Voilà une comédie sans morale qui tourne au débat d'idées loufoques sur le sexe et la politique avec humour.

Cette histoire de militante qui trimbale ses convictions personnelles  pour convaincre les électeurs potentiels qui sont des adversaires politiques de voter comme elle  montre que le déterminisme n'est efficace que s'il s'accompagne de l'idée de ne rien s'interdire si on veut gagner; les bons sentiments doivent être laissés au rancart. Le réalisateur n'a pas fait dans la dentelle, il fait dans l'auto-dérision et se défend d'avoir traité de la politique ,même si dans un séquence on découvre l'ex 1° ministre JOSPIN, candidat balayé aux présidentielles (devancé par LE PEN).

Pour LECLERC, ce film s'est bâti autour de morceaux d'expériences de lui est de sa femme: "parler de soi en se moquant pour laisser entrer les autres dans l'histoire"..."je voulais jouer sur le décalage entre des thèmes souvent graves,la politique, les traumatisme de l'enfance et le traitement glamour de la mise en scène... L'auto-dérision et l'auto destruction sont typiquement français"(M.L)

"on avait envie de réagir à tout un discours déterministe autour de l'identité et des communautés que l'on trouve insupportables et dans les quel on ne se reconnait pas. Les injonctions de la société sont simplistes et imposent un certain type de comportements en fonction de ses origines. Or on peut très bien ne pas s'y conformer! (BAYA KASMI)

"En France la question des origines est à la fois complexe et obsessionnelle.Comment rester fidèle à ses racines sans être communautariste? Comment être athée sans renier ses origines? ces questions là nous passionnent"... " ne pas aimer la France c'est souvent très français, ce qui évidemment n'est pas en accord avec la politique menée sur ce thème. Être français c'est aussi couper le tête des Rois, se révolter et détester le nationalisme"

"Les personnages de mon film sont eux mêmes le fruits d'un mélange et ils ne s'identifient donc plus aux problèmatiques des immigres de 2 ou 3ième génération, le nom du personnage n'est pas forcément révélateur de ce qu'elle est ou censé être... C'est à chacun de définir sa propre identité, pas aux autres"...."J'ai préservé un espace liberté par rapport au scénario, ouvert à l'improvisation... Pour Bahia la nudité n'a pas d'importance; elle se comporte nue de la même façon qu'habillée, sans y mettre de sexualité...Sa nudité et banale et c'est quand elle se rhabille que nait le désir...C'est un personnage courageux. Elle estime en effet qu'il vaut toujours mieux agir -même mal- que de ne pas agir du tout. Sara FORESTIER à la drôlerie et la gouaille pour faire passer l'humour, la vivacité, la fraicheur et l'absence de pudeur sans vulgarité. Sara nous donne la complexité d'un personnage qui souffre de ne pas ressembler à une arabe alors que son père est d'origine algérienne, ; c'est ce que l'on recherchait.Les parents de Bahia, eux, sont marqués par les années 70 alors que ceux d'ARTHUR se sont construits sur l'idée qu'il fallait panser les plaies de leur propre passé en passant sous silence la période d'occupation...Ils croient que le monde des années 50 va devenir meilleur grâce au développement du lave vaisselle et du grille pain".

Ce film, totalement original, est ce qu'il faut dans le moment présent.

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