28 mai 2009
VISAGE :Un TSUNAMI¨POUR LA PROCHAINE "NOUVELLE VAGUE"
TSAI Ming-LIANG, ce réalisateur de 52 printemps a décidé de s'offrir un hommage serein sur François TRUFFAUT qui l'a émerveillé avec ses " 400 coups" jadis.:
"tous mes films sont sereins en quelque sorte car j'observe toujours les choses avec cette sorte de Froideur, de distance" (entretien en 2001 (voir "Objectif cineam.com"). En cela, il se comporte comme Picasso qui a tout au long de sa vie de peintre a observé les oeuvres des peintres préférés pour s'en inspirer sans imiter, en réactualisant les oeuvres avec ses réflexions et ses sentiments personnels ("Je ne cherche pas , je trouve" Picasso).
"Je ne pourrais jamais trouver quelqu'un qui soit comme une projection de moi-même" (TSAI). C'est cette observation minutieuse des autres qui se sont exprimés avant lui qui permet aux grands artistes créateurs d'aller plus loin en se nourrissant de ce qui se dégage de chacun d'eux à travers les oeuvres que la critique qualifie de " chef-d'oeuvre".
TSI MING LIANG a bénéficié de la demande des musées nationaux de faire réaliser par un cinéaste un film dans lequel figure un représentant de la mémoire artistique. Tsai, qui connaissait Paris pour y avoir pour y avoir déjà tourné, n'a eu aucun problème à Choisir la mémoire de la "nouvelle vague" qui avait démarrée à l'automne 1957.
Avec "Visage", ce créateur nous fait découvrir , image après image, sequence aprés sequence, ce qui caractérisait le cinéma de Truffaut sans cacher que plus rien n'existe comme avant. Voilà pour la question de la structure de son scénario. Après comme il dit "la durée des plans dépend du jeu des acteurs...et cela dépend aussi des imprévus."
Ca n'a rien d'un film mélancolique sauf quand ça aide au mystère qui demeure. Il a accepté de modifier son scénario quand l'acteur fêtiche de Truffaut lui a demandé de pouvoir tourner sa scène dans le cimetière de Mont parnasse "Parce qu'il y avait pleins d'amis à lui et que c'était pas loin de chez lui".
Pour les séquences parisiennes, il s'est fait aider par Benoit DELHOMME qui connait aussi L'Asie, afin qu'il n' y ait pas de cassure entre TAIWAN et PARIS alors que le travail dans ces deux endroits est complètement différents et pas seulement au niveau de la lumière : "la manière TaÎwanaise de faire, même si elle est un peu archaique, permet d'être au plus proche de la réalité" .Ce qui caractérise tous les films de TSAI c'est que ça reste totalement une oeuvre personnelle "En faisant du cinéma, je souhaite dégager une sorte de réalité dans laquelle on retrouve mélangés le Grave et l'Absurdité (avec parfois des effets comiques)... Parce que dans la vie beaucoup de choses s'y retrouvent, ils n'ont pas qu'une seule spécifité". C'était pas gagné d'avance de reproduire l'ambiance des films de Truffaut, d'être d'aujourd'hui en étant proche du réel de l'époque, c'est à dire exprimer sa propre vision, sa propre expérience. il aurait bien aimé pouvoir observer Truffaut dans sa vie quotidiènne et en faire un objet d'observation pour son "VISAGE".
Une des particularité de TSAI c'est de souvent tourner dans le même décor (il déplace et modifie les objets); on retrouve donc dans "visage" l'acquarium qu'il présente hors cadre mais qui reste la pierre angulaire des situations ( la pierre d'autel) qui dans les précédents films a vu grandir un poisson depuis sa rivière natale.
"Pour ce film , j'ai demandé au décorateur d'apporter une ambiance différente, avec des couleurs, etc. Un appartement, c'est comme une personne qui change de visage avec le temps; en changeant d'aspect, il montre ainsi qu'il vit" C'est pour celà sans doute qu'il a rappelé aussi pour son hommage, les acteurs préférés de Truffaut et de la"nouvelle vague": Bien sur Jean pierre LEAUD ( qui rentre dans le Louvre par le soupirail comme dans " les enfants du pont neuf "de CARAX), Fanny ARDANT, en y ajoutant pour le Diner Jeanne MOREAU et Natalie BAYE. Là encore pour comprendre les raisons de ce diner il faut entendre, ce que dit ce réalisateur : "Les répas permettent de retrouver une continuité par rapport à cette famille qui s'ést un peu éclatée par rapport à " la Riviere" ( le premier film avec sa vedette préférée LEE KANG SHENG).. La modernité française sera incarnée par Laeticia CASTA qui dans le film est récrutée pour tourner la légendaire "Salomé" qui portera à Hérode (J.P Leaud) la tête de jean baptiste (Truffaut ?).
Ce film ne pouvait pas faire l'unanimité des "pour" et des "contre"; c'est exactement pareil que si vous allez à AIx pour voir l'exposition PICASSO -CEZANNE, vous trouverez toujours des visiteurs qui trouvent les oeuvres de Picasso, inspirées de Matisse, nulles et laides. Ils ont la même attitude que ceux qui "mettent un melon (cucurbitacé) à leur oreille en disant : je ne sent rien". Avec ce film, Tsai vous apporte sur un plateau ( cinématographique) la tête du héros de la "nouvelle vague" en sachant qu'ainsi il y a de grandes chances pour qu'on le canonise. Il nous présente Leatia CASTA la Française et LEE KANG SHENG la Chinoise, les égéries du "cinéma futur", que TSIA appelle de ses voeux d'artiste-poëte.
La mort de la mère du réalisateur a sans doute obligé ce fils à inclure dans son hommage une pensée particularière pour sa mère en transformant ce qui au départ devait être une comédie d'humour (noir) en drame, mais "visage" n'en reste pas moins un appel à la jeune génération pour qu'elle se lance dans le cinéma du futur en surfant sur une "nouvelle vague".
"VISAGE" c'est tout cela et c'est plus que la simple beauté apparente !
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25 mai 2009
LE PROPHETE :La parole de ce "faux" n'a rien de divine
Surprenant de voir un cinéaste confirmé comme AUDIARD et le Jury de Cannes céder aux populisme en faisant comme si un film ne voulait rien dire d'autre que la fiction qu'il raconte.Encore plus surprenante cette unanimité des spectateurs et des critiques à louer les qualités de ce film :
: " si le fim d'Audiard fait à ce point consensus, c'est semble-t-il, justement parce qu'il fédère à la fois l'exigence que l'on est en droit d'attendre d'un auteur et une véritable dimension populaire"(Journal " La marseillaise" du 24 MAI)
Surtout quand on entend ce que dit des prisons actuelles un détenu célèbre (en liberté conditionnelle) comme Jean claude NELLA ( Journal "la provence" du 24 MAI):
" la prison, il faut se la faire maintenant. On se rackette pour des paquets de cigarettes, les mecs se mettent à 20 sur un type pour lui prendre 50 € par mois... Le bandit d'honneur ça n'existe pas.Il y a juste des mecs qui disent " MARSEILLE est à moi" ou "Toulon est à moi". Après il y a des équipes plus fortes que d'autres....je ne veux pas sacraliser: le bandit d'honneur ça n'existe pas..... les parrains ça ne compte pas."
Je n'ai jamais été trop porté à défendre les nationalistes mais je dois reconnaître que la réaction révoltée des députés corses et des nationalistes contre le film d'AUDIARD se comprend quand on laisse penser que la prison est le chez soi des Corses et des Arabes et que militants politiques et truands c'est les mêmes Etc.Comme l'a dit un Corse : "On était en droit d'attendre plus de recul et de réflexion de la part de ceux qui ont en charge le septième art".
Ce n'est pas en essayant de faire s'affronter les arabes avec les Corses que l'on règlera le problème du racisme en France et que l'on mettra fin, par la venue d'un "MESSIE" arable, noir ou Corse, aux inégalités sociales qui touchent plus de 4 millions de Français.
Je doute que le choix même du tître soit un choix innocent; au mieux c'est un prophète de malheur qui loin d'annoncer des desseins divins veut nous convaincre que le futur des choses fâcheuses est irrémédiable.
la vendetta souhaité par le scénariste d'AUDIARD risque bien de se retourner contre ce film.
Heureusement qu'il nous arrive des jeunes comme le Portugias JOAO SALAVIZA qui en 15 minutes est capable de promouvoir à travers un court métrage un souffle nouveau avec "ARENA"
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20 mai 2009
LES HERBES FOLLES: Un manifeste cinématographique joyeux
Quand on est un ARTISTE, que l'on a dépassé l'age de raison et tout ce que l'on vous a fait endurer parceque vous étiez un être dérangeant pour la société (comme cette herbe sauvage qui ose se faufiler entre les pavés et les murs de béton pour exgiger le droit de vivre et de s'exprimer), on devient, comme l' illustre japonais OKUSAI, un Trés grand SAGE que plus rien n'arrête dans son infini sagesse. On est toujours heureux d'écouter les leçons.... de ces MAÏTRES.
Même si les "HERBES FOLLES" sont primées à Cannes, on ne pourra pas s'empêcher de penser que c'est pour seulement se faire pardonner d'avoir retiré, sous la pression de l'ALLEMAGNE de l'Ouest, le film "NUIT ET BROUILLARD" (1956), puis sous la pression Américaine "HIROSHIMA mon amour". En 68 C'est "Je t'aime, je t'aime" qui est passé aux oubliettes. RESNAIS n'en aura cure; en 74 il sortira "STAVISKY" que la jet-set de CANNES boudera avant d'offrir un timide grand prix du jury pour "Mon oncle d'Amérique"(1980), et enfin " la vie est un roman" avec une première pour Sabine. Depuis on était dans l'attente, car comme l'explique fort justement SABINE AZEMA:
"il est toujours à la recherche d'idées. Il est (même à 87 printemps) comme un oiseau de proie. Il repère, étend ses ailes et il plonge. C'est à la fois amusant à regarder et trés beau à voir ce processus de création qui se fabrique sous vos yeux. Les grands talents vous surprennent toujours. Le suivre donne un sens à son existence" ( "LE JOURNAL DU DIMANCHE").
" les HERBES FOLLES" est un film qui mérite beaucoup mieux qu'un hommage pour l'ensemble de la carriere d'ALAIN RESNAIS. C'est un film plein de vitalité, une comédie qui ne se contente pas de représenter un réel qui imite la réalité. Il est tout à la fois esthéthique et social. Un film qui par sa forme et son contenu reste ouvert à un large public, amateur de bons films.
Vous n'avez rien perdu pour attendre, comme on dit. Trois ans qu'il peaufine son film adapté du roman "l'INCIDENT" (Christian GAILLY). Peut être pensez vous que ce film est en dehors du sujet de la VIOLENCE que l'on trouve dans les précédents films commentés sur ce blog? Détrompez-vous RESNAIS a toujours traité de la violence dans ses films ...pour la combattre . Comme d'autres dont j'ai parlé précédement, ça ne se résume pas à des scènes pour faire peur. Il y a plusieurs façons de traiter de la violence, celle de RESNAIS est sans doute une façon de l'anticiper pour la maitriser et ne jamais se laisser déborder par elle. la violence est la face cachée de ce film sous ses apparences joyeuses, louffoques et relativement calme. Il a mis un minimun de mots dans la bouche des acteurs qui symbolisent cette violence cachées. On sent qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour que ça dégénère de part et d'autre. Marguerite Muir est cette herbe folle qui fait de l'avion qui pour George (DUSSOLIER) lui rappelle Odile Bouchet qui à battue 7 records du monde de vitesse avant de se tuer à l'entrainement. MIU brule de vraiment connaitre l'homme qui se cache derrière ce calme à toute épreuve . Elle reste en permanence sur ses gardes par peur mais aussi par peur d'avoir des réactions violentes le jour où elle percera son secrêt. Le désir serait -t-il plus fort que la crainte ?
"Il y a des rapports de force qui s'inversent, des changements de registres, des tonalités trés différentes. C'est une harmonie de dissonaces ... Dans ce film on a trés peu de texte. On est un peu comme des notes de la partition de RESNAIS. Notre accord d'acteur est fondé sur des rythmes, des façons de bouger. Mais les rapports de couleurs, de lumière comptent aussi énormément.... Resnais est un avion à réaction. Il a toujours été en avance dans ses goûts, dans ses idées, dans ses recherches formelles. Alors on ne s'étonne pas qu'il apporte quelque chose de neuf" (Sabine AZEMA - le Figaro).
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19 mai 2009
PASSEUR D'ESPOIR: L'espoir une affaire d'hommes ?
Le "PASSEUR D'ESPOIR" est sorti il y a une semaine mais a déjà été au festival du cinéma méditerranéen de Montpellier en 86 (Antigone d'or).
Ce film offre plusieurs sujets de réfexion; d'abord le choix "esthétique". Le réalisateur BRANKO SCHMIDT qui a fait plusieurs oeuvres de télévisions( opération Barbarossa) et des long métrages ("The old oAK Blues" 2000), essaie de comprendre ce qui est en train de ronger, de l'intérieur, sa Croatie natale qui ne se remet toujours pas de la guerre à laquelle lui même a été confronté dans toute son horreur. Comme les artistes de Pompéï qui peignaient les femmes en deuil voilées pour éviter d'avoir à montrer des visages ravagés par la douleur de la perte d'un être cher, ou comme Michel-Ange qui lui aussi dans la "vierge à l'escalier" (une de ses premières sculptures) empèche la mère (de profil) et le spectateur de voir l'enfant(masqué par le voile (mais visible du spectateur) qu'elle porte dans ses bras et qui plus tard sera sacrifié sur la croix, l'artiste use de symboles pour faire comprendre au public qu'elle apréhende l'horreur mais là encore, il refuse de sculpter ou de peindre ("Le tondo Doni")un visage de grimace, de larmes et de sang. Branko est de cette trempe d'artiste qui ne cherche pas à suciter la peur de l'exterieur, il veut,comme GENET, que rien ne soit montrer de l'horreur mais tout pressenti. C'est comme cela qu'il faut comprendre son choix de mettre la pluie dans tout son film, de faire des images sombres avec des couleurs délavées comme la terre qui ne montre rien des massacres commis. Mais pour ne rien céder au présent de ce qui se passe, il montre cette vie détournée par la mafia locale et policiers corrompus qui sont en fin de compte les seuls vrais profiteurs de la guerre à l'intérieur de la citée, alors que la rivière exterieure continue son long fleuve tranquille entre les rives bleutées. Elle est la vraie "passeuse d'espoir" qui restera, à défaut d'un ciel toujours pluvieux.
Côté humains,Branko SCHMIDT joue avec 2 acteurs. Un Bosniaque, vétérant de l'ex YOUGOSLAVIE, qui a découvert ses parents dans un charnier, lequel rencontre et protège une rescapée chinoise de son bateau clandestin, Chacun parlant une langue différente. L'homme fait preuve de compassion, de solidarité et d'humanité envers cette jeune femme comme s'il cherchait la rédemption d'avoir été un passeur de clandestins qui a vu son embarcation coulée et nombre d'inconnus clandestins chinois se noyer.
L'homme a du mal à vivre sa propre déchéance et celle de la Croatie; cela le plonge dans la question du mystère même du monde incarnée par cette miraculée. Il croit qu'il a avec elle la possibilité de se racheter; mais être passeur d'espoir peut-il suffire à sauver?. Certains critiques pensent que le réalisateur a eu tord de symboliser la décadence de l'après guerre par la mafia et les ripoux sans laisser beaucoup d'espoir avec cette vie qui à du mal à reprendre, mais là encore il s'agit d'un choix artistique qui est de priviliégier les symboles pour donner à voir et à comprendre.C'est un vrai choix de "créateur" pour que son film ait un contenu,une esthétique et une destination de ce vers quoi il faut aller avec un public exigeant qu'il espère réactif à ses interrogations et à ses inquiétudes.
PASSEUR D'ESPOIR n'est pas qu'un film sur l'actualité de la CROATIE; il QUESTIONNE aussi sur la société des hommes pour qui la violence, la menace et l'humiliation sont la nature des males et de leur prétendu "instinct" de guerrier et les femmes des servantes soumisent à leurs caprices chargées des taches ménagères et familliales.La VIOLENCE est ce qui les motive,Sans doute que, comme le disait une romancière dans "le MONDE" ("On ne nait pas homme" 16/05/09)":"Si les hommes ne savaient pas qu'ils ont vécu dans le corps d'une femme et lui doivent la vie, ils ne feraient pas celà: c'est parce qu'ils se savent mortels que les hommes tuent ... une femme peut tuer, certes, elle peut même débiter en morceaux le corps de quelqu'un qu'elle connait bien, mais elle ne charcute jamais les inconnus".
Maintenant, si vous êtes fan de Johnny,des scénarii et dialogues qui tiennent sur un papier cigarette, vous pouvez aller voir sans risque le film de Johny TO "Vangeance"; aucun risque que ça vous prenne la tête. comme Johnny Hallyday qui incarne COSTELLO, à la sortie vous aurait tout oublié. Voilà un mec (costello) qui ne sait que tuer(après avoir été dans la restauration pour se reconvertir de son passé de tueur à gage) et qui ne se pose pas de question (l'excuse du massacre de sa famille est la seule émotion qui chez lui justifie le retour la violence). Johnnie TO n'est pas un créateur mais un bon cinéaste qui manie les idées pour surprendre le spectateur et le tenir en haleine jusqu'au mot fin, sans qu'il ait le temps de se poser trop de questions.la PLUIE est aussi omniprésente dans son film mais pas pour les mêmes raisons que dans Passeur d'espoir. Ici, elle reste froide et implacable comme le nouveau "samouraï" français, histoire de masquer que les nuit à Honkong ne sont pas toutes aussi torides que le prétend la publicité.TO a fait un film de commercial amréricain qui connait toutes les ficelles pour faire vendre en mélangeant actions et humour, avec une pointe d'autodérison. C'est un film de mec dans toute sa splendeur.
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13 mai 2009
ROGER PLANCHON : LES PRATIQUES ARTISTIQUES ET LEURS ROLES DANS LA SOCIETE
Partir discrétement,la veille de l'ouverture du Festival de Cannes, en relisant un de ces derniers projets écrits alors qu'il y a quelques semaines encore il jouait au théâtre la comédie musicale :"Amédée ou comment s'en débarasser" d'EUGENE IONESCO, Voilà qui en dit beaucoup sur ce grand Messieur qu'était ROGER PLANCHON.
Pour lui comme pour SHAKESPEARE: la VIE aura été un théatre et l'homme qui se cache derriere l'acteur une ombre, un comedien de la vie.
Il était de ceux qui pensaient que l'ensemble des pratiques artistiques avaient une signification sociale et donc politique, et que, partant de là, le théâtre comme le cinéma ont un rôle à jouer "pour les gens comme mes parents qui étaient illétrés" (entendez par là des intellectuels à qui la société avait fermée les portes de la culture artistique).
Partant de là, il ne pouvait pas se cantonner à n'être qu'un excellent commédien; ils a donc monté sa propre troupe et a écrit pour le théâtre et le cinéma, mais pas seulement (il a monté une aide à la production cinématographique).Bref, Il a oeuvré pour tous les artistes qui avaient été des "créateurs" dans cet ensemble de pratiques artistiques et qui l'interessait: MOLIERE, SHAKESPEARE, COURTELINE, IONESCO, TOULOUSE LAUTREC, TSHEKHOV, BRESSON (robert), LOSEY (jOSEPH, LAUTNER, VERNEUIL, WAJDA et l'incontournable BERGMAN..... Il n'a pas omis certaines figures politique comme LOUIS XIV,DANTON.
Le cri de guerre qu'il a lancé en 1968 :le POUVOIR AUX CREATEURS!" avant de parodier les " trois mousquetaire" pour insuffler un vent nouveau au théatre est un véritable manifeste. IL avait commencé à plancher sur le problème quand il avait epprouvé le besoin d'écrire à son tour(à 33 ans)pour faire, lui même, oeuvre de création :"Tout se passe comme si l'invisible portait à bout de bras ce réel si compact, si lourd et pourtant si peut consistant " ("LA REMISE",première pièce de PLANCHON). Je ne suis pas d'accord avec ceux qui qualifient Planchon de " Touche à tout"; rien chez lui était gratuit dans ces actes et ses refus (refus de Diriger le théâtre de PARIS et l'illustre Comédie Française pour rester à la Direction du TNP de VIILLEURBANNE). Même lorsqu'il devient Réalisateur de Cinéma, ses choix ne sont pas innocents, mais là encore visent à démocratiser l'art "Le retour de Martin guerre"(1981),"DANDIN" (1987).
Toute sa vie il a fait référence à sa jeunesse de COW-BOY parce que dans son ardèche natale ; "j'ai gardé les vaches et sorti le fumier", histoire de rappeler qu'on n'est pas obligé de renier son passé pour être ce créateur intéressé par les problèmes des hommes. Ce travailleur a passé sa vie à vouloir réconcilier Théâtre et cinéma pour les donner à comprendre aux gens qui se posent des questions sur le sens de la vie,et si besoin est, en dépoussiérant quelques grands classiques comme les pièces de MARIVAUX avant de sorir des sentiers battus.
Il engagera avec le public des débats sur le rôle du théâtre dans la société et sur le lien qui doit exister entre l'individu et le collectif.Pour pousser la réflexion collective, il enchaine avec le répertoire moderne, les piéces de sa création et des films grands publics.
Tout celà ne l'empêche pas de s'intéresser au côté esthétique de la pratique. Comme il a été influencé par Ingmar BERGMAN pour qui Cinéma et théatre ne faisait qu'un, Roger PLANCHON a essayé d'en tirer des leçons pour sa propre mise en scène. Son premier film est un texte de BERGMAN "S'agite et se pavane" que BERGMAN avait présenté au Festival de Cannes de 98 dans la catégorie '"un certain regard" ("Lamar och gör sig till"). Dans cette pièce/cinema il incarne un vieux professeur (franc maçon des "préteurs en liberté")qui se lie avec un individu singulier qui se pose beaucoup de questions avec une curiosité débordante. Ca se déroule dans une salle d'hôpital,un endroit où on soigne et où on se soigne en attendant de retrouver à l'extérieur le monde dit normal.Pendant ce séjour psychiatrique ils mettent sur pied leur projet louffoque de cinéma parlant.Pour faire le lien entre le théatre lieu clos(Ici l'hôpital) et le Cinéma, des Comédiens hospitalisés eux aussi se tiennent derriere l'écran où sont projetées les images pour lire les dialogues et faire du cinéma muet un cinéma parlant!
Sortis de l'hôpital,Schulbert retrouve son ex fiancée et son ami VOGLER (Planchon) pour la première de leur film "la joie de la fille de joie" qui est un résumé de la vie de ce couple étrange. Comme le film est loin d'être un succés financier, Pauline séduit VOGLER qui est trés riche (même s'il a déjà tenté de la tuer), sauf qu'elle ignore de CARL n'est pas aussi fou qu'on le croit (pour lui la vie n'est qu'une illusion et c'est la mort qui mène le jeu d'une humanité de fantômes)Cette mort est incarnée par la femme du clown qui surveille les entrées et sorties de manière autoritaire et dirigiste, ce qui fait que Carl se prend la tête dés que la nuit tombe.
Cela rappelle ce que décrivait Jean GENET quand il écrivait que " l'on ne peut que rêver d'un art qui serait un enchevêtrement profonds de symboles actifs ,capables de parler au public un langage ou rien ne serait dit mais tout préssenti". C'est ce que semble avoir réussi Planchon, et GENET d'ajouter dans ses "Prisons" "Il faut du courage et du renoncement, et le travers qui est à l'origine du choix du mêtier d'acteur qui est commandé par la reconnaissance non désespérée, mais complaisante du monde...Au théâtre tout se passe dans le monde visible et nulle part ailleurs...sI Je meurs ce sera par le rappel nostalgique de ce que fut la vie. Seul, un théâtre d'ombre me toucherait encore". Planchon, au théâtre comme au cinéma, a réussi par sa présence ,visible ou invisible, à lier les spectateurs entre eux pour qu'ensemble ils raffinent leur réflexion sur comment faire pour que le théatre et le cinéma moderne soit un divertissement de qualité, une forme d'art capable de substituer à la foi religieuse l'efficacité de la beauté qui doit avoir la puissance d'un poëme, c'est à dire d'un crime, comme disait GENET. BERGMAN ne disait pas autre chose que GENET en déclarant que : " la vie n'est qu'une ombre errante, un pauvre comédien qui s'agite et se pavane une heure sur scène et qu'ensuite on n'entend plus. Une histoire racontée par un idiot pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien" et que PLANCHON, auteur, metteur en scène et acteur, a monté sur scène. Roger planchon avait le charisme d'un SHAKESPEARE. Il a passé sa vie durant à chercher si l'ART et l'ensemble des pratiques artistiques n'étaient pas en fin de compte une bonne solution pour donné du sens à une existence qui sans celà risquerait d'être absurde. Aujourd'hui il sait qu'il a réussi la sienne pour notre plus grand plaisir à tous.
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11 mai 2009
MILLENIUM : La SUEDE FACE A SES DEMONS
Présentée par beaucoup comme l'exemple de modèle social, La SUEDE semble décidée à exorciser ses vieux démons de "race pure supérieure" qui l'a souvent rapprochée des thèses germanophiles de sa proche voisine. Sans doute que les conditions climatiques de ce pays , modelé par les longues périodes glaciaires, sont pour quelque chose dans cet état d'esprit ancien de la société suédoise qui se fond dans des décors enrobés de givre, de glace et de neige l'hiver (Elle fait partie des 5 pays scandinaces où le soleil ne se couche pas durant l'été mais où il fait sombre les 6 mois d'hiver).
Même si la trilogie livresque de STIEG LARSON s'est vendue à des millions d'exemplaires par le monde, "Millénium" n'a jamais été un chef-d'oeuvre littéraire. C'est son côté polar trillers sulfureux par sa violence avec du sexe "en veux- tu, en voilà" qui a attiré nombre de lecteurs obnibilés par la renomée des "belles suédoises".
C'est donc le premier volume sous titré : " les hommes qui n'aimaient pas les femmes" qui a fait l'objet d'une adaptation au cinema, mise en scène par le Suédois NIELS ARDEN OPLEV, soutenue financièrement par la télévision SVT qui sortira les deux autres volumes sous forme de film télévisuel de 90 mn qui seront vendu en DVD cette année et diffusés sur la chaine en 2010.
Résumer 700 pages en 2 h 30 de film n'est jamais évident ;"Au dénut c'était mission impossible...je me suis efforcé de le faire de manière honnête, de suivre d'une certaine manière sa mission (repecter l'univers de l'auteur). C'est un film et vous ne pouvez pas tout voir dedans. Si vous aviez tous les détails du livre cela aurait été un trés mauvais film"(M NYQUIST).
Pas certain que les spectatrices, après avoir vu la fin du film aiment encore ces hommes qui raffolent de la violence contre les femmes, ni que les SUEDOIS aient bien compris que les vieux démons sont souvent un faux prétexte pour laisser aller sa bonne conscience.
Pas sur non plus que les gamins de 12 ans (film interdit au moins de 12 ans) n'idolatrent pas Noami RAPACE dans les cours d'écoles. Elle incarne une PUNKETTE qui semble issue d' "'orange Mécanique" pour son look, ses percing , le piratage informatique comme jeu et le reste pour ce qui est de la cruauté, de l'inceste, juqu'aux meutres ...
On veut nous faire croire que ce film est aussi, quelque part, en reférence au Cineatse de renom BERGMAN . Je ne pense pas que "MILLENIUM" puisse trouver beaucoup de similitude avec par exemple "la Honte" qui dénonce l'abscence d'implication des gens dans les évènements tragiques qui bouleversent l'humanité et puis comme l'a dit BERGMAN: "Rien de plus facile que d'effrayer les spectateurs. On peut littéralement les affoler car la plupart des gens ont quelque part dans leur être une peur toute prète à éclore".
"Millénium" est la représentation d'une société suedoise qu'il convient de proscrire si on a pas conscience que le misère abrutit, que la violence pétrifie et que l'ignorance rend fou tous les paumés qui se réfugient dans le "silence" (film de BERGMAN) sans comprendre, au final, que la communication entre les individus est la seule planche de salut qui leur reste.
La musique est un enregistrement de l'orchestre symphonique de BRATISLAVA (SLOVAQUIE)
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06 mai 2009
GOOD MORNING ENGLAND: Bonjour la liberté!
A l'époque (1966) la jeunesse française s'interessait au duel JHONY contre ANTOINE; ROCK YéYé contre Chemise à fleurs. On tendait L'OREILLE (age tendre et tête de bois) vers l'outre manche; après Paul ANKA, on commençait à s'intéresser au phénomène BEATLE contre le king ELVIS. C'est à travers nos petits postes radio transistor, made in japan, que l'actualité rendait compte de l'escapade du bâteau pirate baptisé RADIO CAROLINE dans les eaux internationales afin de concurencer les radios officielles de sa majestée....
Mis à part quelques rescapés anglais de cette aventure à la conquête des RADIOS LIBRES, ce film est l'occasion pour ce deuxième pont de se rendre compte que la liberté, toutes les libertés, ne sont pas données gratuitement, même dans un Royaume démocratique, mais que cela demande du courage, de la volonté et de la tenacité (ce qui n'exclue pas la bonne humeur et la joie).
Quand on a réalisé un film qui a marché au delà de ce que l'on espérait (LOVE ACTUALLLY) le film suivant est toujours à risque. Parti sur l'idée d'une "comédie", Richard CURTIS s'est référencé au Phénomène M.A.S.H de Robert ALTMAN pour la façon qu'il avait tourné afin de traité d'un sujet grave sans se prendre la tête et sans un formalisme structurel trop poussé, mais avec au contraire avec un caractère décontracté, simple, à partir d'un scénario bourré d'insolence et d'esprit de camaraderie, dans des situations tragi-comiques (D'où le choix de la caméra à l'épaule).
Pour le sujet retenu, ça partira d'un souvenir de jeunesse ( l'écoute des radios pirates diffusées à partir d'une plate forme maritime, puis de bateaux pirates) et de la nostalgie des MUSIQUES ROCK de cette époque. Après, comme dirait LAURENCE WEINER :" une idée est de penser à un problème particulier et d'émettre une hyppothèse une autre est la manière d'interpréter les rapports qui existent entre les hommes et les objets, dans un contexte artistique".
Tournée une comédie ne veut pas dire sortir de la réalité et de ses contraintes. Les réalisateurs de ce film l'ont bien compris en choisissant de tourner en pleine mer tous les jours, quelque soit le temps , sur un bâteau qui tenait plus du bateau de pêche que du navire amiral :
"Le film a été estrordinairement amusant à faire parce qu'il a fallu vraiment tourner sur un bateau, peuplé de 140 personnes...Nous tournions tout ce que nous pouvions sur ce vieux raffiot rouillé loué en Ecosse"( R C). Ce qui explique que pour se préparer les acteurs ont du se soumettre à un stage d'entrainement qui a ausi permis de mieux se connaitre:
"Vivre ensemble nous a permis de nouer des liens. Nous avons découvert très tôt qu'il y avait sur ce film des acteurs trés spéciaux et nous sommes devenus trés proches"(Rhys IFAN)
Il n'est pas certain que sur le bateau de radio Caroline tout se soit passé ainsi qu'il est dit dans ce film et que les intervenants et les responsables de cet "exodus" avaient la mêmé énérgie, le même humour déjanté tous les jours. Cela relève de l'ecriture du scénario et de l'imagination débordante du scénariste pour créer des situations où tout "part en vrille" et qui se demande comment ça peut tourner quand le sexe se rajoute ( à l'époque c'était plus la tendance Hyppie que la Rock en Roll qui était la plus avancée en ce domaine de la liberté sexuelle).
Côté musique les auteurs de ce film ont retenu le meilleur du meilleur qui s'écoutait alors. Là encore le choix d'un DJ Américain pour tenir le rôle du comte, moteur et cosncience de l'esprit de rébellion de la radio , n'est pas à visée historique mais symbolique : donner envie et soif de liberté à une jeunesse qui se cherche et qui doute beaucoup avant mai 68 et même aujourd'hui encore. La musique rock est perçue par les parents d'alors comme une musique de sauvage: "Quartiers nous connaissons vos aigreurs, vos lessives, vos vieilles charités comme chancres, comme peste ou saignement des murs des graffitis peignant les prénoms de l'érrance" (Jean Senac).
Bref, c'est un film sur lequel il faut plus préter attention à ce qui renvoie qu' à ce qu'il montre de ce qui à été une réalité vècue et qui fait partie aussi de l'histoire sur les libertés: "ECOUTEZ VOIR"!
Si vous aimez vous distraire joyeusement en écoutant des musiques délirantes:"LE BATEAU QUI ROCK 'N'ROLL.... LA LIBERTE" vous en donnera pour ses 2 heures 15 de musique infernale des BEACH BOYS à DONAVAN en passant par Les STONES, MORISSON ,LEONARD COHEN.... qui n'avait rien de vulgaire comme pourrait le laisser penser certaines répliques du film.
Ici ce n'est plus " Dieu sauve la reine" mais la Procol HARUM et son "WHITER SHADE OF PALE"
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04 mai 2009
A PROPOS DU NOUVEAU CINEMA
je reviens sur les deux derniers films commentés:
"ROMAINE PAR MOINS TRENTE" et
"THE PLEASURE OF BEING ROBBED";
Il me semble qu'ils représentent bien les prémices du "NOUVEAU CINEMA" du 21°.
Si vous collez les deux films pour en faire un seul avec Romaine et Eléonore comme soeurs jumelles, vous avez là toute la texture de ce nouveau cinéma, car je ne pense pas que la sélection officielle du prochain festival de Cannes va nous apprendre grand chose à ce sujet, vu que l'on ressort les grands réalisateurs déjà primés (ce qui ne veut pas dire que ces derniers soient incapables de réaliser encore quelques chefs d'oeuvres personnels, mais on sait bien que tout ce qui est nouveau démarre jamais par un chef-d'oeuvre, ça vaut aussi bien pour le cinéma, le roman que pour tout autre art).
En amont, si on cherche, peut - être qu'il faut rajouter dans ces prémices "BALLAST" de LANCE HAMMER ( 2007), "SEATTLE" de Stuart TORVSEND...
Tous ces films marquent l'expression du "Collectif" qui caractérise bien ce qui peut être un " phénomène d'époque" nouveau pour le cinéma. Combien de jeunes réalisateurs vont tenter cette reflexion commune? Qui fera que ça traduira vraiment la nouvelle vague du cinéma de demain ( un évènement politique)?
Si on regarde ce qui s'est passé pour le "Surréalisme", on voit qu'il s'est trouvé un chef de file, qu'un manifeste a été produit, diverses revues éditées, ce qui n'a pas été le cas du nouveau roman en littérature.
Avec ce jeune cinéma d'aujourd'hui, on semble vouloir sortir de la simple activité de fiction où le spectateur est cantonné dans un rôle contemplatif avec un haut quotient d'informations et peu de place pour la réflexion du public, et vouloir mettre en avant, par des données visuelles et matérielles, une plus grande implication du public.
Même s'il s'agit toujours de films de fiction, ça n'est jamais gratuit. Ca se situe toujours dans un espace idéologique donné qui force à s'atteler à un examen critique : fiction et théorie sont entremélées. Ce nouveau cinéma doit viser à mettre en scène l'efficacité de la matière (le visuel - le langage) dans le rapport des sens afin que le spectateur puisse, lui aussi, conceptualisé le fonctionnement des images qui font le film. Le film n'est pas une simple élaboration d'images, c'est la production d'une suite de gestes et d'images avec un langage qui exprime la réalité immédiate de la conscience et qui donne à la conscience du spectateur ce qu'est l'Histoire qu'on nous montre sur l'écran.
Comme le montre, me semble-t-il ces deux films, on est en train de nous sortir des villes pour nous faire entrer dans les METROPOLES. Ces lieux de vie sont totalement différents; La Métropole est pleine de contradictions; ce n'est plus un lieu de vie des DIFFERENCES qui produisent des entitées culturelles, c'est un lieu de Différences, un lieu fermé qui détruit la communauté dans lequel ce qui reste de la ville est une marchandises ouverte à la spéculation immobilière. La métropole n'a que le souci de perpétuer le système capitaliste en rationnalisant les rapports de production sans se soucier des rapports sociaux.
Voilà ce que m'ont inspiré ces deux films pendant ce beau week-end de 1° Mai.
On verra si la suite apportera une confirmation?
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