'est leur durée de parole très longue qui noie la pertinence de la pensée des auteurs au point, comme la dit un critique, d'en faire un film soporifique par moment et d'autre trop rapide avec des plans où on alterne, à répétition, les ralentis et les accélérés qui empêche qui la pensée suive..

Ce film cloture à sa façon la semaine des problèmes environnementaux et des risques à venir si on ne fait rien justement pour que l'homme puisse continuer de rester sur terre.

Il est plus sophistiqué, au niveau images et éclairage, que "Bonheur national Brut" , mais il a peut de chance de marquer durablement les esprits des spectateurs pour qu'il soit vu pas un grand nombre, même si c'est un "voyage visuel et musical" instructif et plaisant.

La Différence avec BNB c'est la qualité du soin porté à l'esthétique  et au son, mais gaché par des plans spectaculaires et d'autres moins heureux et la parole qui étouffe la musique sans que ça soit au final plus compréhensible.

Sans doute qu'il aurait gagné à ce que les metteurs en scènes soient plus attentifs sur la place à faire aux "signifiants" et aux rôle qu'il jouent dans la structure d'ensemble.LES IMAGES ET LE SON qui constituent le corps organique du Film , c'est le support au langage qui, avec la technique et les formes employées, déterminent le sens que l'on entend donné pour la clarté du film. ( ce qui a fait dire à un critique " comment dénoncer une décharge sauvage si on en fait une oeuvre d'art?)

Ce film aurait sans doute beaucoup gagné à être traité comme un vrai film de fiction avec ce parti pris esthétique flamboyant et une Histoire, et pas comme un documentaire en forme de clip (sequence des plans très court, moins de 20 secondes); reste à savoir si c'était possible avec un buidget de 5 millions ? Voilà pourquoi on est pas convaincu par PIERRE BAROUGIER, co réalisateur avec OLIVIER BOURGEOIS, quand il dit que dans ce film :" le point de vue, l'écriture esthétique, le montage -appartient à un tronc commun qu'est le langage cinématographique.Et qu'il ajoute " nous avons affirmé un point de vue en ayant recourt à tous les paramètres qui étaient à notre portée pour servir notre réel et les émotions que nous voulions faire ressentir" Certes ce film a été construit , comme il dit, "avec des codes appartenant à la fiction dans ses ruptures, ses changements de rythme, son écriture". mais il sait aussi qu'il ne suffit pas de rassembler des pierres ( même précieuses) en tas pour en faire une maison( ou un collier de Reine).

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08 avril 2009

PONYO SUR LA FALAISE: à la recherche de notre raison d'être

Attention à regarder avec soins !.Ce film n'a rien d'un simple film d'animation de plus. Ouvert aux grands comme aux petits, ce film a été pensé et réalisé pour inspirer les enfants et responsabiliser les Adultes.

Aujourd'hui encore 80% des télespectateurs et des cinéphiles se lèvent de leurs fauteuil en étant incapable d'analyser ce qu'ils ont réellement vu et certains parmi eux ont tout oublié après avoir fermé leur télévision. Pour les uns, le choix de l'éffacement est une façon de cacher leur émotion ( souci que n'a pas un enfant de 5 ans) pour les autres ce prétexte les dispense d'avoir à trier dans toutes les informations que l'on reçoit pour pas que notre petit cerveau explose (selection que notre cerveau sait trés bien faire, sinon il y a bien longtemps qu'il aurait "bugguer").

Faut-il se résoudre à cette fausse fatalité?. ou se dire que des réalisateurs comme MIAZAKI peuvent contribuer à ce que cela change, évolue dans le bon sens, pour peu  que l'on prenne le temps de comprendre ce qui a été fait avec PONYO et pourquoi il insiste tant pour que la famille ne se disperse pas?

Miazaki est un Japonais que la guerre, la souffrance humaine, les désastres écologiques subis aussi par la nature ont fortement interpelé depuis son plus jeune age et tout au long de sa carrière. Engagé un temps dans le combat syndical ( il a été le secrétaire général du syndicat des travailleurs dans le studio qui l'employait), tenté par le "marxisme" politique, il a comme il l'a dit lui même: "arrêté de voir les choses en " classe" parceque c'est un mensonge de dire qu'on a raison seulement parcequ'on est un travailleur manuel" mais il n'a pas pour autant opté pour le cinéma de divertissement façile. L'ensemble de son oeuvre et les multiples récompenses qu'il a reçu , sans parler que certains de ses films d'animations ont dépassés les 23 millions de spectateurs dans le monde, témoigne que sa "pratique artistique" du cinéma, dans le crénau au combien complexe du film d'animation en 2 D, n'est pas dû au hasard mais à la ferme volonté de se faire comprendre du plus grand nombre, tout en ne cachant rien du caractère poëtique de sa pratique artistique, Car Miyazaki est et reste un grand artiste du Cinéma qui a réalisé des " chefs-d'oeuvres".

Dans ce film comme dans tous les autres d'autres qui ont précédé, tout commence par une constatation personnelle  de cet artiste qui va vers les 70 ans et qui veut se préparer à rejoindre, dignement, sa mère (disparue en 83): "je suis arrivé à un age où je peux compter sur mes doigts les années qui me restent à vivre. Bientôt, je retrouverai ma mère. Que vais-je lui dire quand ce moment arrivera ? " Cette question a été le point de départ et le centre de la création à réaliser autour de "PONYO sur la falaise".

Partant de là, il lui a fallu trouver le sujet qui lui permettrait d'éveiller la cuiriosité de tous et d'exprimer sa créativité artistique. C'est sur le conte d'Andersen "la petite sirène" qu'il a fixé son choix, agrémenté par l'opéra de WAGNER "WALKYRIE" (qui a beaucoup inspiré les artistes , surtout de cinéma comme Chaplin...) en inversant et mélangeant, volontairement, beaucoup de choses ( dans l'opéra de WAGNER, La Reine ne peut pas avoir d'enfant car le roi est un enfant d'ODIN le Dieu de la mer mais Odin finira par lui offrir une pomme qui devrait la rendre féconde... Dans la "petite sirène" elle doit attendre d'avoir 15 ans pour être autorisée à monter à la surface et contempler le monde extérieur. C'est elle qui sauve le jeune marin dont le bâteau a chaviré. Le sorcier des mers la rendra muette pour quelle soit ressemblante à une femme et elle finira par voler dans les airs en étant invisible des humains afin de veiller sur eux pendant 320 ans pour sauver "l'âme éternelle" de celui qu'elle aime et qui l'ignore). Ce choix est non seulement celui de la "Poésie"dans sa forme mais c'est aussi celui  de la recherche de notre raison d'être dans son contenu. Face à l'incertitude, à la détresse de beaucoup d'humains dans le monde présent où on vit, comment atteindre une Vie meilleure?

MIYAZAKI est péssimiste par l'intéligence et  optimiste par la volonté qu"il déploit pour communiquer avec les autres comme avec les siens, même quand ils sont disparus. C'est sa façon à lui de se sauver pour atteindre la falaise, cet ilôt flottant dans les airs , en plein ciel, qui est peut être l'endroit où trouver cette paix éternelle en restant vivant ?.

iL ne se renie pas et continue d'affirmer sa préférence pour l'héroine feminine car il est non seulement pour l'égalité des sexes, mais il pense que la femme réussira mieux dans cette tâche précisement parcequ'elle est plus faible, plus vulnérable, plus craintive mais aussi plus téméraire aussi parfois que certains hommes qui cachent leur émotion pendant un film mais qui redeviennent violent chez eux.

Le fait de mettre en scène des enfants c'est aussi pour lui non seulement nous débarasser des oeilleres de ce qui fait notre quotidien, sans imposer aux enfants  qui regardent la vision du monde des adultes, mais en les responsabilisant, eux aussi (ils sont souvent loin de leurs parents dans le film, seuls livrés à eux même, ce qui  oblige La petite Ponyo et Sosuké le garçon à se comporter comme des adultes, sans rien cacher leur émotion.)

Le choix du cinéma d'animation en 2 D et le renocement à la peinture numérique qui produit des effets spéciaux c'est sa façon à lui de se priver de cette petite "touche d'élégance" à la mode que permet l'odinateur pour se consacrer ,avec l'aide des animateurs, au travail "à la main" ( main, pinceau, peinture acquarelle et encre) qui rend mieux compte du travail artistique réaliséb (dessin, peinture)avec cette pointe de modernité que  sont les MANGAS. iL a mené de pair le travail d'écriture (scénario et storiyboard°) en commun avec le travail d'animation confiié aux aides qu'il dirige dans son studio, malgré que cette façon de faire risque parfois de déboucher sur un manque d'organisation et sur un allongement de la durée de réalisation ( il a regardé chaque dessin d'animation un par un !). il a fait comme si ça devait être vraiment sa dernière oeuvre Cinématographique d'être HUMAIN ; celle qui doit rester dans les mémoire  non pas comme un simple conte féerique, mais comme une invitation poêtique au prochain lendemain.DANTE ET MIYAZAKI même combat d'artiste poete responsable:

" Dans une certaine mesure, idéalement, je voudrais croire qu'un enfant de 5ans voit le monde tel que nous l'avons créer dans cette animation...C'est une théorie personnelle qui veut que, à 5 ans, on soit encore une figure à la frontière entre l'humain et Dieu....La vraie intelligence est peut être en train de disparaitre, je ne sais pas... Mais je sais qu'il y a encore des gens exactement comme Fujimoto ( le sorcier sous marin) qui est une personne qui s'inquiète du monde, de la nature, de la terre et de l'espace, mais qui ne comprend pas vraiment les jeunes enfants"-Miyazaki-.

QUITTEZ BALLADEURS, PORTABLES et ORDINATEURS et allez rêver  sur la falaise!.

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06 avril 2009

LE CINEMA SERA CE QU'ON EN FAIT !

Tant pis pour vous !

Je pensai bien en avoir terminé et que ce blog allait mourrir de sa belle mort. Mais voilà, 3 mois après ça bouge encore, et il reçoit des visites d'un peu tous les endroits du monde ( merci Google et Yahoo...). Donc l'analyse  critique de la pratique cinéma intéresse toujours, et aujourd'hui il faut commencer à anticiper ce que pourrait être le cinéma de demain.

Pour moi tout avait commencé avec la lecture d'un essai (1971) de Jean patrick LEBEL "CINEMA ET IDEOLOGIE" ( la Nouvelle Critique).40 ans plus tard, ça reste une trame interessante popur prolonger la réflèxion , me semble -t-il?

Le CINEMA reste un moyen d'expression (un langage pas une langue) idéologique et pas théorique, car il ne renvoit toujours pas au réel mais bien au fictionnel. Donc, même si ça n'est pas devenu un moyen de connaissance homogène (comme la théorie et la science) et donc pas un système rigoureux enfermé dans des règles strictes, ni un système de réfèrence qui ouvre sur une pratique autre que celle régentée par le capitalisme actuel, on doit quand même essayer de concevoir une pratique autre si on veut continuer d'imaginer un avenir possible  meilleur pour lui et nous..

L'appareillage en 3 D qui commence à se mettre en place va impliquer de nouvelles formes de structurations esthétiques "spécifiques" qui fonctionnent comme un autre langage. Va donc bien falloir se pencher sur la manière d'utiliser ce nouvel appareillage. L'appareillage est un support ( outil) organique pas un support au langage et ça n'est pas non plus un vecteur idéologique en lui même. Analyser ce que peut être la structuration des formes et des images ( le visuel). La structuration des sons, la manière de les utiliser....

Le cinéma s'adresse toujours à l'Humain mais dans quel but, quelle signification, si tenté qu'un signifiant signifie quelque chose de précis et pas autre chose?

Bref, le Cinéma sera ce qu'on en fait !

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BONHEUR NATIONAL BRUT: Un documentaire pour le futur possible

Du 1 au 7 avril c'était, parait-il "la semaine du développement durable" pilotée par le Ministère du développement durable afin- dixit - "d'expliciter la notion du D.D au grand public"

d'inciter ce même "grand public" à adopter les comportements favorables au DD"

"D''apporter des solutions concrètes et valoriser le Grenelle environnement" !

Je ne sais pas où cela s'est vu ? mais ce fut trés discrét...

Voilà pourquoi une association comme FOKUS 21 qui s'est fixé l'objectif de produire des projets documentaires engagés dans les problèmatiques du 21 ème siecle garde tout son intérêt.

BONHEUR NATIONAL BRUT est un documentaire de leur cru qui tombe bien pour commencer cette rubrique cinématographique engagée.

C'est un documentaire réalisée par Sandra BLONDEL et Pascal HENNEQUIN avec une musique de Romain DESJONQUIERES( 1)

Le commerce équitable existe déjà à travers des associations comme l'AMAP qui permet à des agriculteurs de faire dans la biodiversité et d'en vivre grâce au soutien d'un réseau de consommateurs convaincus . Le documentaire rappelle ce qui se fait dans divers endroits comme par exemple la filature de laine en ARDECHE....

Comme il est indiqué dans le synopsis "  il est temps de remettre les pendules à l'heure et de repenser ce qui compte vraiment":

"En tant que citoyen et plus encore en tant que réalisateur, il est de notre devoir de susciter des questionnements et d'ouvrir des brèches dans les consciences.Pas de manière dogmatique et idéologique mais simplement humaine. Si nous avons choisi la caméra cela a du sens. C'est parce que ce formidable outil permet d'avoir accès à ces réalités, à une parole singulière et de la partager avec tous."...

"Nous montrons comment aujourd'hui, en france, il est possible de changer nos modes de vie au quotidien...Ce film témoigne qu'une économie humaine et solidaire est possible au sein d'une économie basée sur la rentabilité et le profit.Autrement dit, dans une société de plus en plus artificielle et virtuelle, dans un monde complètement déconnectés de ses besoins vitaux, qu'il est encore possible de vivre et de travailler autrement"

Pour ces realisateurs militants " la simplicité et l'amitié ne sont pas de simples mots vides de sens mais sont incarnés dans ce film"

Le problème avec ce genre de Documentaire c'est de ne pas se vouloir "idéologique" et de faire croire qu'en restant au niveau de la bonne volontée, sans remettre en cause l'économie actuelle, on peut s'en sortir TOUS ensemble (même si on ne peut qu'encourager les initiatives d'association comme AMAP, il faut aussi en mesurer les limites pour solutionner le problème ;sinon, pourquoi des citoyens continuent-ils à aller faire les poublelles des marchés et super marchés faute d'avoir pu s'approvisionner aux "restos du Coeur"?)

Disant cela, je comprend ce qu'il a fallu de perséverance pendant ces 3 ans de tournages. En fait, me semble -t-il, les réalisateurs de documentaires en général devraient aussi mettre en pratique la nécessité de faire des films documentaires "grands publics" qui intéressent et motivent au délà deu réseau de militants.

C'est l'artiste photographe MAN RAY qui disait :

"Galilée, Pasteur, Einstein ont fait scandale. Tous ceux qui apportent quelque chose de neuf, de "révolté" font scandale

En vérité, on ne peut créer quoique ce soit de vraiment nouveau sans faire scandale"

Je crois que cette sorte de  scandale manque encore à certains documentaires et empêche que l'on sorte "debout" de ce système pernicieux qui profite à personne, même pas au cinéma.

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1)association Fokus 21 : http://fokus.free.fr

vous pouvez commander la cassette du film sur le site de Fokus 21

Posté par uscgtaphm à 14:15 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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