ESPACES interculturels CINEMA

Plus seulement des spectateurs privilégiés mais des regards critiques sur tout ce que l'on nous donne à voir au Cinéma sur ses problématiques et son rôle. Ecouter -voir ce qu'est la vie.

15 juin 2009

AMERRIKA:un Film pour sensibiliser sur un problème universel

Partir de son vécu d'être humain, malmené par les préjugés dont on affuble les immigrés - tous les immigrés- pour montrer, sous couvert d'une comédie, la bêtise de celles et ceux qui se prennent pour les propriétaires respectables de leur pays, de leur ville en s'imaginant que l'étranger ne peut pas être un "hôte bienvenu": voilà un sujet universel qui n'épargne personne, nulle part......

CHEREN DABIS explique bien que son but n'était pas de faire un film sur le problème politique ou religieux qui concerneraient les seuls arabes  et la seule Amérique, mais bien de montrer que les immigrés sont des êtres humains, avec leur culture, leurs peine, leurs joies, quelques soit l'endroit où ils posent leurs valises.

CHEREN, née aux Etats unis de parents immigrés jordaniens, a été diplomée en communication. Pendant les vacances elle se rendait dans ce qu'elle avait de famille au pays natal de ses parents et se faisait traiter d'"Américaine", puis le reste de l'année elle se faisait traiter par les américains d"Arabe". Sa situation s'était encore compliquée, pour elle et pour tous ceux qui avaient une origine arabe,  après les attentats du 11 novembre et l'invasion trés contreversée de l'Irak. Déjà, adolescente,  elle avait touchée du doigt ce que la peur de l'étranger était capable de faire , même dans un pays qui se vantait d'être une puissance qui se bat pour la liberté des peuples. Son père, pédiatre réputé dans sa ville américaine, avait vu sa clientélle déserter son cabinet après la guerre du Golfe (1991) avant de recevoir des lettres de menaces anonymes. Sa soeur cadette avait même été interrogée dans son lycée sous prétexte qu'elle aurait dit vouloir assassiner le Président de l'époque! :

"J'ai réalisée à quel point les médias véhiculaient des stéréotypes. Je me suis donné alors comme missions de lutter contre les préjugés" ( en s'occupant de mener campagne pour les Droits civiques et en signant des articles dans la presse). Jusqu'à ce qu'elle se rende compte que si elle voulait toucher un plus large public, il lui faudrait avoir recours au cinéma : " j'ai compris que pour sensibiliser un large public le Cinéma était le language idéal". C'est comme cela qu'elle s'est retrouvée réalisatrice du Film  "AMERRIKA", largement inspiré de ce qu'à été une partie de l'histoire de sa vie, mais pas dans le souci de dénoncer ce qu'on avait fait subir à sa famille; seulement pour convaincre la majorité des Américains honnêtes et au delà  ( y compris dans les pays Arabes) que le raçisme ne sera jamais une solution intélligente dans la recherche d'une paix durable, nulle part.

Présenté à la "quinzaine des réalisateurs" lors du dernier festival de Cannes (LE COUP DE COEUR DU FESTIVAL) il a suscité un hommage appuyé car c'est jamais évident de traiter ce genre de sujet sous la forme d'une "comédie", ni de dispenser des émotions sans fondre dans le tragique méli-mélo partisan, mais en donnant à comprendre que tout le monde doit pouvoir aspirer à une vie meilleure sans que celà génère obligatoirement des conflits.

"Hollywood cantonne souvent les moyens orientaux aux rôle de terroristes, moi je me suis servi de ma double identité qui me donnait un point de vue particulier pour écrire mon premier film sur l'immigration vécue par une Arabe -Américaine".

Elle à su s'entourer d'artistes de talents (Nisreen FAOUR, Melkar MUALLEM, Hiam ABBAS, Alia SHAWKART et Jeanna KAWAR) pour incarner cette famille recomposée  et relativement aisée qui vit dans cette Amérique obnubilée par Ben LADEN et SADAAM. une famille américano- palestiniene où l'humour, la gaieté de vivre fait rarement défaut et lui permet de surmonter les épreuvres aux quelles elle est confrontée pour les empêcher de postuler au " rêve américain".

CHEREN  DABIS semble être restée une femme optimiste qui sait que même si son film n'obtiendra pas dans l'immédiat l'effet escompté, il oeuvrera quand même pour un futur meilleur. Dans tous les cas, AMERRIKA montre que même si on est pas une pure Américaine de souche, on peut, quand  on est doté d'une peu d'intélligence comme réalisatrice, ajouter au cinéma ce petit quelque chose qui fait que ça vaut la peine d'être vue. le cinema ne doit pas devenir un outil de propagande mais être toujours mieux un outil de communication et d'échange.

"LES SOMMETS VAINCUS PAR LES GRANDS HOMMES

NE FURENT JAMAIS ATTEINT D'UN COUP

MAIS QUAND LEURS COMPAGNONS DORMAIENT

ILS MONTAIENT EN PENANT DANS LA NUIT"

( St AUGUSTIN cité par  MARTIN LUTHER KING "

" La force d'aimer")

A noter que c'est un film CANADIEN, KOWETIEN et AMERICAIN de 1 h 32 mn

*

Posté par uscgtaphm à 14:30 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonjour Alex, j'ai vu ce film il y a 4 jours: je suis en train de rédiger un billet. Les spectateurs dans la salle où j'étais, ont applaudi à la fin (ce qui n'est pas si courant). C'est un film qui fait du bien et il dégage une grande chaleur humaine. Et pourtant les débuts aux USA ne sont pas faciles. Il faut y croire, ne pas se laisser abattre. Le fait que l'héroïne soit une femme est important. Elle a la "gnak". Pour un homme, cela aurait été différent. Bonne journée.

Posté par dasola, 23 juin 2009 à 07:47

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