Malgré plusieurs précèdents films sur STALINE celui-ci me semble tout aussi indispensable pour continuer de déchirer complètement le voile qui recouvre la vraie personnalité de celui qui fut longtemps considéré comme le "petit père du peuple".

En prologue à ce commentaire de film il n'est pas hors de propos de se souvenir de ce qu'écrivait "Khrouchtchev" ( qui a longtemps travaillé dans l'entourage de Staline) dans ses "souvenirs" (club français du livre -1971) en guise de prologue:

"...encore et maintenant, après que tous ses crimes ont été révélés et que sa culpabilité à été démontrée...Il y a encore des gens qui tremblent devant les caleçons sales de Staline, qui se mettent au garde à vous devant eux et qui les saluent sans jamais se demander s'il était historiquement inévitable que tant de morts s'accumulent sur sa route et si tous ces morts ne sont rien...... De combien de sang versé Staline a-t-il été personnellement responsable? Il est temps d'arracher les voiles qui dissimulent les réponses à ces questions et à bien d'autres....L'acharnement  de Staline contre ses énnemis personnels qu'il prétendaient être ceux du parti nous a valu des pertes incalculables. Son intolérance contre laquelle LENINE nous avait mis en garde a eu pour conséquence l'annihilation de milliers de personnes qui étaient dévouées corps et âmes à la cause du marxisme-leninisme...Dans tous les aspects de sa personnalité il y avait à la fois quelque chose d'admirable et de juste et quelque chose de sauvage. Rien en lui ne semblait allait avec tout le reste. Il ne faut jamais oublier l'extrème complexité de Staline pour comprendre tout ce qu'il a pu faire....Il était foncièrement brutal et n'hésitait pas à abuser de son pouvoir. Incontestablement il y avait en Staline qu'elque chose de malsain....Le même homme ne saurait être un génie et un assassin. Quels qu'aient été ses motifs, Staline en faisant executer des millions d'hommes, s'est rendu coupable d'un crime horrible...Staline avait adapté toutes les méthodes d'endoctrinement à ses fins personnelles. Il exigeait une obéissance aveugle et une foi sans défaillance"

Staline était un homme cultivé qui jeune avait fait le séminaire mais humainement c'était un être pour qui les morts n'avaient aucune importance ( sauf la sienne et peut être un peu celle de sa femme qui avait finie par se scuicider) et qu'il pouvait disposer de la vie des autres comme bon lui semblait en leurs imposant au paravent un harcellement pervers.

"Une execution ordinaire" est un film qui dévoile la personnalité  du dictateur lorsqu'il ne parade pas en public et qui s'inquiète pour sa santé au point de faitre appel à une guerisseuse pour contrer la maladie et la vieillesse qui le gagne (Il était né en 1879 et mourra à 74 ans). Ce film contrairement à "TSAR" où Tout est basé sur la violence physique d'un IVAN IV qui dans sa folie mystique pensait que la terreur était le seul moyen de tenir le peuple à sa merci, est un film où la violence que l'on redoute  au moindre changement de ton glace le sang de celles et ceux qui se trouvent façe à lui en sachant de quoi il est capable, est palpable, présente en permanence mais invisible. Il est évident que quand il fait appel à vous pour l'aider à partager une partie de son intimité, on sait qu'on n'en sortira pas vivant "secrêt oblige". La seule ressource qui reste c'est de resister le plus longtemps possible à la panique en se mefiant de tout pour préserver sa famille.

Marc DUGAIN s'est servi de son livre paru en 2007 pour en faire un film et comme il le dit lui même il ne suffit pas d'extraire des lignes pour écrire un dialogue car cela peut jouer de mauvais tours. Il s'est entouré de professionnels du "haut du panier" au sein du cinéma français et international :

" On se dit au départ que cela ne demandera pas beaucoup de temps, puis au fur et à mesure que le projet avance, on se rend compte de l'ampleur du Travail...André DUSSOLIER ma beaucoup aidé, surtout dans les dialogues; il m'a appris à être moins informatif et à laiser de la place aux images....s'il n'y a pas d'émotion, il n'y a pas d'intérêt à faire un film...Je suis de ceux qui pensent qu'on apprend à écrire en lisant et que l'on apprend à mettre en scène en regardant des films.....

je pense que " une execution ordinaire" est un film assez particulier qui essaie de parler de façon originale du pouvoir, à travers différentes émotions, dans une tension qui pourrait appartenir à un  genre presque Hitchcockien, où l'on reste " suspendu" avec toute fois une certaine retenue, pour ne pas dire pudeur. L'important étant que les gens soient touchés en le voyant et comprennent qui était réellement STALINE; iL peut donc aussi s'agir d'un film à valeur pédagogique, mais sans aucune prétention" (Marc DUGAIN)).

Un dernier mot pour dire que ce film est admirablement bien servi par l'équipe de comédiens:

"Un jour on vous appelle et on vous dit " andré DUSSSOLLIER, voulez-vous être STALINE?, j'ai répondu : Vous êtes tombés sur la tête, quelle idée, je ne me sents en rien à Staline!" et en même temps quelque chose me disait en moi : "ce serait un sacré défi tout de même!" J'ai alors précisé au producteur Jean louis LIVI que le mieux serait de faire des essais, ce que nous avons fait sans trop appuyer le maquillage, une moustache, une perruque , rien de plus. Un équipe de maquilleur s'est mise au travail..."' (André DUSSOLLIER)

"Je sortais du conservatoire, je n'avais rien fait au cinéma, Jean louis LIVI m'a téléphoné pour qu'on se rencontre. La première fois qu'un producteur vous appelle, qu'il distingue la complète inconnue que vous êtes c'est inoubliable!..." (MARINA HANDS)

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