L'Amérique a ça de plaisant c'est qu'elle est capable  de sortir en même temps deux films d'un intérêt différent pour capter le plus grand nombre de spectateurs et s'affranchir de toute identité culturelle.

Le premier, cette semaine, est "TOP COPS" avec Bruce WILLIS; C'est ce que l'on appelle un film "alimentaire" qui s'appelait dans le scénario qui attendait preneur:" un duo Idiot". Je vous rassure, les 35 millions de dollards du budget ont déjà été amorti en Amérique. La sortie en France et ailleurs n'est que du Bonus et si vous avez été des 15 millions de footeux à suivre les idioties des joueurs français et que vous éprouvez le besoin de ne plus vous prendre la tête, "Tops COPS" remplira cette tache et fera du bien au porte feuille de BRUCE...

Le second "DOG POUND" a été confié, à la demande d'un Américain, au jeune  réalisateur Français JIM CHAMPION ( avec JEREMIE DELON pour co- scérariste). C'est un film sur la vie en prison de 3 ados à l'évolution de vie différente ; un marginal jusque boutiste qui ne reçoit aucune visite,un enfant de classe moyenne qui compense son gouffre affectif  par le sexe et un mexicain qui joue les petits durs. Trois ados ni bon ni méchant que l'on envoit en prison à "Emotion Valé" ( vallée de la solitude). ils sont confrontés à choisr entre être dans le camp des victimes ou dans celui  des bourreaux.

CHAMPION est allé un an en Amérique visiter plusieurs prisons d'ados pour s'informer de la réalité de la vie interne. Il a reçu un acceuil bienveillant de tous, aussi bien des gardiens que des jeunes détenus. Le tournage a été beaucoup plus périeux car Champion  a laissé beaucoup de place à l'improvisation  avec des acteurs qui pour certains étaient réstés des violents au passé sulfureux. La scène d'émeute, par exemple, a failli basculé dans une violence extrême.

JIM CHAMPION a trés bien résumé le but de son film qui se distingue des nombreux autres sur le thème des prisons adultes (hommes et femmes):

"En parlant avec certains gardiens et certains prisonniers, on se rend compte que l'on vend de la peur pour acheter des prisons ( au Etat unis , les centres  de détentions pour mineurs sont privés. Ca reste un business assez juteux), pour acheter des hommes politiques qui vont combattre cette délinquance.

Personne ne cherche vraiment à la résoudre, tout le monde en vit.

"DOG POUND" n'a qu'un message à faire passer: enfermer des enfants en prison n'est pas la bonne solution.

S'ils sont tels qu'ils sont, il faut creuser un, peu plus et se poser des questions.

Ce film est un miroir que je tends pour montrer à quel point ce processus est un gachis.

Mélanger ceux que l'on peut encore sauver avec ceux qui ont connu une réalité épouvantable;

C'est un déni de Civilisation. ".

Il est resté attaché au problème de l'adolescence:

" Je reste sensible à ce moment où on se dit encore que tout est possible. Je veux capturer ces instants magiques et imprévisibles. Mes références " l'enfance nue" de Maurice PIALAT, " Les 400 coups" de François TRUFFAUT, et " Sa majesté des mouches" de PETER BROOK" ( extrait du JDD)

DOG POUND qui a été récompensé pour sa mise en scène rigoureuse, est inspiré du livre " SCUN" de L'Anglais ALAN CLARKE (1979) Interdit au moins de 12 ans.;

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