LE FIGUIER A TOUJOURS ÉTÉ CONSIDÈRE COMME UN ARBRE PARTICULIER, AUX VERTUS DIVERSES AUX QUELLES SONT RATTACHES DES CROYANCES ANCESTRALES DEPUIS QUE JUDAS  S'EST PENDU APRÈS AVOIR LIVRE JÉSUS POUR QUELQUES DENIERS. C'EST UN ARBRE RESPECTABLE ET RESPECTE. QUAND ON EN TROUVE UN, IMMENSE ET BEAU, COMME CELUI DU FILM QUI A PLUS DE 200 ANS D'AGE, ON RÊVE TOUS DE VIVRE HEUREUX SOUS SON OMBRAGE PROTECTEUR.


Pour son second film, JULIE BERTUCELLI a portée à l'écran le livre de JUDY PASCOE, " l'arbre de mon père" en hommage aux père de ses enfants décédé d'un cancer 4 ans avant.
Le premier mérite de ce film a été de traiter l'arbre comme le personnage central de cette histoire. On apprend à le découvrir dans le détail, à le sentir vivre malgré sa fixité apparente. C'est un arbre qui respire la vie, qui transpire une volonté de survivre dans ce milieu naturel de l'Australie,  qui s'adapte à son milieu de vie particulier et à son environnement. il est un exemple de robustesse façe aux aléas de la vie. Parfois il se fait envahissant car il refuse cette frustration solitaire  et passive que lui impose sa nature, une manière comme une autre d'extérioriser ses angoisses, ses inquiétudes et forcer ceux et celles pour qui il a de la tendresse à ne pas abandonner la partie, à ne pas céder à la facilité. Cet arbre se révèle être un sanctuaire dans lequel les enfants aiment venir s'y réfugier, y confier leurs secrets, leurs rêves. C'est un confident parfait qui protège. Ce figuier va finir par remplacer le père disparu, par incarner son esprit. De la menace qui pèse sur lui d'être coupé, arraché lorsqu'il devient envahissant avec ses racines, va naître un conflit entre la mère et sa fille.

Le deuxième personnage symbolique est la maison dans la quelle la famille va devoir se reconstruire, faire son deuil et construire sa nouvelle vie. Elle incarne ce passé heureux. Le conflit entre l'arbre et la maison se traduit par des situations cocasses, fantastiques, comme les racines qui brisent les canalisations,et des animaux qui viennent donner un coup de main à l'arbre ( les grenouilles dans les toilettes, les chauve souris dans la cuisine). Pour autant personne ne songe à l'abandonner, voir à la déplacer. Comme l'arbre, on se doit de respecter son territoire, apprendre à vivre en parfaite harmonie en respectant les différences. Ca doit rester ce lieu de vie convivial où on va pouvoir réapprendre à vivre tous ensemble, à grandir et qui sait, connaître à nouveau l'amour avec un autre homme?. C'est le lieu refuge de la mère courage qui s'est remise dans le bain grâce à sa fille qui l'a convaincue que le père était toujours là ,quelque part ,et qu'il veille sur eux. S'ouvrir à un autre homme tout en gardant dans son esprit les moments de bonheurs passés avec son amour disparu ne lui sera pas simple; c'est jamais simple de faire son deuil d'un être cher.

DAWN , interprétée par Charlotte GAINSBOURG, rayonnante de simplicité et de naturel, assume son veuvage comme une vraie mère de famille qui veut reprendre en main sa vie personnelle sans rien sacrifier de la vie de ses quatre enfants.

Simone (MORGANA DAVIES), la fillette qui refuse que la mort de son père soit une simple disparition et qui décide que c'est dans cet arbre immense qu'elle va le retrouver pour finir de grandir heureuse comme quand il était là physiquement, ajoute une touche de poésie à cette fable.

Il est heureux que la réalisatrice ait été contrainte à aller en Australie pour tourner ce film en coproduction. Ce pays qui garde des côtés mystérieux, complète le décor avec des couleurs et des saveurs qui font que le déracinement lointain n'est pas un problème pour l'adaptation du spectateur à l'intrigue. On évoque la mort mais c'est jamais macabre comme ambiance.

Comme le disait si bien GABRIEL GARCIA MARQUEZ (" cent ans de solitude"):

" les choses ont une vie bien à elles, il faut réveiller leur âme, toute la question est là"

Il semble que dans son film " L'arbre " Julie BERTUCELLI ait réussi ce tour de force cinématographique.

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