12 novembre 2009
L'ENFER : UN NOUVEAU CINEMA QUI RESTE A CREER
Le documentaire que l'on nous propose cette semaine sur ce qui devait s'appeler " L'enfer" est le meilleur exemple qui soit sur la volonté d' HENRI GEORGES CLOUZOT de créer un autre genre de film qui soit en adéquation avec les évènements artistiques du moment ( début des années 60) et à l'avant garde du cinéma nouveau, après quatre ans de silence et de réflexion.
Consciemment ou pas ?,il semble avoir voulu reprendre ce que Antonin ARTAUD, vingt ans avant lui, disait du cinéma à faire :
"tous les genres sont encore à créer. Le genre c'est celui où tous les moyens d'action sensuelle auront été utilisés. Ce qui implique un renversement de toutes les valeurs, un bouleversement complet de l'optique, de la perspective, de la logique. Il faut sortir de l'emploi de sujets qui neutralisent les effets et qui appartiennent au théâtre. Il faut des films fantasmagoriques et poétiques au sens dense, des films psychiques, ce qui n'exclut ni l'amour, ni la psychologie, ni le déballage des sentiments humains. Il faut des films qui sachent opérer une trituration, une remalaxation des choses du coeur et de l'esprit afin de leur conferer la vertu cinématographique qui est à chercher.
Le cinéma réclame des sujets excessifs et une psychologie minutieuse. Il exige la rapidité mais surtout la répétition, l'insistance, le " revenez-y". L'âme humaine sous tous ces aspects; son rythme, sa vitesse, son caractère d'éloignement de la vie, son aspect illusoire exige un criblage sérré et l'essentiellisation de tous ses élèments; il réclame des sujets extraordinaires, des états enluminant l'âme. Une atmosphère de vision, c'est un exitant, il agit sur la matière grise du cerveau. Allier le souvenir de l'art à l'ingrésdiant psychique. L'acteur n'est qu'un signe vivant, il est à lui seul toute la scène, la pensée de l'auteur et la suite des évènements. Les acteurs sont le film. Rien ne doit s'interposer entre l'oeuvre et le spectateur. Le cinéma est un poison innoffensif et direct, une injection souscutanée de morphine. L'objet du film doit être égal à son pouvoir d'action et doit être merveilleux, une poésie metaphysique. Geste, signe, attitude, sonnrités, constituent le langage qui développe les conséquences physique et poëtiques sur tous les plans de la conscience qui entrave la pensée à prendre des attitudes profondes " (Antonin ARTAUD).
On comprend alors les difficultées aux quelles CLOUZOT s'est heurté au départ. C'est pas moins de 1 OOO pages de scénario qu'il ecrit pour son histoire de film qui appela successivment " le fond de la nuit", " la Ronde" ( Tableau de Rembrandt°), "Inferno" et enfin "l'enfer" après qu'il ait donné à lire à un romancier Belge pour rendre le descriptif des scènes plus littéraire afin de donner des images frappantes.
Pendant les années d'abstinence, il s'est intéressé à l'art nouveau des peintres comme VASARELI, ANDI WARHOL ( qui vont lui servir pour transformer ROMY SCHEINEDER déjà sublime de beauté). Il y a aussi la musique électroacoustique et la stéréophonie qui permet la posséssion de l'espace dans toutes les dimensions jusu'au "Silence" qui devient musique; il s'interesse au synthétiseur . Il y a encore le choix des éclairages qui sert comme moyen pour produire des sentiments de Chaleur, de froid, de colère, de peur , etc.
CLOUZOT veut essayer de synthéttiser toutes les formes d'expression créatrice , faire de ce film une culture vivante qui a évoluée avec son époque. Il pense qu'il en a les moyens lorsqu'il décroche de l'Amérique un contrat en or qui lui offre un budget illimité qui lui ouvre les porte à son éxigence de réalisateur- créateur . Plutôt que de commencer le Tournage aprés les répérages, il s'enferme dans les studios pour mieux retravailler avec toutes ces formes nouvelles d'expression qu'il veut parfaitement maitriser pendant le tournage. Romy Scheineder lui sert de personnage cobaye ( 80 bouts d'éssais dans le studio de Boulogne). Son intrangigeance avec ses acteurs et tous ceux qui travaillent sur ce film ( plus de 400 personnes) font que le début du tournage tourne véritablement à l'enfer et que Serge Regiani, déjà affaibli par un début de dépression, craque et se fait hospitaliser ( remplacé par Jean louis TRINTIGNANT) surtout que pour certaines scènes qu'il a retenu comme par exemple la course sur le barrage avec un lac en fond de décor et le vide de l'autre côté, il ne dispose que de 10 jours avant qu'il soit vidé par EDF. Pas encore remis de sa propre dépression CLOUZOT craque à son tour ( infractus) . La compagnie d'assurance qui pense que cet enfer risque d'être un gouffre financier décide de le stopper définitivement et de rembourser aux Américains les 500 millions de dédomagement.
Aujourd'hui, quarante ans aprés SERGE BROMBERG et RUXANDRA MEDREA nous livrent un documentaire sur ce qui restera un film " inachevé" mais qui compte quand même 16 heures de film (185 bobine) dont une copie est aux archives du film ( les assurances sont toujours propriétaires)..
Je pense que les cinéphiles curieux de ce qu'ils ont manqués avec cet "Enfer" doivent surtout concentrer leur regard sur tout ce que Clouzot voulait apporter comme nouveauté au cinéma.
Il choisit d'abord de faire son film en deux couleurs : Noir / blanc / Gris pour le quotidien de la vie du couple afin de faire ressortir la douleur intérieure de chaque personnage, l'ombre , la nuit de l'âme avec parfois un long silence pour crier ( Les 185 bobines de tournage n'ont ni son ni bruitage mais dans les 80 bouts d'essai on sents bien que la sonorité fait partie intégrante du nouveau langage qui complétera le parler dans chaque scène.
Clouzot met en couleur les périodes où le mari de romy cède à ses fanstasmes de jaloux paranoiaque (la couleur pour faire rayonner et embraser les personnages du fantasme ; elle sert de matière à la vie qui risque de se faire, et comme dit ARTAUD "les évènements vont se dérouler, les conflits se résoudre et je n'ai rien à attendre ni du côté physique, ni du côté moral"). La jalousie doit aussi être perçu comme une tendance psychologique de l'époque ( comme dit ARTAUD :" le cinéma a une idéologie en rapport avec son architecture").;
l'enfer a une double connotation c'est pas que les autres, c'est l'enfer pour tout le monde mais avec Clouzot ça aurait pu devenir ce qu'il voulait " Un film d'enfer" une poésie métaphysique qui bouscule le genre pour préparer au mieux ce qu'il adviendra après MAI 68.. CLOUZOT était décidé à abattre un mur tout aussi solide et honteux que celui de BERLIN et c'est pour ça aussi sans doute qu'il avait filmé une scène où on voyait ROMY SCHNEIDER et DANY CAREL se livrer à un scène ( tabou ) d'hommosexualité féminine;
Aprés avoir été caché pendant 40 ans , il serait bien que ce travail pratique de CLOUZOT rentre dans les écoles du cinéma futur.
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10 novembre 2009
L'ORIGINE & LES VIES PRIVEES DE PIPPA LEE
Ne cherchez pas dans les réalisations de ces deux films, ni au niveau de la mise en scène, ni des scénarii, quelque chose d'extra-ordinaire, même si faut saluer leurs réalisateurs Xavier GIANNOLI pour " l'origine" et Rebecca MILLER pour " les vies privées de Pippa Lee" pour leur courage de ne pas avoir cherché autre chose que ce qui est une fresque sociale sur deux vies intimes différentes, deux portraits , un homme et une femme, qui se complètes pour nous renvoyer à la réalité humaine d'êtres désespérés qui ne se laissent pas aller jusqu'au désespoir de vie foutues.... pour rien.
Le premier résulte d'un fait divers réel ( un escroc, toujours en prison, qui construit un morceau d'autoroute) et le second de la propre histoire de la fille d'Arthur MILLER( l'écrivain) ; le film est tiré de son livre-roman ? qui vient d'être publié.
Si je devais résumer en une phrase ces histoires, je reprendrai une phrase de Rebecca Miller dans son livre:
"Tu vois, nous sommes deux moutons noirs, toi et moi....Je sentais que j'avais une place quelque part"
Lui, PAUL, à peine sorti de prison, cherche déjà une nouvelle escroquerie à faire; encore plus marquante que les précédentes. C'est l'abandon de la construction d'une autoroute qui va lui offrir l'occasion qu'il cherche, sauf qu'il ignore la réaction des habitants d'un endroit où le chomage a sévit depuis que, précisément, ce chantier a été stoppé..Ce petit escroc va se révéler un chef de chantier compétent et convainquant, au point de faire non seulement rêver en procurant des emplois pour redémarrer le chantier avec l'aide des politiques trop heureux de redorer leur blason avec cette autoroute dont ils ne savent même pas où elle peut conduire d'un côté comme de l'autre. Ce triste individu va découvrir l'amour mais aussi et surtout qu'il veut se sortir de là avec celle et ceux qui ont décidés de lui faire confiance ( sa nouvelle famille). Voilà pourquoi quand son escroquerie, qui n'en était plus une puisque le travail réalisé est en parfaite conformité et qu'il n'a pas détourné un centime, est découverte, il ne cherche pas à fuir la justice ni la réaction de tous celles et ceux à qui il avait rendu l'espoir;
Le réalisateur Xavier GIANNOLI a été forcé, lorsqu'au bout de 10 ans il a lui même trouvé " l'élan romanesque" pour faire ce film, de jouer non pas avec la vérité mais avec les personnages dont le héros, qu'il a rencontré en prison, l'avait frappé par son regard, plein d'humanité, dit-il, "mais aussi trés mobile, qui exprimait " comment sortir de là?". Il transforme, peu à peu, avec l'aide de l'excellent François CLUZET, BERRE ( c'est le vrai nom de cet homme) en quelqu'un qui a enfin l'impression de redevenir quelqu'un de vrai dans la vie de tous les jours et d'utile pour les autres.C'est sa façon à lui de se redempter de sa conduite passée jusqu'à ce que la justice le rattrape et lui fasse payer l'addition. Comme le souligne Giannoli " aucun ouvrier n'a porté plainte contre lui ", il y a même eu un qui est devenu chef de chantier , un peu grâce à lui : "C'est le premier qui a cru en moi" et les autres nombreuses victimes qui se sont reconnues dans ce film n'en ont pas plus voulu à Giannoli d'avoir osé le faire. Et c'est vrai que ce chantier , même si aujourd'hui les 2 kilométres d'autoroute ont été entièrement détruit, restera, lui, plus respectable que tous les "casses du siècles "dont on fait des voleurs des "héros". de film, même si comme le réalisateur on trouve "profondément dégueulasse d'abuser de la confiance de gens qui croient en vous" -X.G-
Voilà pour être complet l'avis de quelqu'un qui sait de quoi il parle :
" je l'ai trouvé magnifique (XAVIER G). Généreux sans apitoiement, dur sans cynisme, ample sans jamais perdre l'intime de vue, admirablement bien filmé et distribué ( tous les pesronnages secondaires comptent, comme chez Renoir et SAUTET).....Escroquerie et rédemptions, Giannoli orchestre ces deux thèmes avec maestria. Il filme large, avec des mouvements rapides, violent ....on reste noué, oppréssé...Le film nous dit que l'espoir est violent, vital, que le mensonge peut se changer en vérité...sauf que Dieu est aux abonnés absents...Accéssoirement, " à l'origine", cette chronique d'une France bléssée, est une magnifique fable sur le cinéma, sur la création" -BERTRAND TAVERNIER- ("le journalm du Dimanche)
PIPPA LEE serait plutôt une victime qui trimballe avec elle le poids de sa vie antérieure , même après s'être débarassée de sa mère. Son mariage et son enfant quelle a élevée ne l'ont pas sorti de sa soumission silencieuse; Malgré l'age qui arrive, elle a gardée une beauté de femme au foyer ravissante et reservée même quand elle consent un sourire. Cette quinquagénaire finit pas prendre conscience qu'elle est en train, elle aussi, de totalement rater sa vie auprès d'un mari plus agé et malade et une fille qui ne lui parle quasiment plus. Le retour à la maison du fils de la voisine lui donne l'occasion de réaliser une "escapade" amoureuse, histoire de se prouver qu'elle peut encore plaire et aimer .Elle continue de croire, en faisant cela, que tout est une question de volonté. Et qu'avec cette ferme volonté on peut, à n'importe quel moment déchiqueter un présent insipide et sans saveur;
Cette entorse au contrat va lui procurer une nouvelle façon de vivre de manière plus intense ou la faire sombrer dans une déprime totale. Cela la trouble car elle n'est pas sure le cas écheant de pouvoir faire machine arrière. D'un autre côté dévoiler sa volontée d'exister différement c'est aussi, quelque part, obliger son entourage à comprendre qui elle est et pourquoi il faut l'accepter, elle même renonçant aux nombreux souvenirs restés secrêts qui lui ont pourri la vie. C'est le prix à payer pour une émancipation réussie, sans regret pour rien ni personne.
ROBIN WEIGHT PENN (PIPPA LEE) croit que "de toute façon les choses, bonnes ou mauvaises arrivent pour une raison"...On ne peut pas nier éternellement ce que nous sommes" et elle a raison.
C'est Marguerite DURAS à propos de son livre " l'amant" qui disait:
"On croit que la vie se déroule comme une route entre deux bornes, début et fin. Comme un livre qu'on ferait. Que la vie, c'est la chronologie. C'est faux. Tandis que l'on est à vivre un évènement, on l'ignore. Cest par la mémoire ensuite qu'on " croit" savoir ce qu'il y a eu....L'histoire de vos vies, de ma vie, elles n'existent pas, ou bien alors il s'agit de lexicologie. Le roman de ma vie, de nos vies, oui, mais pas l'histoire... On n'est pas destiné à vivre ensamble. la famille c'est un passage en commun pour la nourriture commune, l'élevage. La vie est remise à "plus tard", tu "verras plus tard" c'est ce que disent les parents. C'est après qu'on vivra, quand on sera séparé; Vivre c'est oublier la loi".
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09 novembre 2009
2012: CINEMA ET SCIENCE FICTION
Le cinema des grands réalisateurs produit des films qui portent sur la signification de la vie humaine dans l'univers et donc sur le sens du monde, de l'histoire de la vie et de la mort, du mal et de l'amour. C'est en celà que le Cinéma est " visionnaire".
La question du sens de tout celà est inépuisable et insoluble car il y aune infinité de manière de la poser. C'est ce que le film d'auteur démontrer et qui fait que le cinéma est et reste un outil de savoir utile.
"2012", comme le dit son réalisateur ROLAND EMMERICH, est un film où " des individus ordinaires sont confrontés à des situations extraordinaires... Dans chaque culture, chaque religion, il y a cette notion de cycle synonyme d'achèvement et de nouveau départ".
Il soigne les personnages de l'espèce humaine qui croient encore en l'amour et dans l'égalité des chances et ridiculise au passage quelques notables du gouvernement. Ce film est ce qu'il est convenu d'appeler un film " catastrophe" avec une grande quantité d'images de synthèse, d'effets spéciaux visuels, pour comme le dit HEMMERICH "répondre à l'attente du public". Pour ce film, il a bénéficié de 260 millions de dollars de budget, ce qui autorisait toutes les mises en scène même les plus incroyables. Le tournage au Canada a pris 5 mois et mobilisé plus de 1000 intervenants pour construire tous les décors et trucages. ( Ils espèrent réaliser des bénéfices notamment par une adaptation en série télévisée). Roland Hemmerich a bénéficié d'une presque totale liberté pour faire ce film ( il a seulement coupé la scène du Tsunami qui emporte la MECQUE pour ne pas avoir de conflit avec les religieux) sans se prendre au sérieux car "Ca reste du Cinéma !".
La question que l'on peut se poser c'est: Qu'y a t il derrière la "SCIENCE- Fiction" développée sous toutes ses formes( films, téléfilms, livres, BD, etc)? : une idéologie optimiste ou pessimiste, voir parfois simpliste, ou pis mensongère, car toutes portent sur les conditions de vie futures en société. Jadis les invasions martiennes occupaient les esprits; aujourd'hui, en l'abscence de "contact" avec les extra-terrestres de proximité et dans l'attente de pouvoir établir avec ceux des autres galaxies lointaines, on se penche sur ce que sera l'humanité future. De " Mad- MAX" à "X Files", les sujets d'inquiétude ne manquent pas, alors que les moments de bonheur semblent de plus en plus difficiles à conceptualiser, à visualiser, à imaginer. Même limite pour la question de l'hurbanisme, le Futurisme reste un exercice de style et rarement une science exacte. Comme pour la météo le moyen terme est imprévisible.
Côté "anticipation" ce qui nous sauve, c'est que l'on a jamais conditionné la société à une science- fiction. Elle sera ce que les hommes voudront qu'elle soit, forcément " nouvelle" mais pas obligatoirement meilleure ( plus égalitaire, plus fraternelle, plus libre).
L'anticipation reste cependant une valeur innée qui donne la possibilité à chaque individu le pouvoir d'agir et non de subir. L'anticipation en ce sens peut aider au progrés. L'anticipation est aussi un bon moyen de stimuler notre curiosité au service de notre intelligence, non pour rêver notre futur mais pour anticiper son histoire.
Le philosophe marxiste Gramsci avait, avec pertinence, donné en quelques phrases ce qui différencie les maîtres du roman de Science- fiction que sont JULES VERNE , WELLS et E POE:
" Dans les livres de Jules Verne, il n'y a jamais rien qui ne soit tout a fait impossible; les "possibilitées" dont disposent les héros de jules Verne sont supérieures à celle qui existent rééllement à l'époque, mais elles ne sont pas trop supérieures et surtout elles ne sont pas "en dehors" de la ligne de développement des conquêtes scientifiques obtenues; son imagination n'est pas du tout "arbitraire" et a pour celà la faculter d'exciter l'imagination du lecteur déjà acquis à l'idée du développement fatal du progrés scientifique dans le domaine du contrôle des forces de la nature.
Lae cas de WELS et de POE est différent car chez eux " l'arbitraire" domine en grande partie, même si le point de départ peut être logique et découler d'une réalité scientifique concrète. Il y a chez VERNE l'alliance de l'intélligence humaine et des forces matérielles; chez Wels et Poe c'est l'intelligence humaine qui prédomine et c'est pourquoi Verne a été plus populaire, parce que plus compréhensible. Mais en même temps, cet équilibre des constructions romanesques de Verne est devenu une limite dans le temps, à sa popularité ( mise à part sa faible valeur artistique) . La science a dépassée Verne et ses livres ne sont plus des " exitants psychiques"...Aujourd'hui on est plus intéressé par l'apport individuel des héros, par la "technique" "psychique" en soi. Aussi POE et CHESTERTON sont plus interéssants " (A GRAMSCI 1934- 35).
A vous de vous faire une idée sur le cinéma de Hemmerich.
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04 novembre 2009
THE BOX : GARDONS LES PIEDS SUR TERRE !
Attention nous rentrons dans une quizaine de forte turbulence avec une suite de films sur la fin du monde, comme si le mois de novembre n'était pas déjà angoissant sans celà. Les Amateurs de sciences-fictions vont adorer. "The BOX" sera mon choix même s'il a moins d'effets spéciaux spectaculaires que le prochain "2012" qui sortira Le 11; mais aussi parce que son intrigue est plus romanesque et moins désespérante que les prédictions à la Paco RABANNE....
Le réalisateur Richard KELLY ( 35 ans) que les films de STEVEN SPLELBERG ont orienté vers le cinéma et qui a subit l'influence de JAMES CAMERON et d'autres, nous invite avec THE BOX à une sorte de jeux de science-fiction dans la 4ième Dimension de notre inconscient en nous imposant son rythme, son atmosphère dans le bizarre et l'irrationnel qui au final nous fait nous demander si notre liberté individuelle est encore réelle ou une illusion?;
A-t-il lui même vécu cette sorte d'épisode similaire vers 11 ans comme il le laisse entendre ?. Toujours est-il que, cet américain qui traite dans un peu tous ses films de nos émotion profondes, de notre destinée futuriste, en évoquant la réligion, en faisant comme si la fatalité pouvait nous empêcher d'inverser notre destin, avait préparé un épisode de "TUVELLIGHT ZONE" (EN 80) et l'avait revu en 86 pour un épisode de "4° Dimenssion", tout en sachant qu' il ne pourrait en rester là de sa quête existentielle. Il s'est souvenu ensuite d'avoir lu une courte nouvelle (8 pages) de RICHARD MATHESON (la référence des auteurs de science-fiction du 20° siècle) qui datait des années 70 :"BUTTON BUTTON" ( après la conquête de la lune et à une époque où le rêve américain tournait autour de la conquête de Mars et des américains heureux quoi que parfois angoissés par les méfaits des illusions et des guerres perdues), Il rachète alors les droits d'auteur (en 2003) et bâptit son projet de film (2005) parce que, dit-il :
" Je voulais savoir qui était ce Mr STEWARD, pouquoi il se présente comme ça chez les gens avec une boite munie d'un bouton rouge poussoir, pour qui il travaille, pourquoi il fait subir tout ça aux gens, qu'est-ce que ça signifie ? ; je voulais répondre à toutes ces questions et décripter le sens de cette nouvelle"
Avec un budget de 30 millions de dollars, il écrit, en se faisant aider de spécialistes du genre, un scénario de 45 pages en titrant son film "THE BOX". A l'inverse d'autres auteurs , Kelly reste pour le tournage en dehors du moule Hollywoodien ( il tourne à BOSTON et dans le centre de recherche de la NASA). Il bapti son film comme un thriller qui bascule vite dans la science -fiction pure en distillant au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans ce spectacle de l'angoisse dans ce qui ressemble à un rêve éveillé qui tourne par moment au cauchemard sans qu'il soit nécessaire d'abuser des effets spéciaux . Lorsqu'il fait quelques citations de philosophes comme Sartre c'est pour nous apporter un peu d'air avant de nous faire replonger avec ce couple dans un quotidien qui n'a rien à envier à HITCHCOK. Cameron DIAZ a acceptée de tourner cette fable pleine de métaphores avec James MARSDEN (arthur le mari) en se livrant à un dialogue de sourds avec lui parce que " cette histoire qui parait simple est en fait une histoire à tiroir et la plus belle histoire d'amour de notre temps ; c'est romantique, spécialement à la fin" -Cameron DIAZ-
Comme beaucoup d'américains de l'époque, les personnages sont obsédés par cette contradiction qu'ils vivent entre d'un côté les avancées technologiques qui laissent à penser que bientôt on va pouvoir aller à la conquête de Mars et d'un autre côté la fin du Monde que l'on nous promet (sectes, eglises...) si on ne rachète pas tous nos péchés.
Ce couple vit avec cette boite mystérieuse un cas de conscience très difficile qui pose la question de jusqu'où peut aller la cupidité du genre humain ? ; est ce que une vie innocente vaut moins que 1 million de dollars ?. Que feriez vous si, privé de travail, on venait vous offrir de l'argent qui vous rendrait complice d'un meutre ( ça ressemble à ce passage de l'ancien testament où pour d'autres raisons Dieu demande à ABRAHAM de sacrifier son fils....) est ce que vous le refuseriez en sachant que sans cet argent c'est votre propre vie qui est condamnée? (l'argent peut-il tout excuser?); Le plus terrible dans ce film c'est qu'on ne pense pas à tout cela pendant les 2h15 de projection mais longtemps après ou le lendemain simplement en consultant l'horoscope du jour, même si on sait que c'est une vaste fumisterie comme la prédiction de la date exacte de la fin du monde dans le film "2012".... KELLY ne montre pas, ne répond pas, même si pour le final il se fend d'un discours explicatif (?) , il suggère, ne dit pas tout mais n'en pense pas moins et de mon point de vue "The BOX" est beaucoup plus crédible que "2012", moins angoissant mais plus dérangeant . Il se sert du clair obscur des pièces et de l'habillage sonnore pour entretenir ce doute et cette angoisse; il s'aide de miroirs pour renforcer le suspens visuel et nous captiver jusqu'au bout. ( il me semble avoir lu quelque part que ce film était interdit au moins de 13 ans, je rajouterait aux angoissés et aux dépressifs).
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02 novembre 2009
LE CONCERT: IMPOSTURE POSITIVE
RADU MIHAILEANU est un réalisateur engagé qui ne cache pas son implication pour la cause des juifs victimes dans différents pays de persécutions en témoignant à travers les films ( ça va de L'ex URSS jusqu'à l'ETHIOPIE en passant par sa Roumanie natale) Il a signé "trahir, portrait d'un poète roumain confronté à l'autoritarisme stalinien" ( son premier long metrage- 1993-) ,"Train de vie" -1998- sur la Shoah, "Va,vis et deviens" -2005 (meilleur scénario festival de Berlin) sur les juifs d'ETHIOPIE et aujourd'hui "le CONCERT".
Au départ Radu s'est orienté vers les hautes études du cinéma( IDEHEC), alors qu'il était acteur de théatre, pour, en quelque sorte, raconter son histoire de Juif roumain exilé en France (naturalisé français) afin d' échapper à la dictature de CEAUSESCU. Son père communiste juif et journaliste avait été déporté dans un camp de travail des nazis puis avait du changer d'identité car trop dangereuse. Parmi les influences qu'il reçoit pendant qu'il se forme comme assistant, on retiendra Marco FERRERI ce cinéaste exubérant italien qui nous a troublé avec des films comme "DILLINGER EST MORT" 1968 ou offusqué par son film désépéré de " la grande Bouffe" 1973.
Je crains que le titre " le Concert" et l'affiche dissuade le grand public d'aller voir ce film s'ils n'est pas mélomane ou amoureux de la musique de TCHAIKOSKI et ce serait bien dommage; voilà pourquoi, personnellement, j'ai ajouté dans le tître de ce commentaire "IMPOSTURE POSITIVE" qui est une formule de RADU lui même qui résume parfaitement l'objet de ce film même si la fin comporte un long moment musical (12 minutes) et si lui même déclare " la musique agit comme une métaphore...La scène du concert a été mon plus grand cauchemerd. J'ai cogité pendant six mois. plus j'étais angoissé, plus je travaillais. On a tourné à trois caméra. Je voulais que cela ressemble à un clip musical qui dure plus de douze minutes avec des flash-back et des voix off. Il était essentiel de rendre ces instants crédibles et puissants" R.M " ("le jopurnal du dimanche").
Si son héros ( Alexei CUSKOV) usurpe un rôle qui n'est plus le sien c'est afin de se venger et de retrouver sa dignité de chef d'orchestre, (il s'était retrouvé balayeur pour avoir refusé d'exclure de son orchestre les musiciens juifs et ceux qui risquaient de vouloir demander l'asile politique lorsque l'orchestre quitterait la roumanie pour aller se produire en Europe de l'Ouest). L'autre fait sur quoi insiste, à travers son film Radu, c'est cet esprit de solidarité entre gens différents pour triompher de l'injustice; il est question de dignité humaine mais, précise RADU, "sur le ton de la comédie. C'est très Roumain et très juif de rire de choses grave jusqu'au burlesque".
C'est sans doute ce côté burlesque qui a permis que ce film soit tourné en partie sur la place Rouge (vidée pour la circonstance) car les Russes comme les Roumains, aujourd'hui encore, sont toujours contrains au système débrouille, jusqu'à l'usurpation de tître ou d'identité pour s'en sortir et survivre dans ces pays convertis à la démocratie maffieuse. Des scènes ont été tournée dans les studio Roumains ( Castel film de Bucarest). Il a aussi reçu 500 000€ du centre national roumain du cinéma.
Le fait de situer son histoire dans la Russie et la France d'aujourd'hui est la façon intelligente de ce réalisateur pour montrer que la fin du totalitarisme n'a pas amené la LIBERTE et la DEMOCRATIE partout, même pour les intellectuels; ce qui fait qu'on passe sans transition de la tristesse à l'espoir, de la dérision à l'humour, du rire aux larmes même sur le sol français, du Théâtre du BOLCHOI à celui du CHATELET pour finir sur un grand moment de musique Lyrique apte à redonner espoir sur l'avenir des juifs, des palestiniens qui vivent encore enfermés derrière un mur de la honte juif et de tous les autres qui sont privés de leur dignité humaine.
RADU MIHAILEANU film avec des cadrages qui permettent au spectateur de mieux capter l'émotion qui ce dégage des visages; il a aussi particulièrement soigné les dialogues en incluant des morceaux en version originale sous titré pour bien restituer la couleur et l'ambiance locale, ce contenu d'histoires humaines. On retrouve dans ce film qui n'a rien d'une comédie tragique comme disent certains critiques, la mentalité Russe, Roumaine et française décrite avec justesse et sans faux fuyant. il reprend des thèmes qui lui sont cher ( voyage-amitié- pauvreté-tolérance) et c'est sans doute pour cela aussi qu'il a été retenu, en 2008, par la Communauté Européenne pour être l'ambassadeur de l'année européenne du "Dialogue interculturel".
Ce film ressort comme une belle leçon de vie réalisée pour le grand public. Oubliez la fadasse affiche et ce tître qui fait confondre avec les récup' de M. JACKSON. Ce film est plus qu'une simple comédie spectacle. Dans son rôle d'ambassadeur MIHAILEANU a été charger d'entamer une tournée pour proner le Dialogue entre toutes les cultures et lutter contre le Racisme. Son film va aussi dans ce sens.
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Les cinémas resteront éteint ce mercredi
Un peu partout en France mercredi des cinémas baisseront leur rideaux afin de " défendre leurs enseignes et leurs façades" pendant une heure ( de 18 à 19heures) pour sensibiliser le public sur les problèmes que rencontrent tous les exploitants de salles et les menaces de fermeture qui pèsent sur eux ( qui à déja frappé durement les cinémas art et essais et les petites troupes théatrales indépendantes) si le gouvernement et son Ministre de la culture ne leurs octroient pas une aide financière ( c'est aussi pour ça que dans les petits théâtres comme celui de Richard Martin ( Marseille) ils ont manifestés dernièrement). Concernant le cinéma on sait qu'à présent 80% des films sont réalisés en Numérique avec des budget de moins de 4 millions d'€ et que cela, à terme, risque d'avoir des répercussions sur la fréquentation des salles si ces films sont accéssible par le public moins de 6 mois après leur commercialisation.
Personnellement, je pense que pour durer, les salles de théâtre ou de cinéma vont devoir se transformer et ne plus se contenter d'être des lieux de distraction / Consommation même pour une population de proximité. Peut être en devenant des foyer culturels ?, des lieux dans lesquels le citoyen n'est plus seulement considéré comme un spectateur qui vient se divertir en famille mais quelqu'un que l'on va aider à faire l'apprentissage et l'approfondissement de ce langage audio-visuel qui lui permette d'assimiler et de développer un autre savoir culturel que celui véhiculé aujourd'hui par l'idéologie commerciale. Cela sous entend aussi que d'abord on impose au gouvernement en place qu'il missionne l'école pour un enseignement de et par l'audio-visuel.
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