BERTRAND TAVERNIER, voilà un de nos réalisateurs français qui a passé sa vie à convaincre les producteurs: Avec "la Princesse de Montpensier", il se doutait bien qu'il allait au devant des difficultés budgétaires, mais il n'est pas de nature à renoncer aussi facilement (il a du interrompre à plusieurs reprises le tournage et composer avec des moyens réduits pour le nombre de figurants, les décors) : "Au début ça me mettait en colère, aujourd'hui ça m'amuse plutôt et c'est bon pour l'égo": "il a cherché à être aussi contemporain et naturel qu'avec  ses précédents personnages, et le fait de réunir deux générations l'ont, dit-il, "fait vibrer et inspiré. j'ai essayé de créer autour d'eux un espace où ils se sentent à l'aise, de les rendre contemporain de l'époque"....Je ne voulais pas reconstituer une époque mais capter son âme... Je voulais m'approprier le XVI° siècle de la princesse, entrer de plein pied dans cette époque".

Dans son film c'est le précepteur qui réconforte la princesse enfermée dans son château et qui souffre d'avoir été mariée contre  son gré ( elle rêvait du duc de Guise). Il lui faut parfaire son éducation de princesse pour qu'au retour de son époux, envoyé par Charles IX combattre avec d'autres princes catholiques les Protestants. La musique accompagne l'évolution des rapports entre la princesse et son précepteur. Dehors les combats font rage, on complote , on trahi. La princesse qui à pris conscience du peu de considération que cette époque a pour les femmes se laisse emporter par des aventures amoureuses  Elle devient l'enjeu de passions rivales entre duc et comte. Voilà résumer l'histoire que nous compte TAVERNIER;

Le jeu des acteurs ne parvient pas à faire décoller cette histoire qui souffre d'un manque de parti pris du réalisateur; la VIOLENCE des scènes de combats ne suffit pas non plus à sortir ce film d'une langueur monotone  alors qu'à cette époque la violence est palpable même au fin fond des châteaux. C'est du moins ce qui ressort de plusieurs critiques. Ça reste romanesque et classique. C'est sans doute pour ça aussi que le jury de Cannes ne l'a pas récompensé.

Je ne suis pas sur non plus que les adeptes des reconstitutions historiques y retrouvent leur compte non plus?;

Cette époque des guerres entre catholiques et protestants connait plusieurs changements.Les batailles ne sont plus de simples tournoi de cavaliers chevaleresques. Et dans le pays on a plus du tout cette envie de défendre les pauvres et les opprimés. Les armes à feu se sont généralisées et changent radicalement les conditions de la guerre. Ce qui compte désormais c'est d'obéir à une stratégie de suivre une tactique. Ce sont les fantassins (les gens du peuple) sur qui repose l'essentiel des batailles.. Cela remet en cause les valeurs que la noblesse s'était octroyée pour gouverner. Les pauvres font l'objet d'un mépris grandissant, on les juge "encombrants et dangereux". Les guerres de religions et la misère forcent le bas peuple à se réfugier dans les villes alors qu'à la cour on continue à déployer des fastes et du luxe .Comment peut on espérer capter l'âme d'une époque en occultant cette autre côté de la réalité ?;

On continue à considérer les femmes comme des êtres qui doivent se soumettre au désir des hommes à qui elles appartiennent? mais d'un autre côté on essaie d'améliorer l'éducation des enfants dans les collèges (surtout protestants) pour que plus tard il s s'intègrent à la vie de l'élite (ne plus s'essuyer par ex aux nappes de table en mangeant,  manger la viande dans un plat en levant chaque morceau avec 3 doigts ( la fourchette italienne n'a pas encore  fait sensation). L'église catholique va faire de l'éducation un moyen de lutte contre les idées protestantes.Les jésuites remplacent les précepteurs anciens. L'histoire relatée par madame de la FAYETTE était bien trop orientée idéologiquement pour permettre à TAVERNIER de faire de sa Princesse autre chose qu'un aimable divertissement grand public  de 2h 15.

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