j'ai hésité à commenter ce film après avoir vu les nombreuses réactions défavorables des jeunes sur un blog ciné à son sujet (alors qu'à CANNES 400 écoliers avaient été enthousiastes). Romain GOUPIL est pourtant un cinéaste qui ne tourne pas sans arrêt. Et après son passé de militant politique engagé avec des films tournés autour de sa révolte militante, dont certains sont réstés comme des échecs commerciaux,  (ce qui lui a valu un retrait volontaire  en tant que réalisateur jusqu'en 1989), je pense qu'il faut voir à travers ce film ce qui se dégage de nouveau et d'intéressant qui font que cet ancien assistant de KERMAN, POLANSKI, GODARD, avait commencé sa carrière de réalisateur par une caméra D'OR et un César pour une "première oeuvre"<< Mourir à trente ans<<.

Il parait qu'il a soutenu la guerre en Irak? mais ce que les jeunes et le "grand public" en général lui reprochent à travers ce film, c'est d'avoir fait un film de plus sur la cause des "sans papiers" qui plus est en se servant d'enfants, qui dans la réalité n'ont jamais la réaction qu'il leurs prête quand ils sont confrontés dans leur école à ce genre de problème.

ROMAIN GOUPIL n'est pas un  homme à s'asseoir sur ses convictions politique, même s'il reconnait que certains de ses films ont desservis la cause qu'il voulait défendre. Le sujet des sans papiers reste d'actualité avec le maintien des quotas et son lot d'explusion quotidien. Il divise les gens y compris parmi celles et ceux qui luttent contre cette chose inadmissible qui se passe dans un pays comme la France.  C'est pour combattre sa propre sensation d'impuissance et pour faire un film qui donne envie de comprendre, que le choix du sujet à été rétenu. Cela étant, il admet à présent qu'il est difficile de bien réflèchir à chaud qand on est plongé dans "une gangue nauséabonde qui fait que nous risquons de finir dans des termes inacceptables et d'entrer dans un débat qui sera considérér dans 60 ans comme une indignité totale dans sa formulation même". Mais pour lui aussi taire ce qui se passe  ou refuser d'aider est inacceptable.  Il se pose donc la question de "combien de temps faut-il pour s'appercevoir que ce qui se passe maintenant est simplement inadmissible ?"

Echaudé par des expériences de films précédents qui par leur caractère politique  leurs avait fait manquer leur but, Goupil choisit cette fois de faire un film inoffensif en apparence, joyeux : " je ne voulais pas un film réaliste, plutôt un conte, même si la toile de fond est réaliste" De là cette idée de décalée de 60 ans cette histoire racontée par celle ( MILANA) qui a été au centre de cette histoire.

Et comme il continue à penser que l'action "collective" est plus efficace que l'action d'un individu, il organise son intrigue autour d'un groupe d'enfants de toute condition familliale qui fréquentent la même école, avec parmi eux quelques enfants de sans papiers qui vivent dans l'angoisse d'être expulsés: " je n'aime pas quand le cinéma utilise les enfants pour faire passer des émotions d'adulte... J'ai voulu filmer avec eux , parmi eux en évacuant le plus possible les adultes du cadre pour donner toute la place aux enfants. ...Souvent, après une prise , ils se mettaient à blaguer entre eux et c'était trés bien. Du coup, j'ai parfois utilisé ces situations en les incluant dans les scènes  qui devaient être jouées en respectant les dialogues écrits et d'autres beaucoup plus libres, leurs relations spontanées... Il fallait que l'on sente que le groupe des enfants fonctionne comme une bande. Cela s'est mis en place peu à peu, nous avons fait beaucoup de lecture en commun, un peu vécu ensemble. On a joué , on s'est chamaillé.... Ce rapport avec les autres correspond à mon histoire". il montre des enfants qui ne font pas confiance dans l'efficacité des actions adultes; eux sont plus spontanés, plus crédibles entre eux, généreux ( le bon sens enfantin) et parfois aussi cruels.

L'utilisation du Flash-back est une façon pour renvoyer le spectateur à la réflexion.

On a réproché au film de goupil de faire une film de "bons" contre les "méchants" un peu trop facile alors que lui explique que s'il a mis un " méchant" ( le frère de cendrine : VALERIA BRUNI TEDESCHI) c'est qu'il fallait faire entendre en écho les réactions de celles et ceux qui ne sont pas d'accord pour qu'on défende les sans papiers à tout prix. "La musique ( surtout du violoncelle) vise à faire le contrepoint des sitations et suggère la réminiscence  dans l'imaginaire de  MILANA qui raconte."

Pour ce film il s'est servi du numérique afin de jouer avec"" les perspectives et la profondeur du champ " : j'ai pu tourner en longueur et multiplier les angles de prises de vues pour créer une sorte de jeu ou de joutes entre les enfants sans avoir à me soucier du coût de la pellicule".

Bref, un film famillial, social, du nouveau GOUPIL à découvrir pour se faire une idée.

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