30 septembre 2009
(500) JOURS ENSEMBLE: L'AMOUR NE DURE PAS TOUJOURS
C'est aussi vieux que le monde; disons que ça remonte au moins à ADAM et EVE. En tous les cas, c'est de toutes les histoires qui se veulent un tant soit peu romantiques et ça fait toujours recette dans le cinéma. Normal donc que ce jeune Américain MARC WEBB , après s'être bien débrouillé dans la réalisation de clip planche sur ce sujet pour son premier long métrage: d'autant qu'il venait de connaitre une aventure similaire et que comme il dit 'c'était sa façon à lui d'imaginer le "HAPPY ENDING" qu'il n'avait pas eu en privé, car précise -t-il " l'amour a beau pouvoir être dur, cruel, difficile, c'est aussi, de loin, ce que la vie a de mieux a nous offrir" ( c'est bien là des paroles de jeune idéaliste qui rêve encore).
On trouve, ici et là, dans l'Histoire des hommes, des personnes ayant trouvé l'amour de leur vie qui ont vécu une seule et longue aventure que même la mort n'a pas réussi à y mettre fin ( Homère, Dante, Eluard, Aragon, Daly, un Prince anglais qui à renoncé au trône.....); mais ça reste l'exception. Il n'est qu'à voir le nombre de divorces, de séparations à l'amiable ou d'abandons du domicile conjugal chaque année pour s'en convaincre: L'Amour éternel reste une denrée rare en ce bas monde (c'est pour ça qu'on en rêve tous).
Marc Webb fixe à 500 jours la durée moyenne d'une vie ensemble depuis le coup de foudre jusqu'au " happy ending" comme il dit. Ne lui gachons pas son optimisme et ne gachons pas non plus le plaisirs des spectateurs car comme réalisateur il a fait un trés gros effort pour sortir des sentiers battus et rebattus de ce genre de comédie . Avec Scott NEUSTADLER et M H WEBER " les scénaristes, "on a mis de côté toutes les règles du genre ( les codes de la comédie romantique) et on a cherché des structures alternatives, en suivant nos idées, même les plus loufoques..." La mise en scène de l'aveu de la critique est plus qu'imaginative grâce à un scénario soigné et malin dans le quel l'histoire fait des aller et retour en permanence et se décale quand on pense avoir compris, ce qui fait douter jusqu'à la fin le spectateur sur le sens de cet amour ("iL TRICOTE" dit le critique de "Première").
En fin de compte on ressort de là avec le sentiment que l'amour n'a pas besoin d'être réciproque tout le temps pour mériter d'être vécu ( pour autant que ça ne sombre pas dans l'obssession de " la femme de sa vie" et dans le harcellement jaloux). L'Amour (comme les rêves) continue d'exister, heureusement, même si nos rêves ont changés et si toutes les jolies filles n'ont pas les yeux bleu de ZOOEY DESCHANEL;
Habitué aux scènes musicales de clip, le réalisateur a particulièrement soigné sa bande son et cela s'entend " de la manière dont les gens sont transportés par une chanson à celle dont ils noient leurs tristesse dans un film" -S. Neustatler- ( au début on cite les "SMITHS" avec MORRISSEY pour chanteur, Tom porte un tee-shirt du groupe "joy division" et un autre avec le groupe "The CLASH" qui ont fait, semble -t-il, le bonheur de la jeunesse américaine un temps?.
Allez voir ce film en vous disant comme le poete CHE LAN VIEN :
"Ton amour c'est mille étoiles,
mille grains d'or dans le ciel
....
Je taimme : des bourgeons tendres
ressucitent le matin
...
Tu reviendras demain
Tu seras faite de fleurs"
(extrait " Chant d'amour au matin")
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28 septembre 2009
JE SUIS HEUREUX QUE MA MERE SOIT VIVANTE: LA DOULEUR VISCERALE POUR ACQUERIR LA VERITE !
Ce film porte sur l'énigme de l'expérience familiale quand on découvre que l'on a fait l'objet d'un abandon de sa mère et que pour trouver sa pleine identité on se met en tête que ça passe forcement par qui étaient nos parents biologiques.
Le mutisme des parents adoptifs, fait que la recherche va se poursuivre à leurs insu pour éviter de leur faire aussi sans doute de la peine, surtout s'ils ont tout donné pour que l'on ait une enfance heureuse. Mais cette autre vie, ne suffit jamais à faire oublier le manque de qui on est vraiment?. Comme les exilés, les expatriés ou les immigrés qui se sentent privés de leurs racine (qui est aussi une culture autre enfoui), une sorte de déchirure que l'on essaie de réparer pour ne pas se perdre dans cette souffrance humaine. Le tître:"Je suis heureux que ma mère soit vivante" nous laisse pressentir ce que sera la première réaction, mais rien ne dit que ça ne pourrait pas se finir comme dans le fait divers (à l'origine du film)par : " Je la recherche, je la tue, je l'aime..." qui était l'article d'Emmanuel CARRERE ( article paru dans "l'évènement du jeudi" 1996)?
Ici nous avons a faire a deux réalisateurs: les MILLER père et fils.
Un père: Claude qui a passé une grande partie de sa vie à "trimballer" sur les plateaux de tournages son fils Nathan, puis à le faire tourner comme acteur avant qu'il devienne "cadreur" après avoir abandonné l'école à 16 ans: " c'était un passionné. IL a commencé bébé dans les bras de sa mère sur " l'enfant sauvage" de Truffaut. Adolescent, le cinéma lui a surement sauvé la vie. Il était fait pour cela, au delà de ce que j'ai pu lui transmettre"...Il y a quinze ans, on a déterré un certain nombre de cadavres. J'ai été un père absent, je le sais, mais on n'a rien laissé sous le tapis", et un fils qui est resté en admiration pour son père et qui fait tout ce qu'il peut, dans ce qu'il entreprend, pour qu'il soit fier de son fils :"En tant que fils de', j'en faisais deux fois plus et je trouvais cela normal" qui fera que CLAUDE sera en admiration car " Nathan nous transmet plus que je lui donne. Cela fait 25 ans qu'il travaille" en précisant " je suis heureux que ma mère soit vivante" a été aussi fait par intèrêt, parce que j'admire son regard, la manière dont il filme". Ce que le fiston confirme : " J'ai été un jeune cinéaste qui voulait résussir, il me regardait avec admiration, mais je ne lui ai pas souvent renvoyé l'ascenseur" ( "extrait le "journal du Dimanche").
Père et fils se sont donc retrouvés sur ce thème de film qui semble poursuivre Claude depuis plusieurs films et qui intéressait aussi Nathan(comme une façon de lui renvoyer l'ascenseur?).Jacques Audiard qui avait planché avec le producteur Jean louis LIVI et Emmanuel CARRERE avant de faire appel à Alain le HENRY pour le scénario, ayant privilégié la réalisation de son autre film " le prophète", les Miller se sont retrouvés,heureux, avec ce bébé d'adoption, sur les bras.
Papa Miller s'est vite rendu compte qu'il était impossible de tourner à deux et que s'il voulait permettre à son fils de pleinement se réaliser avec ce long metrage, il fallait le laisser tout faire pour n'intervenir que si ça dérapait. Claude a choisi les acteurs(VINCENT ROTTIERS,SOPHIE CATTANI, CHRISTINE CITTI) en les faisant parler, comme à son habitude, après qu'ils aient lu le scénario pour voir s'ils pouvaient être les personnages du film.
Tous les deux se sont mis d'accord pour que les séquences de retour sur le passé (FLASBACK) soient uniquement des plans totalement fixes sans aucun mouvement même pas des cadreurs comme Nathan l'avait vu faire dans le court métrage " l'amertume du chocolat...": "je me suis permis des virages plus risqué parcequ'il était là" (Nathan Miller)
Au final, on obtient ce filme rageur sur la famille qui semble avoir définitivement rassuré la famille MILLER sur le devenir de leur fils biologique dans la carrière de réalisateur.Claude MILLER avait réalisé son premier long métrage en 1976 avec "la meilleure façon de marcher"; 33 ans plus tard, Le fils assure la relève avec "Je suis heureux..."? Il y a un grande chance que le spectateur retrouve dans le deuxième le même ADN du succès.
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25 septembre 2009
DEMINEURS : REPARATION D'UN OUBLI CINEMATOGRAPHIQUE
Si vous avez vu "London River", il n'est pas certain que "Démineurs" soit le bon film à voir à la suite. Chacun a ses qualités et ses défauts dans la façon dont ils sont traités. "DEMINEURS" est un film sur la guerre vécue par une partie des soldats qui se consacrent à ouvrir le chemin pour le passage des troupes et quelques fois pour deminer les champs de batailles lorsque la guerre est finie.... ici en France ces troupes de spécialistes font partie du "Genie".
Contrairement au film, je doute que les "têtes brulées qui se "foutent" du danger fassent une longue carrière dans une unité de déminage et même si je ne suis pas un vétéran, je doute quand même que pareil personnage soit choisi par l'Etat major pour commander une telle unité . Pendant la dernière guerre on a fait appel,c'est vrai à des détenus de droit commun pour ce travail en échange, me semble -t-il, d'une réduction de peine; mais depuis, on le voit encore souvent, on fait appel à des spécialistes de l'armée quand on déterre ce genre de bombes qui n'avait toujours pas , heureusement explosé.
Que le déminage se passe en IRAK ou en France, en pleine guerria urbaine ou le dimanche dans une de nos villes tranquilles, la peur est la même pour les démineurs et c'est tant mieux car le risque zero n'existe nulle part (sauf à faire déminer par un Robot mécanique) ; celui qui n'a pas peur dans ce genre de circonstance est sinon un fou, du moins quelqu'un à qui il vaut mieux ne faire aucune confiance.
Donc, pour en finir avec l'approche de ce film, Merci à KATHYN BIGELOW de parler de ces héros inconnus;leur travail méritait bien un film en entier et cela n'avait pas encore été fait (il me semble que BELMONDO et LINO VENTURA ont tourné une séquence aussi prenante dans un film jadis) ; voilà une faute du cinéma réparée.
Après, on peu se dire que sur ces 2h 14 il y a quelques moments qui n'apportent rien à l'histoire et qui ne ménagent nullement le suspens, ni n'ajoute à l'angoisse. De plus, pour la crédibilité la succession de déminages et d'explosions gomme le fait que ces hommes entre deux déminages comme les reporters de guerre qui les filment en temps réel, ont tous besoin de " Souffler", de "décompresser", de "déstresser" pour rester lucide; là, on a un peu le sentiment qu'il font ça comme le boulanger sort son pain du four, la réalisatrice se défend en disant: " Les soldats sur le terrain ne partageraient certainement pas cette opinion (de jeu vidéo grandeur nature), mais avec ce film, j'ai vraiment souhaité que le spectateur vive une expérience, qu'il se retrouve sur le terrain à la place des soldats; je vouliais qu'il se sente connecté, de façon viscérale à ces évènements"
Pour tenir les spectateurs en haleine notre réalisatrice des films d'actions violentes a fait filmer les séquences avec plusieurs caméras, dont certaines à l'épaule (super 16) pour appuyer le genre documentaire sur le vif, pour déstabiliser les acteurs et les obliger à se concentrer sur leur rôle. Est ce que , comme les vrais soldats démineurs, les spectateurs "prendront goût" à ces missions extrèment dangereuses au point de ne pas vouloir faire autre chose ?.
Ce qui est par contre plus certain c'est que tout en ne faisant pas un film politique sur la guerre en Irak, elle montre que cette guerre impopulaire n'a pas fait des soldats Américains des "Libérateurs" accueillis les bras ouverts par les victimes et que le commandement des armées sur place n' a pas solutionné la façon de pacifier la zone des combats pour pouvoir sortir du conflit la tête haute. Cela devrait suffir à faire que les spectateurs, à la sortie du film, se posent les vrais questions comme par exemple "A qui cette guerre profite ?"
Ce film a été tourné avec des acteurs presque inconnus du grand public (Jeremy RENNER, Anthony MACKIE, Brian GEREGHTY) mais qui ne déçoivent pas.
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23 septembre 2009
LONDON RIVER: DEUX CULTURES SOLIDAIRES
"LONDON RIVER" avait été concu pour le petit écran; cela avait motivé que dans un laps de temps réduit (1h 26) ce télé-film Franco - Britanique n'ait pas pour première motivation l'Esthétique cinématographique du Grand écran et la mise en scène du plan par plan fouillée. ici ce qui compte c'est le jeu des acteurs (comme au théâtre). Tout le film aurait plus être fait en intérieur: " tout ce qui m'importait c'était les personnages" Il voulait réalisé un film "spontané et intimiste " et à parfaitement réussi : "j'étais à CANNES pour participer au jury du festival, et de là j'ai pris un avion directement pour londres pour commencer le film. J'ai pas passé des semaines à penser au film à l'avance: je suis arrivé avec la tête claire.... Nous avions un quartier de Londres, deux acteurs , quinze jours, et nous travaillons au jour le jour; il y avait peu de lumière, une équipe trés réduite"
Rachid BOUCHAREB ( le réalisateur d'"indigènes") a fait confiance à ses deux acteurs principaux pour, comme il dit: "remplir les personnages" en les laissant improviser lors des scènes qui étaient loins d'être toutes écrites dans le détails et en ne fermant pas la porte à la spontanéités des acteurs: " par exemple, quand on les voit en train de partager une pomme ou quand ils se séparent pour la dernière fois, je n'aurais pas pu écrire la gestuelle de cette embrassade qu'ils partagent, lui se tient fort et droit comme un arbre alors qu'elle s'agrippe à lui; pareil je n'aurais pas pu écrire la scène où le personnage du père africain et musulman ( SOTIGUI KOUYATE) chante pour consoler Brenta, la mère anglaise, chrétienne) (Brenda BLETHYN), ça venait entièrement de lui. Il ressentait ce besoin de chanter alors il l'a fait". SOTIGUY savait depuis le tournage de "LITTLE SENEGAL" que RACHID tenait compte des avis des acteurs :"Après Little Sénégal , Rachid, m'a dit qu'il voulait à nouveau travailler avec moi, je ne désirais rien de plus que ça au plus profond de mon âme" . pour Brenda c'est le fait d'avoir dù apprendre les rudiments du français qui l'a contrainte à improviser pendant le tournage, ce qui a ajouté à sa spontanéité; Rachid l'avait observée dans le film " secrêts et mensonges " de Mike LEIGH qui lui avait valu un prix d'interprétation ( Cannes 1996); il a patienté un an pour pouvoir lui confier le rôle de cette mère anglophone .
"C'était rafraichissant de travailler comme ça, débarassé de l'obligattion de passer beaucoup de temps à préparer les scènes, à répéter, à penser aux prises de vue ". Il est évident que sans cette improvisation, sans cette complicité d'acteurs qui sont différents en tout, d'où ressort une complémentarité autour du problème qui leur est commun (la disparition de 2 enfants après les attentats de Londres), La solidarité qui se dégage dans ce film tourné comme un documentaire d'actualité n'aurait pas été crédible autrement. Ce serait resté au niveau du " Fait divers". Même si on a reçu un enseignement différent, un mode de vie différent, l'angoisse d'un père ou d'une mère qui est sans nouvelle de son enfant est la même . Ici la sagesse poétique de l'africain est confrontée à l'obstination Britanique. Je ne pense pas par contre que la culture Chrétienne soit plus ou moins raciste que la culture musulmane, mais c'est évident que les attentats quels qu'ils soient engendrent un réflexe de racisme collectif, alors que, comme le démontre le film, les individus plongés dans le malheur ou la peur sont plus tolérants et solidaires entre eux, même s'ils sont de raçes différentes ; "Mon film est moins sur les attentats qui engendre la rencontre entre deux personnages que sur le fait que ces deux personnes partagent leur désir de retrouver leurs enfants respectifs...LONDON RIVER est d'abord un drame humain, sur la manière dont les gens réagissent à de tels évènements, comment ils se trouvent dans un même endroit et se forgent leur relation".
Ce téléfilm devenu film a obtenu au festival de BERLIN le prix de l'interprétation masculine pour SOLIGUI KOUYATE qui a fait ses preuves au Théâtre.
Ce film nous conforte dans l'idée qu'avant même de dialoguer il faut se rencontrer, s'écouter et partager en respectant nos différences en toute circonstance, même dans les plus dramatiques. La GUERRE et les BOMBES n'ont jamais rien solutionner à court, moyen ou long terme , en ce sens ce film est aussi un message d'espoir et de PAIX partout , pour tous.
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17 septembre 2009
L'ARMEE DU CRIME: QUESTIONS POUR LE PRESENT
La sortie proche du film de Quentin TARANTINO pouvait faire craindre que les spectateurs fassent des comparaisons impossibles car GUEDIGUIAN a sa personnalité de réalisateur pour le social et le politique alors que TARANTINO est un réalisateur à qui seul importe sa façon géniale et loufoque de raconter des histoires déconnectées de la réalité du present.
Même si ça traite du même sujet "L'arméé du crime" est encore différente du film de Jean pierre MELVILLE "L'armée des ombres" (1969) qui a été restauré en 2007 et qui s'était inspiré du roman de Josseph KESSEL, encore que l'on retrouve chez Guedigian des hommes et femmes qui ont fait " ce qui doit être fait".Autre film sur le sujet "L'Affiche rouge" de Frank CASSENTI (1976) lui aussi en couleur qui a reçu à l'époque le prix Jean VIGO.
GUEDIDIAN se sert de l'histoire non pour faire un film pour " mémoire" mais " pour qu'il aide à mieux voir le présent...Comment on est confronté à notre époque avec ce souvenir du passé... Le passé ne m'interesse que pour mieux vivre aujourd'hui...Je me fous de l'époque...D'ailleurs la bonne question dans le rapport du passé au présent, c'est pas de savoir ce que nous aurions fait à leur place, c'est ce que eux auraient fait aujourd'hui. Ils auraient été avec les Morex, ou ils auraient hébergés des sans papiers...il n'y a pas des masses de resistance aujourd'hui...y'en a...Mais tant qu'on peut apporter à ce qu'il y en ait encore plus, il faut le faire".
Pour tourner ce film avec moins de 10 millions d'€ GUEDIGUIAN, mi Arménien - mi Allemand a tenu a faire un film de guerre en couleurs pour rapprocher cette histoire avec la quelle de par ses origines il entretenait un "rapport quasi famillial"dans le souci de se rapprocher de la notre d'histoire. C'est pour cela aussi qu'il évite les cliches des coiffes et des coiffures de l'époque et qu'il s'occupe de reconstituer les décors et les costumes sans s'en préocuper plus que nécessaire pour la crédibilité de l'histoire ( le costume des militaires allemand ou de la police française). La première partie, il l'apparente comme un documentaire mais sans vouloir en faire un film documentaire même s'il s'est beaucoup documenté sur les futurs héros qu'il met en scène. Il veut dabord que les personnages paraissent proches des spectateurs. Après, comme il est un réalisateur qui a plusieurs films à son compteur, il adapte l'histoire en modifiant parfois la chronologie historique ( mais un carton à la fin du film précise les quelques libertés prises avec la réalité): " j'ai sacrifié des faits à des nécessités de la narration, mais il n'y a pour moi aucun contre sens, mensonge ou contre vérité..." il choisit, délibérement, de sortir de son casting traditionnel pour faire appel à des jeunes talents, c'était pour lui l'ocassion de confronter cette jeune génération avec cette histoire " c'etait nécessaire, et très tentant aussi..et puis les comédiens entre eux;Simon ABKARIAN face à Grégoire LE PRINCE-RINGUET, Virginie LE DOYEN avec ARIANE ASCARIDE et LOLA NEYMARK avec DAROUSSIN,( GERARD MEYLAN tient le rôle de l'inspecteur Mathelin) "c'est l'histoire d'un passage de témoin aussi, un enseignement, pas théorique mais dans la pratique commune, c'est ce qui est formidable...Ca a été formidable de travailler avec eux tous, ils me demandent quand c'est qu'on recommence".
Pour agrémenter son film GUEDIGUIAN l'accompagne de morceaux de musiques qui vont de BACH ( LA PASSION SELON St MATHIEU)" cette musique extraordinairement belle...ça renvoie à une vie de passion, à des gens qui meurent dans la passion".
Dans la seconde partie la violence intervient (les crimes, les tortures...) " je crois que c'était nécessaire de montrer à quelle violence ces personnages s'opposent; de le montrer vraiment. De montrer quelles violences ils étaient obligés d'accomplir...aujourd'hui la violence dans les films est un apparat, un accessoire de la narration".Au début on voit les personnages dans leur quotidien avant qu'ils rentrent en résistance.Le futur chef est un poëte qui ne manie que la plume pour coucher des mots sur le papier; il rêve d'une vie tranquille avec sa jeune élue; Tous sont d'origine étrangère mais ils sont filmés de façon que le spectateur les sentent proches de ce qu'ils sont eux mêmes aujourd'hui.
Comme dit ABKARIAN : " Aujourd'hui il est urgent de réveiller le consciences...Dans cette société, on a besoin d'entraide , de solidarité. Si ce film doit avoir une resonnance c'est celle-là! Le mythe de la reussite individuelle de la société actuelle m'indispose vraiment"
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16 septembre 2009
DISTRICT 9 : LES GENTILS NE SONT PAS CEUX QU'ON CROIT
S'il existe un genre sur lequel on ne s'attend pas à trouver des avis aussi trancher c'est bien le film de science- fiction; Ici pourtant, majoritairement les plus de 45 ans le trouvent "interessant", "bien" ou "trés bon ", par contre les plus jeunes frisent le "décevant" ,voir le "nul". La tranche des 14/16 ans aime majoritairement.(sorti en aout au Quiebec).
Cette divergence d'opignon des spectateurs relève sans doute de la façon dont est traité "DISTRICT 9"; pourtant les effets spéciaux employés ne souffrent d'aucune critique et pour cause le réalisateur Noël BLOMKAMP a déjà fait ses preuves dans la pub et les effets spéciaux et a fait appel aux artistes des "seigneurs des anneaux" (Weta Workshorp) et a JOE DUNCKLEY pour superviser les effets de plateau. En fait, il semble que ce soit le fait que la forme se situe entre la Fiction et le documentaire (caméra à l'épaule)qui dérange.Comme le précise le réalisateur : "c'est un peu comme si vous découvriez une seule et même histoire au travers de plusieurs médias. Autrefois, on découvrait un sujet dans un seul journal; aujourd'hui, les images et les écrans sont partout. De plus l'avènement de la téléréalité a encore davantage brouillé la frontière entre la réalité ét le divertissemnt". Pour ma part, je serais plutôt enclin à penser que la différence de perception se fait surtout autour du scénario et du Choix du sujet. Jusqu'à présent, la plus part des films de ce genre tenaient les humains pour les "gentils" et les extra terrestre pour les " méchants" ( même la famille d'ET ne rigole pas trop ). Là, on inverse les rôles avec, en passant, le choix du lieu , dans la banlieu de SOWETO, en hivers ( la poussière , les barbelés...) avec ce réalisme qui ne peut pas faire oublier que l'Afrique du Sud a vécu des moments douloureux entre blancs et noirs, il n'y a pas encore si longtemps. .Même si on a tendance à fermer les yeux sur certains faits de gens qui se réclament civilisés, et qui même dans leur propre famillle abusent et maltraitent leurs propres enfants, quand ils ne les jetent pas à la poubelle.... Donc , c'est sur que montrer des extra terrestres qui sont des soit disant non -humains, mi insecte, mi crustacé qui ont des allures de crabes et de langouste ( ils sont fait de résine et de matière gluante pour leur donner un aspect brillant et vivant) et que ce soient eux qui se retrouvent à chercher une terre accueillante et rien d'autre, ça craint d'autant plus que nos soit disant humains qui les enferment derrière les barbelés n'ont rien à envier a ceux qui controlaient les camps de concentration de la seconde guerre ou les plus récents de Guantanamo. Au mieux ils partent sur les mêmes préjugés
Le budget du film a permis certaines audaces nécessaire à la crédibilité des images. Il a permis qu'un court métrage initial "alive et Joburg" qui se déroulait dans un bidon ville devienne ce long métrage. Pour District 9 il utilise quelques images du South african Broadcating Corporation, Reuters et d'autres agences de presse (images d'archives) . Pour les décors ils récupèrent les matériaux des cabanes que l'on trouvait dans les TOWSHIP : " pour qu'un film comme çelui-ci fonctionne il faut je pense un certain degré de réalisme, de pollution et de crasse" (N B).... "Pas mal de jeunes réalisateurs de cinéma de genre s'inspirent en général de classiques qui les ont marqués. Dans le cas de Neil (BLUNKAMP), il s"agit de sa vie. Le budget de 30 millions de dollars n'était pas lourd comparé aux 200 millions des concurents comme transformer et GI Joe , mais on disposait d'un avantage inestimable par rapport à eux: la liberté" ( " le journal du dimanche").
C'est un film ambitieux qui sait ménager des petits moments d'humour et des moments beaucoup plus gore pour transposer le présent dans le futur avec une fiction qui oblige à se questionner avec beaucoup moins de certititude sur ce que l'on ferait si cela se produisait vraiment deman ?.
C'est certain que l'amateur de science et fiction n'est pas habitué à ce genre de réflexion qui court circuite le divertissement gratuit.. DISTRICT 9 se rapproche de STAR WARS mais sur un autre questionnement, moins scientifique et plus philosophique ( Star WARS confie sa protection à une armée de clones, on se déplace dans l'univers à la vitesse de la lumière, les engins volants n'ont rien des simples hélicoptères...). DISTRICT 9 reste un film qui obéit aux contraintes du cinéma mais à l'inverse de STAR WARS il ne s'accorde pas d'"incongruités scientifiques, techniques et morales.
"Nous habitons
des peaux à la lisière de la nuit
l'âme née de l'étincelle et du firmament
et l'aile
chant de nos sèves meutries
attèle nos orages aux étoiles
dans les géoles de l'oubli"
;;;;
-Tahar BEKRI pour Nelson MANDELA -
(extrait de "forçats de l'horizon")
QUE LA GENTILLESSE SOIT AVEC VOUS!
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14 septembre 2009
FISH TANK :IMMERTION DANS L'ACQUARIUM DES ADOS
Andréa ARNOLD est de ces femmes qui, à la quarantaine, décident de passer de l'autre côté de la caméra pour exprimer leur ressenti sur la rétraction sociale de la société en faisant preuvre de sincérité par un engagement de réalisatrice qui n'est pas qu'un mécanisme de défense. FISH TANK est son second long métrage salué par le jury de Cannes .
Quand les jeunes découvrent un monde des adultes dans le quel il n'y a même plus de sécurité ni de valeurs sociale dans la famille qui a explosée en perdant son sens et cet esprit de famille, non seulement ils perdent tout repère mais ils conçoivent difficilement une perspective de plan de vie . Survivre devient alors la seule urgence du présent. Ce désintérêt pour l'avenir se traduit par un ressentilment contre la société et la colère de ne pouvoir compter que sur soi pour grandir.(La colère est une traduction de ce fatalisme désabusé façe au naufrage social de la famille). A défaut d'avoir un idéal communautaire comme jadis les BEATNIKS ET LES HYPPIES , ces ados d'aujourd'hui se retrouvent avec les BAD BOYS des bas fonds des quartiers mais se refugient auusi dans leur aquarium (FISH TANK) ( Dans le film il s'agit d'une pièce vide, abandonnée où Mia peu se donner à fond pour la danse dont elle rêve) . Et c'est vrais que seuls parviennent à s'en sortir celles et ceux qui ont garder en eux le désir de reussir quelque chose qui la fera grandir pour vivre une vraie vie.
Réussir à montrer tout cela dans un film nécessite beaucoup de conviction. Chez Andréa ARNOLD cela passe d'abord par l'idée que personne ne sait ce qui va se passer dans les heures qui suivent :" Dans la vraie vie on ne peu pas prédire ce qu'il va arriver dans une heure. Pourquoi le ferait-on au cinéma ? J' écris les scènes au fur et à mesure du tournage et en fonction des acteurs". Elle a cherché ses personnages qui soient totalement eux mêmes "sans aucune esbrouffe, aucune prétention" ..."Pour Mia ( l'ado en pleine crise) il me fallait quelqui'un qui me donne vraiement du fil à retordre, une fille qui n'aurait pas besoin de jouer...On a déniché KATIE JARVIS à la station de Tibury Town où elle se disputait avec son petit copain....elle déborde d'énérgie mais a aussi une part de fragilité et d'innocence qui nous convenait." Elle choisit Michael FASSBENDER pour incarner l'adulte beau, gentil et charmeur qui va faire découvrir à l'ado que l'amour existe et qu'avec un peu de tenacité on peut assouvir ses désirs les plus secrêts comme celui de devenir danseuse plutot que de sombrer dans la délinquance. Là encore, pour ne pas sortir de la réalité, elle repère quelqu'un qui, à côté de chez elle, s'occupe d'un jardin public et sort les poublelles "Il incarnait parfaitement Connor. Je me demande ce qu'il devait se dire lorsque je le dévisageait chaque fois que je le croisait..."
Sur le tournage elle oblige chaque acteur à se contenter de travailler la scène du moment sans chercher à en savoir plus. Comme le dira FASSBENDER "être aussi détendu et détaché que possible" était son principal mot d'ordre. Andréa est trés vive et spontanée, elle utilise ce qui se passe sur le plateau pour l'intégrer au film comme s'il s'agissait d'une matière vivante".
Mais rien n'est laissé au hasard. Le choix de la danse tient sans doute pour beaucoup à une de ses rêves d'ados. De fait kATIE ne savait pas danser et elle n'aimait pas ça mais la réalisatrice lui montre quelle peut être vraiment elle même quand elle danse ; l'authenticité va compenser le jeu d'acteur. Ainsi, Mia va d'abord s'affronter à la musique du rapp et dans les chorégraphies inventées du Hip-hop " il y avait dans sa danse un mélange de force et de détresse que je cherchais"..." Je viens de la même classe moyenne, la vie à la maison était plutôt cahotique et j'avai le même tempérament bien trempé que Mia. Mais la ressemblance s'arrête là.."
Le choix du décor à l'est de LONDRES ( l'ESSEX ) est un ensemble de paysages désolés, devastés par la crise, avec la tamise qui se jette à la mer. Jadis c'était là que la reine était venue saluer les soldats qui partaient combattre le conquérant Espagnol.
"FISH TANK" n'est pas qu'un film réaliste noir, c'est une oeuvre qui fait danser la lumière au rythme de la musique et de la mise en scène dans le bon tempo. Ce parti pris dénudé d'émotion est un portait rageur d'une partie des ados d'aujourd'hui livrés à eux mêmes...en Angleterre et partout ailleurs.
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10 septembre 2009
A PROPOS D'ELLY : MEFIEZ-VOUS des PREJUGES !
"J'espère que l'on arrivera un jour à ce qu'il y ait le même nombre d'avis sur un film que de spectateurs. J'aime l'idée qu'un film ressemble à des mots croisés dont on demande au public de remplir les cases" -Asghar FARHADI-
Si vous avez des préjugés sur l'iran et la modernité du cinéma Iranien,"A propos d'Elly" aura vite fait de vous remettre les idées claires sur la réalité de ce pays victime des clichés confortés par une poignée de fanatiques religieux et leur soit disant puritanisme des idées, concernant notamment la condition féminine des Iraniennes:
" les autorités n'avaient rien contre le film. C'est lorsqu'ils m'ont vue à la télévision, participant à une avant première sans foulard que mes ennuis ont commencés ....ils ont saisi mon passeport et signifié l'interdiction de quitter le pays...J'ai du subir des mois d'intérrogations et la demande pour finir de 2,5 millions d'euros pour que me soit rendu mes papiers....mon père metteur en scène a eu des films stoppés. Ce qui m'importe c'est de faire changer les choses. Pour moi et les centaines de jeunes Iraniens qui sont dans mon cas" -Golshitch FANAHAMI ( actrice) extrait journal " le Parisien".
Le metteur en scène de"A propos d'Elly"Asghar FARHAD a montré qu'il était toujours possible de faire des films qui mettent en valeur aussi bien la forme que le contenu (Ours du metteur en scène au festival de Berlin) tout en montrant qu'un pays ne se limite jamais à des idées reçues. Oui, il existe en Iran même des êtres humains qui luttent pour une vie conforme à l'idée universelle de la LIBERTE chère au principe de la Conscience universelle de Victor Hugo " Fais de moi ce que tu veux, mais moi je ferai ceci et pas celà "...
Il n'est pas inintéresseant de savoir comment un réalisateur conçoit le cinéma qu'il met en pratique:
"au départ c'était une image (un homme seul, au crépuscule , qui vient de sortir de l'eau et qui attend au bord de la mer que l'on sorte le cadavre de sa femme) , comme un bouton à partir duquel j'ai cherché la chemise et le costume adéquats. Au fur et à mesure de l'écriture des thématiques ont surgi: le mensonge, le jugement et la relativité de la morale. Je suis heureux, en tant que réalisateur que mon héros (Elly) reste une énigme, même si en tant que spectateur je suis aussi frustré. La femme représente tout simplement pour moi la part d'ombre, de mystère, plus intense que celle des hommes.
A l'étranger on se fait encore trop souvent l'idée d'Iranniènnes passant leurs temps à cuisiner et à s'occuper des enfants. La réalité est toute autre, évidemment: elles sont instigatrices de beaucoup de choses, elles ont un role social très important à jouer et elles l'assument. Les oppressions dans l'histoire de l'iran les a tellement fatiguées qu'elles revendiquent aujourd'hui leurs droits et leur place.
Il ne fallait pas que la mise en scène fasse écran entre les spectateurs et les personnages et je ne voulais pas donner le sentiment de m'érriger en juge (ce qui impliquait des caméra trés mobiles qui ne néglige aucun des personnages...ne jamais devancer le spectateur, lui laisser son autonomie pour qu'il se fasse lui même son idée sur le film. ...J'ai toujours suivi dans ma démarche l'objectif de ne pas être trop dicdactique et de ne pas imposer mes théories...Le cinéma est arrivé à un age suffisament avancé pour ne plus accepter qu'un metteur en scène impose ses idées, ses théories ou son idéologie. Le paradoxe serait de vouloir dicter à l'écran sa conception de la liberté alors que le spectateur se trouve déjà, vis à vis du film, dans un rapport de soumission. Ce dernier doit garder la posibilité d'apporter sa propre interprétaion et de participer davantage à ce qu'il voit...La diversite des personnages permet de montrer que la culture n'exclue pas les préjugés: Ils ont beau avoir pour certains étudiés le droit, ils sont les premiers à juger autrui sur des apriori. La société Iranniene est faite de tous ces petits groupes qui n'arrêtent pas de coller des étiquettes".
Allez voir ce "Trillers" mais pensez avant à tout ce qu'a dit ce réalisateur exilé en Amétrique: "SOYEZ ACTIF ET PAS QUE CONTEMPLATIF"!
je ne pense pas qu'il soit important de savoir la fin d'Elly , comme SALMAN RUSHDIE qui titrait sa nouvelle " un bon conseil est plus rare que des rubis" j'ai envie d'écrire pour finir : Ne vous désolez pas "Jamais au cours de sa rude vie de désir inassouvi, il n'avait vécu plus grand bonheur que le dernier sourire de..."
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07 septembre 2009
A DERIVA : PREJUDICE FAMILLIAL
Vincent CASSEL n'est pas un acteur à se laisser enfermer dans le conformisme ambiant du héros. Après sa distinction pour son rôle dans "Mesrine" (meilleur acteur 2008), il s'est laissé tenté par le cinéma Brésilien à petit budget....
Passer du Ganster violent à l'écrivain père de famille largué pour sa façon d'être et ses comportements dans la réalité de la vie quotidienne n'est pas fait pour rassurer l'homme qu'il reste en dehors du cinéma::" Il est toujours intéressant pour un acteur de jouer un personnage qui évolue au cours du film. Je pense que par définition, les hommes sont toujours plus immatures que les femmes. Mathias est accroché à l'idée de vivre en couple, vivre ensemble, et il fait tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas être abandonné et, en même temps, il arbore une certaine indifférence vis à vis de son mariage. Il joue un jeu pervers avec sa femme Clarice. Elle veut le divorce et veut vivre avec un autre homme. il se venge de manière sournoise en la privant de sa liberté"...."Je n'avai jamais joué un tel rôle....J'aurais trés certainement refusé de jouer ce rôle en France; cela aurait pu être du ROHMER ou du OZON, mais je ne l'aurai pas fait en france. Ce rôle était au antipodes de ce que j'ai l'habitude de faire". Et il estime que faire un film comme A dériva en france cela aurait été se trouver en prise avec le syndrome post nouvelle -vague " ce à quoi je n'adhère pas du tout. Mais venant d'ailleurs, j'ai trouvé la proposition originale ....Au Brésil , j'ai baissé ma garde et j'ai accepté l'invitation " qui pour le réalisateur Hector DHALIA est dù au fait qu'il ne trouvait pas d'acteur Brésilien qui puisse incarner physiquement son écrivain de la quarantaine, charmant..
"A DERIVA " est inspiré précisement de plusieurs films ("Respiro" de E CRIALESE, "Eté 42 " de R MULIGAN...et de certains autres de la nouvelle vague française comme " Pauline à la plage " ou les quatre cent coups")
Dans "A DERIVA " Mathias est surtout confronté au jugement de sa fille dont il perd la confiance au fur et à mesure qu'elle apperçoit ce qu'elle juge être les dérives de son père ( Il s'amourrache d'une autre femme ). l'Adolescente vit trés mal le quotidien de cette famille en pleine déliquescence alors que le père n'est pas dans le besoin. Elle lui en veut de plus en plus et sombre dans la déprime. Quand on est soit même le père d'une adolescente on est forcé de se poser des questions et se dire comme Cassel le dira lui même lorsqu'il observait la jeune comédiénne Laura NIEVA " Comme père je me suis identifié complètement et je me disais "quest ce que je vais devenir?" Il ne s'agit pas seulement de savoir gérer la crise d'adolescence d'une fille mais aussi préjuger de ce que l'on est en train de faire de sa vie et avoir la maturité d'esprit de l'être que l'on est dans le réel. Et c'est vrai que c'est pas facile quand on est comme Cassel quelqu'un qui a du mal à prévoir au delà d'un an sans que la déprime le guête. On sent bien que cette adolescente aime son père et voudrait bien le faire revenir dans le giron famillial ( elle pense sans doute que celà l'aiderait à devenir adulte elle même) mais on se demande si cela se produisait ce que celà pourrait donner au final ?
Le cinéma bresilien n'est pas à côté des soucis familliaux des autres pays;
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02 septembre 2009
LES REGRETS ...DU TEMPS PERDU
Cédric KAHN, élève de PIALAT, admirateur de TRUFFAUT, a mis parait-il quatre ans pour se remettre de l'échec de son 6 ème film " L'AVION": "ça a été assez violent. J'ai tenté quelque chose qui a été mal pris et je n'ai pas bien vécu cette suspicion d'avoir soit disant voulu faire un coup".Catalogué dans les nouveaux réalisateurs "d'avant-garde", c'était couru d'avance qu'on ne lui laisserait rien passer. Vouloir innover en faisant dans le fantastique qui plaise aux adultes comme aux jeunes, même à partir d'une BD à succés comme "CHARLY" ( 2004), demandait une parfaite maitrise du genre. Dans la Bd le jeune CHARLY entend des morts qui parlent et l'accusent de les avoir tués; il fait des angoisses, des cauchemars et sa mère pense que c'est dù à la mort de son père et à la destruction du jouet spatial qu'il lui avait offert (capitaine Foudre). Puis le petit Charly voit les meutres avant qu'ils se produisent,sa mère part donc à la recherche de ce tueur en série pour délivrer son fils de ses obsessions (Editions DUPUIS).
C'est vrai qu'il y avait là matière à faire une film, mais avec "l'avion" Cédric Kahn s'est complètement crasher en voulant faire un conte avec un avion qui se révolte (il bouge à cause du père mort) et des effets spéciaux qui, comme l'a écrit un critique, semblent n'être là que "pour cacher le manque cruel de chose à dire"; le tout agrémenté par des acteurs qui déjouent en récitant un texte.
Dans son nouveau film "LES REGRETS" Cédric semble vouloir partir sur de nouvelles bases plus réalistes et moins ambitieuses, quoi que: " J'ai voulu faire un film trés humble sur un sujet trés personnel (la quarantaine est au coeur de mon film qui marque un virage dans ma carrière) qui n'est pas une adaptation. Aborder le monde des sentiments, c'était un défi. Chaque film doit en comporter un"...les REGRETS est parti du constat que j'avais toujours évité les émotions...Une histoire d'amour c'est du basique au cinéma, l'équivalent d'un tailleur pour un couturier! Au vu de l'histoire du cinéma, c'est ultra rebattu et classique, mais au vu de mon histoire personnelle, c'était un défi énorme... asuumer un film totalement sentimental c'était plus périlleux pour moi. Je ne voulais pas me cacher derrière une intrigue policière, une figure de style, une virtuosité ou un défi de mise en scène, je voulais assumer que les sentiments soient à la fois le point de départ et d'arrivée du film" ...Il faut parfois revivre les choses pour s'en guérir". "REGRETS parle de choses sentimentales et psychologiques mais le traitement est trés concret: filmer la tension amoureuse, la pulsion, la peur que l'autre vous échappe, je voulais que le film aille vite, qu'il soit élliptique dense, monté comme un film d'action"...Je voulais me confronter aux sentiments par le biais d'un retour d'amour en référence à "LA FEMME D'A COTE" mais je ne voulais pas faire un remake du film de TRUFFAUT."
C'est vrai que c'était pas simple de faire de l'action sans action, voila pourquoi kahn S'est servi de dialogues percutants qui fait dire à l'actrice Valérie Bruni TEDESCHI :" J'ai ressenti un suspense en voyant le film, il y a des coups de théâtre, des revirements, pleins de ressorts dignes des films d'action". Cedric Kahn essaie d'effacer tous regrêts à celles et ceux qui, après avoir connu un grand amour de jeunesse, voudraient essayer sinon de recommencer, du moins de la continuer 20 ans plus tard avec quelqu'un (e) qui est forcement devenue différent(e) et pas que physiquement.Pour lui, la PASSION amoureuse ne peut être qu'éphémère et se terminer mal pour les deux.
je ne suis pas un adepte de ce genre de film, mais je trouve que le courage de ce réalisateur qui n'a pas baissé les bras mérite d'être encouragé; en espèrant que son prochain film fera de bonnes "nouvelles vagues".
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