29 octobre 2009
IRENE : COMMENT FAIRE UN CINEMA DE QUALITE
ALAIN CAVALIER n'est pas un nouveau venu dans la profession mais il reste un cinéatse Indépendant qui par ses films dit " intimistes" témoigne du quotidien, de la vie éternelle des choses, à travers des histoires de fictions ou de souvenirs dans les quelles l'Amour a toujours un premier rôle....
comme à son habitude avec la petite caméra DV avec micro incorporé en mains, il nous démontre une fois de plus que l'on peut faire un cinéma de qualité sans être obligé de se plier aux codes traditionnels du cinéma formaté par les nécessités de la rentabilité.
Ce langage autre permet de faire ressentir au spectateur toutes les émotions qui empêchent que l'on reste indifférent à ce que l'on voit, afin que dehors on prolonge sa réflexion pour comprendre et savoir quel sens on veut donner à sa vie afin que la mort ne soit plus un point final, mais le début seulement de quelque chose qui durera une éternité grâce, pourquoi pas, à une trace laissée dans un carnet intime, au jour le jour?.
Dans "IRENE" Alain CAVALIER complète cette histoire pour pas quelle reste inachevée, incomprise. Cette remontée du temps va se faire comme un parcours initiatique personnel à ce qu' a été le grand AMOUR pour une personne disparue depuis plusieurs décénie avant que la mort le rattrape à son tour. les SOUVENIRS qui reviennent alors en mémoire s'accompagnent souvent d'anecdoctes qu'il croyait enfouis à jamais mais qui à l'époque des faits l'avaient fortement marqués. C'est le meilleur moyen de s'assurer que l'on n'est pas passé à travers ou à côté quelques chose de vital pour la suite. Ca oblige aussi à ne pas gommer les moments désagréables de la vie commune et de reprendre, à froid, les raisons qui on pu conduire alors à des choses qu'après coup on regrette peut être? En AMOUR rien n'est simple et c'est une illusion de croire qu'on peut tirer un trait sur tout et recommencer à zero comme si de rien n'était; les joies et les souffrance ne s'oublient jamais , pas plus que les plus petits instants de bonheur. On ne commente pas sa vie (sauf quand on est un(e ) artiste de bas étage qui recherche la célébrité à tout prix pour se convaincre qu'il est important et adulé et que sa pentalonnade interesse la planète entière)
Vous avez 1 h 23 pour découvrir qui était vraiement IreneTUNC avec l'aide d'une voix Off , en reconstruisant le puzzle fait d'indices qui jalonnent ce parcours initiatique pour la faire réapparaître telle qu'elle est restée. " je crois à la communauté des vivants et des morts". On pourrait assimiler ce film à une lettre d'amour du réalisateur : "Je n'ai pu faire ce film que lorsque j'ai senti qu'il y avait une réconciliation entre Irène et moi. J'ai senti qu'elle frappait à ma porte et me demanait de filmer. L'ombre s'est donc mélanger à la lumière comme dans la vie que je mène, dans laquelle actuellement il y a moins de gaspillage d'énergie, plus de ressenti, de tranquilité, avec une vue cinématographique plus ouverte qu'avant...sans préméditation. Ce film est à la fois une émotion personnelle et une matière pour ma caméra. ..Mon grand drame c'est d'avoir été formé par la littérature. Après j'ai essayé de m'enfermer uniquement dans les images et les sons."
Pour ce film il fait le contraire des précédents; il part des traces qu'elles a laissée dans les endroits où elle est passée pour que ces instants redeviennent vivants et la trace une beauté réelle (" la beauté d'un être humain") ". Le cinéma se balade ainsi entre l'empreinte qu'il garde de la vie et quelque chose proche de la mort. J'en ai pris conscience" Et ça ressort fortement dans IRENE "; on est tout le temps entre la mort et la vie", comme il dit.
L'apprentissage de ce cinéaste s'est fait comme assistant de LOUIS MALLE ( "Ascenseur pour l'échaffaud , les Amants")
Côté technique de réalisation et sa façon de faire , il faut d'abord entendre ce qu'il dit: "filmer pour moi prend un sens trés fort, tres large; il ne s'agit pas seulement de fournir des films pour la salle"..." Pour IRENE j'ai donc commencé à tourner des petits plans où elle était évoquée, puis ça a duré. Parallelement je faisais autre chose, puis j'ai eu 20 minutes de film, puis vingt cinq, puis trente et j'ai continué... En même temps ce que je vivais mais ne filmais pas était enregistré dans ma tête et peut m'aider à filmer autre chose... Il y a des choses qui s'enterrent définitivement et d'autres qui refleurisent vingt ans après. C'est une espèce de monde un peu mouvant avec des allers-retours.... Filmer et vivre c'est un peu la même chose pour un cinéatse qui filme tous les jours. Filmer est un acte matériel, on est instrumentalisé. La caméra nuumérique est un instrument sur le quel je joue mon film. Mon corps y participe énormément et peut même me joue des tours. Lorque vous allez au fond de vous même chercher des choses, c'est le corps en premier qui filtre et qui trinque avant que ça arrive à l'esprit... C'est quelque chose d'un peu étonnant, d'un peu fort, d'un peu magnifique qui vous arrive, que vous voyez et que vous essayez de saisir immédiatement avec votre caméra.... Tout est un peu divin : les objets, les corps, les paysages; je ne sais pas si c'est religieux ou non" (Son père haut fonctionnaire lui a inculqué une éducation religieuse , il est aussi licencié en Histoire).
Quelle image garderez vous d'IRENE ? Que retiendrez vous de ce film. L'enjeu pour Alain Cavalier c'était d'arriver à terminer son film sans être brisé ( Il a eu 3 accidents pendant le tournage). il l'a fait et depuis, dit-il , il se porte mieux.
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PANIQUE AU VILLAGE : LA BD D' ANIMATION BELGE
En ces vacances de TOUSSAINT c'es l'occasion de montrer à nos enfants ( petits et grands) que l'on peut toujours se divertir, s'amuser et être imaginatif avec pas grand chose de compliqué.....
"Un jour Stephane ( son fils) est arrivé avec des petits soldats et des santons en terre cuite. On a construit des maisons en carton pate.Le concept était génial et ne coutait pas cher".-Vincent PATAR- ("Le journal du dimanche)
"Il faut encourager ce genre de film fait avec des bout de ficelle mais qui permêt de rêver" - Benoit POLEVOORDE-
Une leçon de modestie et de récupération vraie nous est donnée par VINCENT PATAR et STEPHANE AUBIER, les réalisateurs de "PANIQUE AU VILLAGE", un film d'animation belge de 1h 16. Leur ami Benoit POELVOORDE leur a prété la voix (pour le fermier) "Les jouets du départ sont devenus des ACTEURS avec une PSYCHOLOGIE; uNE VRAIE VIE" - Vincent PATAR- Ils s'étaient exercés neuf ans au paravent sur Canal + ("Cowboy et Indien" 20 épisodes en 2000-2003) avant de se lancer dans un grand film d'animation original à plus d'un tître, tant par le choix des figurines en plastique rigide comme on en faisait dans les années 70 pour les jouets de noël des petits et que l'on retrouve à présent dans les vides greniers ( ils les ont un peu améliorés dans les articulations): : "à l'origine, nos héros étaient des figurines trouvées dans les brocantes' (v.P), que par les différentes techniques d'animation, image par image, comme on le faisait pour les personnages en pate à modeler (Il a fallu 7 mois de travail et l'appel à des aides (VINCENT TAVIER) pour tout écrire, animer et filmer). Sysrtème D ou bricolage, "100 kilos de vis, 200 litres de colle à bois, 24 OOO batons à brochette pour fixer les décors et soutenir les figurines ou encore 45000 briques miniatures et 1500 figurines ont été nécessaire à la vingtaine de personnes qui ont participé à la réalisation du film ". en tous les cas au final cela donne une comédie qui tranche avec ce mois des morts où on visite les cimetières et qui plaira aux enfants qui savent encore jouer avec pas grand chose (une pince à linge en bois et deux allumettes pour faire un soldat, une coquille de noix ou une écorce d'arbre pour faire un bâteau,etc).
Pour réussir un film d'animation tel que celui-là, on peut dire que tout compte ; il faut être novateur en tout et avoir quelque part une âme de poëte ou de troubadour, sensible et naïf à la fois. Partir d'un scénario loufoque pour en faire un conte fantastique en passant par des situations inattendues (le cow-boy et l'indien qui décide de fêter l'anniversaire d'un cheval); des décors disproportionnés par rapport à la grandeur des personnages. Un espace inventif qui fait tout pour préserver le regard enfantin que l'on doit porter sur lui, malgré quelques rythmes accélérer pour la panique; bref, tout ce qui contribue à faire du cinéma une partie du langage humain (la forme même est une relation entre le Tout et les parties) Si nous laissons nos sens réagir aux images qui défilent, on fint, comme les enfants qui vivent sans préjugés, par concevoir et percevoir la forme en surface comme un rapport humain concret que les hommes peuvent parfois entretenir avec leur monde et avec eux même.
Au final , même dans un film d'animation, sans prétention ( il a quand même était salué par le public cannois), on peut aider les enfants et les parents qui les accompagnent à mieux percevoir quel sens il faut donner à certains actes des humains (cow-boys et indiens unis pour réparer leur "connerie" et procurer un peu de joie et de bonheur au cheval qui toute l'année les portent et les supportent)
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26 octobre 2009
PAUL CARPITA : UNE AUTRE VISION DU CINEMA
"Paul CARPITA ( décédé le 24 octobre) travaillait d'une manière très personnelle, en partant du matériau brut. Il était à l'avant garde. Qui sait quelle influence son film (rendez-vous des quais) aurait pu avoir sur le cinéma français ?. Depuis l'interdiction de son oeuvre, Paul Carpita a mené une vie modeste. Preuve ultime, si nécessaire, de son intégrité" -KEN LOACH-
Ceux qui veulent découvrir qui était ce réalisateur dans le contexte de la vie modeste qu'il a vécu pendantces 87 années "Rendez- vous" sur http//pagesperso-orange.fr.carpita/
Son fils vous aidera dans son propos à comprendre ce qu'en une phrase en a dit Kean LOACH.
Plutôt que de me lancer dans un "hommage" bancal ( voir mon commentaire du 24 septembre), mon propos, ici, sera d'essayer de montrer qu'aujourd'hui encore il ne doit pas être trop tard chez les jeunes réalisateurs (Carpita disait "auteur de films") pour essayer, comme l'a fait Paul dans sa jeunesse, de sortir du capitalisme ambiant qui a l'utilité comme finalité afin de procurer, à travers le cinéma par exemple, de la liberté de pensée, en procurant des loisirs de la connaissance.
C'est souvent l'emploi de métaphores qui permet de faire une association d'images, d'idées et de références pour susciter, à partir des cinq sens dont on dispose tous, le spectateur dans une réflexion qui prolonge le film. C'est ainsi que le cinéma, moyen d'expression artistique, peut permettre d'aider celles et ceux qui en sont si souvent privés, de prendre part à un autre vie culturelle que celle qui consiste à tout transformer en marchandise pour en tirer profit. Un film peut trés bien être conçu comme une oeuvre d'art qui mette en avant plusieurs cultures ( lumière, mouvement, sons , couleurs, image, Langage) dans des formes nouvelles sans s'en remettre aux contraintes du marcher du cinéma. Trop rares sont encore les réalisateurs qui cherchent à découvrir des possibles ouvertures à autre chose qu'on nous impose pas. Ne pas chercher à faire et être utile à tout prix c'est aussi un moyen de ne pas accepter d'être récupérer à tout prix pour que son oeuvre remonte à la source du seul profit; c'est sans doute cela que l'on appelle faire un art d'avenir qui sera un art social, ludique, public. Comme le disait michel Ragon un tel art (cinématographique ou autre) exige de la part de l'artiste-découvreur, réalisateur, de l'imagination, du coeur et de la poésie. Paul était des ceux là; à sa façon, avec sa personnalité, avec son engagement politique, et avec son amour pour le cinéma il a cherché cette façon nouvelle de réaliser un film en témoignant des transformations du milieu que les évènements successifs étaient en train d'opérer dans la mentalité des gens qui étaient " des êtres conscients perdus dans l'inconscience de leurs semblables" (Dr Henri LABORIT).
Dans son premier long métrage "rendez-vous des quais" il a été un de ceux qui ont essayés de rétablir l'unité entre le quotidien et le cinéma. Son but n'était pas de faire un film pour soulever l'indignation mais plus simplement d'inscrire son histoire dans le réel, dans la réalité du moment, un film esthétique et éthique qui s'engage dans la vraie vie. Il ne pensait pas que çela aurait pu devenir une arme polittique qui susciterait de la part du gouvernement en place une telle peur qui puisse justifier une censure totale et la destruction de la bande originale ( fort heureusement une copie a échappé à cet acharnement devastateur contre la liberté des images). A travers son film sur un épisode de l'expérience humaine à Marseille il témoignait, informait, interprétait et analysait dans une fiction qui ouvrait à la réflexion en étant une oeuvre d'enrichissement, de découverte tout en instaurant une pratique des formes nouvelles de filmer, de réaliser. Pour ce professeur d'école communale laique et obligatoire c'est sans doute le fait qu'elle restait fondé sur la rentabilité et pas sur la culture (à quand l'enseignement du cinéma en classe?) qui lui a fait préférer le cinéma.
Pour la petite histoire, à l'époque où le film de Carpita était détruit, MARSEILLE accueillait dans la citée radieuse de "le CORBUSIER" le premier festival d'art d'avant garde (1956) avec des oeuvres de Yves KLEIN (Le monochrome"), d'autres des futur " cinétiques" comme AGAM, SORO , TYNGUELY et même une salle consacrée aux " lettristes" sans que cela soulève la moindre réaction hostile , comme si on savait par avance que le système en place saurait en son temps en tirer profit ( cette initiative était organisée par Michel RAGON, Maurice BEJART et Jacques POLIERI, André WOGENSKI.
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21 octobre 2009
LE RUBAN BLANC ET SIN NOMBRE: EXERCICES DE STYLE
"LE RUBAN BLANC" et "SIN NOMBRE" sont deux films qui ont reçu la reconnaissance des Professionnels (Cannes, Deauville)et que plusieurs critiques qualifient de "chefs d'oeuvre" cinématographique. Etant donné qu'ils sont projetés à la même date, ils donnent l'occasion de voir comment au cinéma la "Violence" donne droit à des exercices de styles différents, qu'il convient de ne pas opposer mais d'apprécier en démontrant que la diversité est une richesse qui évite que l'on se fasse à la pensée unique de l'idéologie dominante.
Le style différent employé par les réalisateurs pour ces deux films résulte, au départ certainement, de l'origine différente des réalisateurs: MICHAEL HANEKE né à l'époque du NAZISME ALLEMAND pendant la guerre (1942)d'un père protestant et de mère catholique alors que CARY JOJI FUKUMAGA, fils d'un père japonais et d'une mère suédoise, est né en Californie 35 ans plus tard.
Le premier a fait des études de philosophie et de Psychologie alors que l'Américain a suivi des cours de science politique et d'histoire ( Grenoble et université de Californie), celà aussi a certainement joué sur l'influence de chacun.
Michael HANEKE a opté pour donner à penser sur ce que peut être la racine du mal (son film se situe au lendemain de la première guerre Mondiale):" j'essaie juste de déclencher un processus de réflexion. Un film n'est jamais un produit qui est fini. Il se termine dans la tête du spectateur...il existe un mot en allemend intraduisible pour dire "distraire". Quand on se distrait, on ne fait que passer le temps d'une manière agréable. Un film vu et oublié aussitôt me donne le sentiment d'une perte de temps....pour ce film j'ai été obligé de lire des tonnes de livres sur l'éducation et la vie paysanne de l'époque, celui du Ruban blanc était recommandé aux parents comme moyen d'éducation" (journal du Dimanche").
CARI JOJI a voulu un film "qui dit quelque chose de l'époque actuelle" il a donc opté pour le problème de l'immigration clandestine : "jusqu'à présent, on s'est toujours intéressé à ce qui se passe de notre côté de la frontière, à l'intégration difficile des immigrés clandestins, mais pas à ce qu'ils avaient endurés avant de traverser le Rio Grande....les communautés d'êtres humains vont continuer de bouger.... J'avais découvert pendant mes études de cinéma (new york) l'histoire des pauvres gens qui avaient été oubliés dans un camion réfrigéré au texas. Vingt d'entre eux étaient morts non pas à cause du froid mais d'asphyxie" (il a raconté cette histoire dans un documentaire "victoria para chino"qui a été récompensé comme court métrage).Pour son sujet de film, il a discuté avec d'anciens membres de gangs qui lui on fait confiance (C'est eux qui lui ont expliqué comment ils avaient liquidé un rival, découpé en morceaux et donné à manger aux chiens): "Pour moi aller voir ce qui se passe à l'exterieur des Etats unis ce n'était pas de l'exotisme, ce sont simplement des histoires collectives et universelles"
A partir de là, Chacun, avec sa personnalité et son expérience, va élaborer son propre scénario et opter pour des choix qui doivent aider (guider) le spectateur dans sa réflexion. Pour HANEKE :" il est impossible de réaliser un film sur les racines du fascisme allemand. Il est beaucoup trop complexe. ..Quand une idée devient une idéologie, ça devient trés dangereux pour ceux qui n'y adhèrent pas. C'est ce qui est au centre de mon film... Les enfants sont toujours les premières victimes. Dans nos sociétés, ils sont au point le plus bas, avant les animaux et après les femmes, tous ceux qui ne peuvent pas se défendre....Le noir et le blanc c'est la couleur de l'époque. Ici c'était l'essentiel. J'ai pensé que ça aiderait à entrer dans un univers qu'il identifie déjà aussi. Et puis le noir et le blanc permet une certaine distanciation en ne prétendant pas être la réalité."
Pour JOJI FUKUNAGA: " je n'ai pas laissé place à l'improvisation.Les dialogues des gangs du Honduras étaient écrits avec une grammaire différente du langage mexicain. Tous était écrit. J'ai tourné avec des acteurs non professionnels, des enfants et des comédiens. Par chance tous s'entendaient bien. Professionnelement, socialement les équipes et les acteurs étaient prochent. La télévision mexiquaine montre souvent des acteurs qui surjouent et il me fallait rendre leur interprétation plus subtile, plus naturelle....Mon but était de raconter cette histoire non comme un documentaire mais plutôt comme un journaliste photographe, c'est à dire qu'avec une prise on peut dévoiler contextuellement beaucoup de choses. C'était notre règle sur le plateau. Nous voulions une lumière dure, dans le sens industrie. Ceci a été guidé par les décors, les gares de marchandises, les toits des trains, les quartiers défavorisés. Nous ne voulions rien de doux....Sur les toits des trains nous avons commencé par créer une lumière d'atmosphère avant d'éclairer directement les personnages....Pour le travail musical avec Marcelo ZARVOS, nous avions trés peu de temps pour faire la bande originale. Franchement, j'ai d'abord pensé que ses précèdents travaux étaient trés intéressants mais pas adapté à mon film. Il m'a joint par téléphone et dans cette première discussion que j'ai eu, nous avons parlé musique, de textures, d'arangements d'instruments. Il avait beaucoup plus d'idées que moi, il me disait qu'il aimerait mettre de la musique à certains endroits pour renforcer l'émotion. C'est mon premier long métrage et j'ai appris une chose essentielle: il faut travailler avec ceux qui ont la passion...A raison de trois jours par semaine nous avons travaillé ensemble."
Dans le premier film la violence reste sournoise et au niveau verbal; c'est une affaire d'éducation pour former à une mentalité de futur dictateur ( c'est vrai que des victimes de violence en étant jeune deviennent violent adulte. Dans le second, elle est omnis présente et touche tout le monde; c'est le recours pour s'en sortir quand on n'a rien ni personne pour aider(Même GANDHI n'écartait pas l'idée de recours à la violence quand toutes les solutions non violentes ont échouées. Point commun, toutes les deux s'exercent contre des enfants qui ont leur avenir entre leurs mains pour en sortir coute que coute. Et dans aucun des deux films, on ne peut dire que la violence est utilisée comme produit de consommation qui fait vendre. ici,rien n'est gratuit. Ce point commun autorise le rapprochement de ces deux oeuvres; l'une faite par un cinéaste d'expérience, l'autre par un jeune débutant dans le long métrage qui s'interesse aux questions sociales du présent (d'ou quelques imperfections bien pardonnables; Le critique du quotidien "Le Monde" pointe "le recours à tous ces trucs que l'on apprend probablement dans les écoles du cinéma américain. Les mouvements de grue...").
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"Le Ruban Blanc" est un film de 2 h 25,"SIN NOMBRE" dure 1 h 36.
20 octobre 2009
LUKY LUKE: RETOUR AU WESTERN CINEMATOGRAPHIQUE
Si comme moi vous avez été dans votre jeunesse ( et même maintenant encore) un fan de la BD et que vous avez apprécié, comme tous les garçons ( les filles accrochaient moins), les histoires de "LUKY LUKE" , vous vous êtes sans doute posé des questions sur ce film hommage à MORRIS ET COSCINNY au moment où on fête les 50 ans "d'ASTERIX" le héros D'UDERZO si souvent "estropié" au cinéma.....
Au début j'étais, comme Françis LACASSIN, pas loin de penser que ce cow- boy était trop grand pour le cinémascope d'autant qu'on avait déjà eu droit à la Douche froide version TERENCE HILL il y a quelques années. Et puis j'ai regardé les bandes annonces , j'ai écouté JAMES HUTH qui s'est expliqué:
"Il fallait extraire l'âme de la bande déssinée et la traduire en émotions pour adapter" luky luke" au cinéma sans le trahir....Comment faire pourqu'il ne soit pas ridicule ? nous avons énormément travaillé sur les costumes, l'équilibre des matières, des couleurs, de la patine des vêtements. Il fallait asseoir le héros dans son époque...il transporte son histoire avec lui, sur lui.".
L' acteur JEAN DUJARDIN a fait l'effort d'apprendre à monter à cheval et c'est vrai qu'il se moule trés bien dans le personnage. j'ai aussi apprécié d'entendre Alexandra LAMY dire qu'elle avait hésité à accepter la proposition de JAMES HUTH de jouer la belle danseuse de saloon pour ne pas soulever de suspiscion sur ce choix, étant la femme de DUJARDIN; d'autant qu'elle ne se sentait pas à l'aise dans le rôle de femme sexy : "J'avai peur d'être ridicule? SMAJA SHILITO m'a aidée à me lacher".
Pour mieux juger les efforts fait pour cet hommage cinématographique, il faut se replonger dans la lecture de l'essai de F. LACASSIN qui était paru dans " GIFF WIF " ( 1963): "LUKY LUKE: un cow boy trop grand pour le cinémascope" ( republié dans " Pour un 9° art de la Bande dessinée" 10/18 ). Cet excellent essai décripte de A à Z tout ce qui fait la valeur de ces Bandes déssinées .
J'aurai bien aimé avoir l'espace et le temps pour vous recopier cet article en entier tant il est expliquatif sur toutes les raisons pour les quelles on a adoré les histoire de ce héros mais bon , en voici quelques petits extraits qui m'ont fait dire que le film de James Huth s'en tire pas mal et peut être vu, y compris par les fans de BD:
" le joyeux cow-boy" et son fidèle cheval Jolly Jumper demeurent les réconfortants et derniers vestiges d'une époque héroïque de pendaisons tumultueuses, de trains emballés à perdre haleine, de banques ouvertes à tous les truands, d'indiens sentencieux et grognons, de saloons paradisiaques où de pianos mécaniques aux accords fatigués, faisaient danser les aventuriers qui ne l'étaient guère.....Un portrait de ce brave ne saurait être tracé sans référence à des parrainages de vedettes. Il réunit en lui, la jeunesse d'Audie Muphy, le flemme de Randoph Scott, l'élasticité et l'audace de Douglas Fairbanks, l'humour de Glenn Ford, la force de John Wayne, la longueur et la nonchalance de Gary Cooper, le cheval de Tom Mix... Et une mèche de cheveu qui n'appartient qu'à lui; du héros d'autre fois il possède le pédigrée complet...
Autour de ce gaillard vigoureux et jovial sans ressemblance avec ce cavalier usé d'amertume et étalant ses complèxes sur tous les écrans, s'agittent des figures familières qui s'estompait déjà avec l'ancienne tradition.( dans le film il ne manque que Ran-tan plan- caricature peu flateuse de Rin-tin -tin)....La personnalité de Luky luke est trop démeusurée pour tenir même sur un écran du cinémascope. ....Coscynni et Morris ont précisement fait connaissance aux USA, où le premier était venu étudier les methodes de travail des " cartooonistes" américains et le second se documenter sur le vieil Ouest. L'authenticité des décors est étonnante de minutie et leur reconstitution prodige et somptueuse : un luxe de moyens à défier une super production....Pris par l'ambiance, le lecteur jette sur la rue générale de Tumbleweed le même regard désabusé que Glen Ford arrivant à " la vallée de la poudre"... La figure classée de Billy the Kid ( Michaël Youn dans ce film). Le gaucher d'Arthur Penn est en fait un personnage pathétique et désacralisé....Taille réduite, vêtements trop courts, les traits ingrats, le visage piqué de taches de rousseur d'un gamin insupportable et vulgaire... Silhouette légendaire de l'Ouest et du Western cinématographique le " juge".... Les aventures de Luky Luke empruntent au western cinématographique son langage, ses situations, ses mythes et personnages.... et aussi ses acteurs...festival du vieil ouest revu et corrigé où la personnalité des vedettes n'écrase jamais la figuration.... l'humour parodique imprègne toute la structure sociale. Morris et Coscinny s'ils ont beaucoup emprunté, ont remboursé avec largesse. Loin de piller , ils ont enrichi. Ne se bornant pas à reproduire la saveur du western traditionnel, ils la corsent , la relèvent, la parfume, déformant situations et personnages au travers des facettes d'un humour ingénieux. Ni caricature , ni pure parodie. La déformation vise moins à moquer qu'à rendre hommage et répond à la définition du pastiche selon Thomas NARCEJAC : "un pastiche est semblable à une langue étrangère qu'on parle avec une pointe d'accent; c'est l'accent qui est drôle; Un vrai pastiche doit se tenir à égale distance de la copie et de la parodie... C'est quand "l'imitation cesse que le lecteur la trouve la plus réussie"
Voilà , je vous laisse découvrir le reste . Il semble que dans ce film James Huth se soit efforcé de respecter tous les cadrages que l'on trouve dans les bandes dessinées en mettant lui aussi la caméra au service de la progression dramatique. Seule manque peut être la tension dramatique suggérée dans la bandé dessinée par le personnage isolé dans une image où le décor a disparut au profit d'un fond blanc qui comme le soulignait Lacassin "était un procédé employé par ALAIN RESNAY dans son film " la Guerre est finie".
Ici encore on a la confirmation que la BANDE DESSINEE ne s'inspire pas du cinéma mais le précède et que les deux mis entre de bonnes mains peuvent plaisir aux petits et aux grands.
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15 octobre 2009
LA NANA: MËME LES BONNES ETAIENT STRESSEES
Quand on a du talent, même avec de petits budgets, on peut s'en sortir pour réaliser un film sur l'histoire d'une bonne de "bonne famille"; SEBASTIEN SILVA en fait la démonstration avec "LA NANA"
Ce film a été fait en souvenir de l'éducation du milieu où il a vécu sa jeunesse : " c'est quelque chose qui était dans un petit coin de ma tête depuis mon adolescence ( j'ai déjà réalisé un album photo et un court métrage sur ce sujet); j'ai été élevé, entouré de bonnes. il y en avait toujours une ou deux dans la maison famillale. Vivre avec elles 24 h/ 24 ça marque votre existence". Pour faciliter le tournage de ce huit clos, il se sert de sa maison familliale: là où il avait tous ses repères. Ainsi il peut mettre un peut de distance entre ses personnages et le décor dans le quel ils évoluent.
Côté apprentissage de la vie, Sébastian n'a pas eu trop à se plaindre; touche à tout, il a dessiné, peint, joué de la musique et commençé à fréquenter (un an), après le lycée;l'école du cinéma à Santiago:
"J'ai vite laissé tomber ces cours théoriques pas intérréssé par le programme(1968) et je me suis mis à filmer avec une caméra vidéo tout ce que je voyais: les dejeuners passés en famille, les chiens dans les rues, puis je suis revenu à l'école" étudier l'animation (Montréal) tout en travaillant dans un magasin de chaussures. il mène de front plusieurs activées (expo de dessins, groupe de musique CHC) avant de devenir assistant de réalisateurs Chiliens connus.
Son premier film "la vita me mata" (2007), il l'a tourné avec une caméra HDV P2 de panasonic.il aurait aimé tourner son second en 16 mn mais c'était finacièrement impossible. il se contentera de soigner son casting avec une actrice, comédienne célèbre dans son pays pour les comédies Théatrales et par la Télévision : CATALINA SAAVEDRA avec qui il batira le personnage de NANA pour trouver le ton de voix et son aspect physique fragile de prime abord, pour la rendre cruelle et injuste avec la dernière arrivée dont elle pense qu'elle va lui prendre sa place. Une véritable étude du comportement sans en faire une névrosée incapable de se rendre compte de son attitude et d'en changer au final, ce qui la rend énigmatique sur ce qu'elle est vraiment quand on remarque qu'elle n' est pas dénuée d'humour.
On voit bien à travers ce film que son réalisateur n'a pas eu à souffrir, dans sa jeunesse, de ce qui se passait en 1973 à l'extérieur de sa maison, dans le Chili de l'époque. il parait que c'est la nouvelle voie intimiste des jeunes réalisateurs qui prime desormais ! . SILVA est qualifié de réalisateur "formaliste".
En europe, le même sujet aurait été tourné dans une usine avec des ouvriers (ères) qui se sont attachés à leur usine et à ce qu'ils ont fabriqués et qui ne supportent pas que des "étrangers" viennent à leur place dans ce qu'ils estiment être leur "maison" dont ils ne sortent jamais et où pourtant ils ont été traité comme des esclaves pendant 20, 30 ans.
Pour apprécier ce film, il faut accepter de rentrer dans ce huit clos Chilien de la moyenne Bourgeoisie, où la Domestique vit sans chercher à en sortir, et qui pense être devenue, avec le temps, une domestique privilégiée à qui on doit tout parce qu'elle se croit indispensable et irremplacçable. Pour elle, pas question que l'on ouvre la porte aux étrangers de sa profession qui eux sont vraiment des "domestiques", même si c'est pour la soulager dans son travail. d'où ses colères et sa violence. Les enfants de sa patronne qu'elle a élevés sont aujourd'hui ses enfants à elle seule. Coupée de l'extérieur elle n'a aucune raison de se rebeller contre cette vie de "boniche esclave " ( pour la petite histoire: la Nana qui exerçait encore dans sa famille a démissionnée et est parti après avoir vu ce film qui à connu un succés public au Chili ( Plus de 100000 spectateurs).
Silva qui manie avec dextérité la caméra vidéo fait des images avec les plans rapprochés sur le visage des personnages. IL a voulu donner une tournure positive pour la fin, lorsque la 3 ième bonne, après avoir réussi à rentrer dans la maison et démontrée qu'elle n'était pas là pour prendre sa place, finit pas faire évoluer RAQUEL. Mais, il ne réussi pas à soulever un enthouisiasme délirant parmi les spectateurs. Celà dit, les récompenses reçues pour ce film restent amplement justifiés pour la justesse de la peinture psychologique des personnages et la direction des acteurs. A signaler que le réalisateur, pourtant bon musicien, a déxidé de se passer de la musique dans son film.
Question idéologie, ce film témoigne de l'alienation vivace qui demeure entre maitre et esclave, riche et pauvre.... dans notre monde capitaliste , quelque soit le milieu ou on évolue.
"UN GRAN SILENCIO CUBRE MESTRAS VIDAS
ET ESTUPER DE UN PUEBLO DESHONRADO
EL CLAMOR DE LA PATRIA ESTRERNCCIDA"
(extrait d'une peinture de José BALMES sauvée de la destruction lors du Putsch à Santiago, en étant jetée avec d'autres dans le jardin du consulat de France)
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-MARY ET MAX-
Sur le blog de DASOLA http://dasola.canalblog.com
Vous pouvez lire un commentaire sur le film d'animation Autralien " MARY et MAX" ; je pense qu'apres l'avoir lu, vous suivrez son conseil d'aller voir cette autre forme de reussite cinématographique.
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13 octobre 2009
36 VUES DU PIC SAINT LOUP : LE CIRQUE DE LA VIE
Avec la réalisation de "CELINE ET JULIE" en 74 on avait trouvé que Jacques RIVETTE avait fait la récapitulation de toutes ses expérimentations cinématographiques depuis "Paris nous appartient" (1959). Il déclarait à l'époque " On voulait faire une comédie et un film montrable, un film pour sortir du ghetto". Trente cinq ans plus tard il semble qu'il veuille encore nous donner à voir autre chose avec "36 vues du Pic Saint loup"...."aucun de mes films ne s'est construit selon les mêmes régles du jeu" J R
Il montre où il en est de sa réflexion théorique; la comédie désopilante de Celine et julie ( avec Julie BERTO et Dominique Labourier) devient avec Jeane Birdkin mélancoliquement sérieuse dans ce jeux de cirque drôle et burlesque où les acteurs gardent tous leurs petits secrèts. Comme il le rappelait dans un interwiev ça reste ici encore un travail "collectif" d'un film qui, à la fin, donne à comprendre que si ce film est "vivant", il a été traversés par des êtres vivants et d'autres plus magiques et mystérieux dont on ne saura jamais le fin mot de l'histoire.
Ici, la durée auparavant trés longue (souvent plus de 2 heures) qui donnait parfois l'impression de trainer en longueur (sans temps mort ni sans que d'un plan à l'autre il y ait une harmonisation artificielle entre le son et les bruits d'ambiance extérieure) a été racourçi pour durer à peine 1 h 24mn.Tout semble indiquer que si ça commence mal, ça devrait bien se finir (Céline et julie donnaient l'impression, en étant filmé par moment en tant que spéctatrices, que ce qu'elles regardaient "c'était toujours la même chose" et quelles ne savaient pas comment tout cela pouvait finir). Tout ce jouait comme au théatre alors que dans "36 VUES" si Rivette est resté fidele au théâtre pour l'écriture du scénario, il s'inscrit pleinement dans l'univers du Cirque; on vit les coulisses de ce cirque en détresse qui résiste pour survivre sans rien en laisser paraitre pendant les représentationS DE fËTES FORAINES même s'il y a de moins en moins de public.
Il n'y a plus rien dans ce film qui reste une fiction, du fantasme éveillé de jadis, rempli de symboles qu'il fallait déchiffrer pour percevoir sa raison d'être.jadis il introduisait dans ses films des élèments littéraires et dramatiques (SHAKESPEARE, ESCHYLE, RACINE..)OU lewis CAROLLE et Henri JAMES pour "Céline et julie". Ici, il se contente de nous accrocher avec ce paysage du Pic saint loup ( montagne de 630 m dans le languedoc)qui ne présente aucun lien avec une quelconque actualité;pas plus que les quelques scènes tournées en studio (CINECITTA pour rappeler ANTONIONI ?)Estce sa façon personnelle pour garder son attachement à sa façon de filmer en dehors des stéréotypes traditionnels?. Le personnage de Rivette a une conduite du quotidien avec JANES BIRKIN qui est différente de CELINE ET jULIE par son comportement et par la description pyschologique qui en est faite( Kate est amoureuse de quelqu'un qu'elle croit mort par sa faute,); le personnage n'est plus un individu à part mais un membre du collectif qui montre que les rapports entre la femme et l'homme ne sont pas simples pas plus qu'entre son présent et le passé ( elle a appartenue à cette famille du cirque comme Funambule avant de la quitter et quand elle revient pour sauver le cirque (comme si c'était sa façon à elle de se faire pardonner de n'avoir pas sauver son amoureux) elle est tétanisée par son passé et il faut que ce soit un étranger, sorti d'on ne sait où, qui fasse le boulot pour que ça rentre dans l'ordre). Rivette ne semble pas avoir voulu montré avec ce dernier film qu'il restait "actuel" ni cherché à convaincre qu'il restait moderne(Il garde ce côté étrangement énigmatique avec son ange "Guerrisseur" (SERGIO CASTELLITO) qui vient panser les blessures des clowns qui n'arrivent plus à faire rire les enfants,avant de repartir).Son travail de mise en scène reste toujours aussi cinématographiquement pensé.Ca reste un film montrable, comme il dit.
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09 octobre 2009
MILAREPA, LA VOIE DU BONHEUR : LA VENGEANCE TIBETAINE
Toute la semaine dans les commentaires de films de l'actualité , il a été question de la Violence, de la vengeance et un peu de redemption. Je pensais clore en vous parlant aujourd'hui de deux films sur les catastrophes écologiques que l'on est en train de vivre, et qui malheureusement ne laissent guère d'espoir sur la suite, quand un journaliste de "la Marseillaise" a eu la bonne idée d'attirer mon attention sur un film du Bhoutan TIBETAIN qui traite de la Vengeance et forcement de la violence que cela entraine. Quand on connait la culture et les traditions du Thibet on est surpris par un tel sujet pour un film de ce pays qui entend mener son peuple sur le chemin de la sagesse, et donc forcement cela éveille la curiosité qui va nous permettre aussi de voir après, l'Amérique, l'Espagne, l'Angleterre, la Yougoslavie.... comment dans ce pays si lointain la littérature tibétaine et aujourd'hui le Cinéma traitent pareil sujet....
MILAREPA est un héros tibétain qui a vécu au XI ° siècle dont s'est inspiré NETEN CHOKLING qui est un YOGI Tibétain qui a la responsabilité de l'enseignement de 250 Moines bouddistes en Inde et au TIBET. C'est dans son monastère qu'il a découvert le Cinéma et qu'il a aimé les films de Bruce LEE et de Akira KUROSAWA dont personne à oublié les "sept samourais". Il s'est fait la main en participant à la réalisation de "Little BUDDHA" (B Bertolucci 1993) avant de travaillers avec plusieurs réalisateurs du Bouthan puis avant de réaliser lui même "MILAREPA".
Mon approche du THIBET qui s'appelait alors " le pays des neiges" s'est faite par la lecture du livre d"ALEXANDRA DAVID NEEL " voyage d'une parisienne à l'HASSA" monastère dont elle fut la première femme à franchir l'entrée (1924) après une longue marche à travers le Thibet de l'époque qui était sans doute beaucoup plus ressemblante au Thibet qu'à connu MILAREPA que celui d'aujourd'hui (cette grande dame était missionnée par le ministère de l'instruction publique. Elle est morte en 1969 à 100 ans):
"les adjopas (pélerins) - des moines pour la pluspart- voyageait à pied, chargés de leurs bagages, qui, par milliers errent à travers le Thibet, visitant les lieux que la tradition a consacré comme vénérables à un tître quelconque. Pami eux on rencontre un certain nombre de véritables pauvres et même quelques proféssionnels de la mendicité se donnant l'apparence de pélerins pour s'attirer de plus abondantes libéralités; mais la pluspart des Ardjopas ont un foyer et possèdent des moyens de subsistance dans leur pays, leurs revenus étant toutefois trop minimes pour leur permettre le luxe d'une monture..."
Comme il est dit dans le tître, Milerpa cherche la "voie du bonheur" tout en se vengeant de son oncle qui l'avait dépouillé, lui et sa mère, de l'héritage du Père. C'est sur les conseils de la mère et d'un dicton thibétain qui dit que si on est riche il faut lever une armée alors que si on est pauvre il vaut mieux faire appel à la sorcellerie pour s'en sortir, que Milarépa partira dans les montagnes pour apprendre à jeter des sortilèges et assouvir sa vengeance. Ce qui reussira à merveille de la plus sanglante des façons . Les voies de la sagesse semblent alors impénétrables et très loin de la philosophie ZEN du Bouddhisme thibétains dont on vante les mérites aujourd'hui:
" Il est important de percevoir que notre propre bonheur est lié à celui des autres. La révolution culturelle que l'on préconise ne dépend pas des conditions extérieures liées au progrés matériel où à la technologie, elle nait à l'intérieur motivée par le désire profond de se transformer pour devenir un être humain meilleur" (Dalaï Lama).
La deuxième partie du film sera consacré au changement d'attitude de Milarépa qui se rend bien compte que la violence ne suffit pas à rendre heureux. Il décide donc de se rédempter en se retirant dans un monastère pour devenir un moine, converti au bouddhisme. Cette alternative spirituelle est présentée comme salutaire pour accéder à la voie du bonheur: Après la VENGEANCE et la violence du châtiment vient la recherche de la Zen attitude ( qui fera l'objet du prochain volet prévu par Neten CHOKLING).... C'est du moins ainsi que le réalisateur, YOGY Thibetain, traite le sujet de son film en faisant preuve de beaucoup de compassion et un peu de naïveté pour son illustre héros. C'est sans doute pour celà que des critiques ont trouvés ce film "ennuyeux et oecuménique".
Je pense qu'il vaut quand même le coup d'être vu ( ce qui reste difficile car il est guère projeté que dans quelques salles (3 en France pour le moment) car il montre que le cinéma Thibétain existe ce qui est une trés bonne chose, tout comme existe un prometteur cinéma Chinois. En espérant qu'à l'avenir CHINE et THIBET sauront mettre de côté leurs querelles et accèpteront la diversité qui fait leurs spécificité et leurs raison d'être à tous les deux pour parvenir à cette voie du bonheur:
" Qui sait si parmi ces populations à l'imagination fertile, une légende ne s'échafaudera pas sur elle et si, dans la suite des temps, celle -ci ne fournira pas à quelque érudit en folklore l'occasion d'un profond et docte commentaire ?" -ALEXANDRA DAVID -NEEL-
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06 octobre 2009
KATALIN VARGA :l'ALMODOVAR DE L'EST
Pour son premier long métrage qui a mis 4 longues années pour trouver le financement , Peter STRICKLAND semble avoir pris le contre-pied de PEDRO ALMODOVARD qui a traiter semblable sujet avec "Volver" (récement repassé à la télévision): Les conséquences d'un viol incestueux.
"KATALIN VARGA" est un film qui se déroule dans un village des pays de l'Est qui garde des croyances religieuses et des moeurs archaiques comme dans le village Espagnol d'ALMODOVARD, ce qui oblige les victimes à se réfugier dans le silence et la fuite. Mais alors que l'Espagnole de Pedro semble avoir réussie à cacher ce crime à son entourage direct et à s'adapter aux évènements, Katalin voit son sécrêt trahi ce qui a pour effet d'être rejetée par son mari et par le village tout entier ( alors que Pénélope Cruz a un autre souci qui est de cacher le meutre de son mari par sa fille qu'il a essayé de violer pour pouvoir continuer de vivre dans son village). ALMODOVARD montre la violence indirectement ( le mort, le sang, le couteau) mais tout le monde est logé à la même enseigne ( la grand mère avait un mari qui la trompait avec la voisine d'où elle les a brulée tous les deux en faisant croire qu'elle aussi avait brulée, sa fille (Pénélope Cruz) a été violé par son père et à eu une fille qui à son tour a du assassiner son speudo père qui voulait la violer...), Strickland fait le choix de cacher cette violence en suggérant quelle est partout et en la mettant hors champ: " Montrer le moins a un plus grand impact. C'est une manière de rendre le spectateur responsable, de l'obliger à être actif". Pour lui le pouvoir de la parole ,même au cinéma, reste supérieur à l'image:"Je me souviens que dans les années 90, l'éclatement de l'ancienne Yougoslavie a fait surgir des images atroces que l'on regardait à la télévision. Lors d'un diner en famille, plus tard, j'ai rencontré quelqu'un de SARAJEVO qui avait vécu cette guerre et qui m'en a raconté des épisodes personnels. J'en ai fait des cauchemards: sa parole avait été cent fois plus prégnante que n'importe quelle image.." Sur ce point il ne semble pas y avoir de désaccord fondamental avec la façon de filmer des deux réalisateurs. J'arrête là les comparaisons, mais disons que ce qui est plaisant dans ces deux "Bons" films c'est qu'ils montrent que l'on peut filmer différement sans que cela apparaisse comme une chose et son contraire mais au contraire comme un art pour élargir la palette d'expression sur un même sujet .
"Pour Katalyn Varga j'ai cherché à développer les thèmes traditionnels que sont la vengeance et la rédemption. Les crimes commis par vengeance font partis de ceux compréhensibles par tout le monde" . Chez Katalyn le violeur criminel est quelqu'un qui de prime abord apparait comme aimable, doux et romantique car " la notion de gentil et de méchant n'a pas de sens. Tous les méchants sont surement gentils aux yeux de quelqu'un".
Pour incarner son héroine il choisit une artiste inconnue HILDA PETER non seulement parcequ'il n'avait pas les moyens budgétaires de s'octroyé une Penelope CRUZ mais aussi parce qu'il trouve que c'est un moyen de suprendre le spectateur curieux.
Les études qu'il a fait aux Beaux arts et l'influence reçue pendant son apprentissage avec les courts métrages après qu'il ait découvert "ERASERHEAD" de DAVID LINCH lui ont permis de corriger ses erreurs de jeunesses: " j'ai beaucoup appris sous la direction d'acteurs en jouant moi même des rôles dans des pièces de théatre et en dirigeant ma propre adaptation de la métamorphose de KAFKA; j'ai également fait de nombreuses erreurs stupides en tournant mes courts-métrages, c'est ça qui m'a permis d'avancer".STiCKLAND de part sa formation aux beaux arts est resté un cinéaste plasticien qui a su soigner la musique et les sons qui accompagnent les images ( Il est aussi musicien) ce que le festival de BERLIN a salué par un Ours d'argent: " lorsque vous prenez un film qui se déroule à la campagne les sons sont relégués au second plan. Dans mon film ils sont mis en avant de manière agressive, parfois associés à la musique, à tel point que la frontière entre celle -ci et les effets sonores finit par être abolie. Cela renforce l'aspect brumeux, presque irréel du périple que vivent KATALIN et son fils".
Il a tourné en Roumanie mais le lieu en lui même importe peu, il voulait surtout faire ressentir que c'est la notion d'étranger qui prime ( les autochtones sont méfiants) et ça va tourner à l'expedition punitive victime contre bourreau mais est -ce que si on est victime on incarne forcément le bien qui va lutter contre le mal? strickland ne donnera pas ouvertement son avis il se charge juste de décrire les conséquences de cette violence qui est partout, même dans l'atmosphère qui se dégage du film, de manière à " atteindre des lieux où même une caméra ne pourrait pas rationnellement s'aventurer"
Certains critiques ont rapprochés ce style de celui de SERGUEI PARADJANOV ou d'Andrei TARKOSKI ? moi je persiste à penser qu'il y a de l'ALMODOVAR dans ce nouveau cinéaste même si ALMODOVARD nous explique que dans son cinéma " l'élément dominant est l'image. Les couleurs de mes films ne sont jamais réalistes. Derrière chaque couleur que je choisis se cache une intention dramatique, une émotion que je cherche à provoquer" mais ça n'engage que moi.
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01 octobre 2009
THIRST, CECI EST MON SANG: LES VAMPIRES DE COREE
On a souvent à faire à du cinéma stéréotypé dans ce genre de film de vampires. Là, PARK CHAN-WOOK nous offre une version moderne inédite débarassée des ustensiles habituels, ail,les crucifix, les dents pointues .....( même si l'usage de la transfusion ne va pas rassurer les milliers de personnes qui chaque jours sont obligées de suivre ce traitement )
TRISHT, CECI EST MON SANG (BAK-JWI) est la version coréenne sur le sujet. Aprés la vengance de "OLD BOY" le bouillant réalisateur entame sa "REDEMPTION".
Il explique que son intention première n'était pas de faire un film spécifique sur l'horreur, la religion, ni un film sentimental : "Lorsque j'avais en tête ce projet, il y a dix ans, je souhaitais éviter les clichés d'usage comme le manoir, le long manteau, l'ail ou la croix chrétienne. On montre toujours les vampires de façon romantique, avec les fameuses dents...Je voulais mon vampire trés réaliste, voire scientifique....Ma volonté était de faire un film qui fasse appel à tous nos sens. J'ai beaucoup réflèchi pour que cela se ressente viscéralement, Je voulais que mon film soit vu, entendu et...senti par l'odorat, le toucher. Sur chaque plan, je me suis efforcé à ce que les cinq sens des spectateurs soient constamment en alerte" (Journal " la Marseillaise") . IL précise que l'aspect stylistique n'était pas le "moteur de son cinéma" , mais quand on regarde son film on voit qu'il a fait appel à beaucoup de choses, y compris dans la narration, pour faire un genre nouveau, moderne, et plus seulement gothico - romantique coréen. Et c'est vrai que ça ne reste pas que du visuel, ni une simple histoire de vampires .
Tous les personnages et les spectateurs sont confrontés à des dilemmes ( le prête qui exerce un mêtier qui force le respect jusqu'à la perte de foi alors qu'on le croit miraculé, la femme mariée à son meilleur ami juqu'à l'adultère, les scientifiques aux expériences dangereuses, les spectateurs à la nécessité de recourir au sang humain pour survivre en suçant même s'il le faut, le sang des autres par seringues interposées; (c'était pas un Coréen qui il y a quelques années avait manger le corps de victimes d'un crash pour survivre ?), Toutes ces séquences forment comme un patchwork de situations souvent dramatiques, quelques fois cocasses et sans doute aussi un peu "gore" afin de convaincre un studio hollywoodien qui le financerait et favoriserait ainsi sa diffusion sur le territoire américain truffé de sectes et de vampires capitalistes, ( pays qui se sert des armes comme des brosses à dents). I
PARK CHAN WOOK s'est efforcé de faire néanmoins dans la rigueur, ce qui a obligé son acteur préféré (SON KANG-HO) à suivre un entrainement physique pour enfiler les vêtements du Vampire qui doit rester au départ faible et innocent avant d'être vampiriser. Le réalisateur n'hésite pas non plus à remettre en cause l'image de sa comédienne principale (KIM OK-BIN) dont " le physique incroyablement juvénile et raffiné complète l'énergie vitale dont elle témoigne qui font d'elle une actrice au potentiel rare", ce à quoi SONG répond que c'était pour elle "le type de personnage que tout acteur rêve d'interprêter un jour "
Le choix de confiner les acteurs dans un monde clos à plusieurs facettes est une façon pour le réalisateur de créer une atmosphère qui rend claustrophobe tout en démarquant dès le départ le monde du prêtre austère et froid de l'atelier de couture dans le quel on entend de la musique coréenne et qui affiche l'image de la sainte vierge, étale les médicaments et la vodka pour atténuer l'influence que pourraient avoir les costumes de la tradition Coréenne afin de pas cibler un lieu précis qui est l'univers quotidien de cette femme mariée qui écoute les musiques traditionnelles de son pays des années de guerre qui ajoutent , aujourd'hui encore ?, à sa vie ennuyeuse et sans saveur celle de son pays ? avant de se vampiriser à ce prêtre qui est devenu vampire malgré lui et qui se demande si le christ rachetera ses pêches qui lui premettront d'accueillir la mort comme un repos éternel, ainsi qu'il entend dire dans la cantate de Bach qu'il écoute lorsqu'il est seul;
Pour forcer le trait, le réalisateur transforme par les effets des maquillages et des costumes la méthamorphose des personnages ( le prêtre adopte une tenue débraillée , des cheveux en bataille et des couleurs vives pour ses costumes civils comme pour sa belle qui prend conscience qu'elle est belle pour peut quelle trouve les vêtements qui la mettent en valeur en dehors de l'atelier.ou de sa maison.
y a -t-il une morale dans ce film ? on laissera les spectateurs se faire leur propre opinion mais c'est sympa que le cinéma Coréen se confronte à pareil sujet à partrir d'un mordant rélisateur qui ne manque pas d'audace. (ATTENTION: film interdit aux 6 12 ans)
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